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Liverpool : La quête du successeur idéal de Salah

À Liverpool, l’ère Salah est terminée. Et tout s’accélère déjà pour écrire la suivante.

Un été de ruptures à Anfield

La saison 2026-2027 s’ouvre sur un virage brutal. Arne Slot a quitté la scène fin mai, emporté par un exercice de Premier League raté, un an seulement après le titre. À sa place, un visage familier du championnat anglais : Andoni Iraola, artisan de la métamorphose de Bournemouth.

Dans le même temps, Anfield a vu tomber le rideau sur l’un des chapitres les plus lumineux de son histoire moderne. Après neuf années sur la Mersey, Mohamed Salah s’en est allé. Neuf saisons, 442 matches, 380 contributions décisives. Même sans être à son zénith l’an passé, l’Égyptien continuait d’empiler buts et passes à un rythme qui structure toute une attaque. Ce vide-là ne se comble pas avec un simple nom sur une feuille de match.

Liverpool doit pourtant avancer. Et vite. Le mercato ferme le 1er septembre, et la question qui obsède le club est simple : qui pour reprendre le flambeau sur le flanc droit ?

Rayan, le prodige qui affole l’Europe

Un nom s’impose dans les discussions : Rayan. À 19 ans, le Brésilien a suffi de quelques mois en Premier League pour se faire une place dans les carnets des plus grands.

Arrivé à Bournemouth en janvier en provenance de Vasco da Gama pour un montant initial d’environ 24,7 millions de livres, avec 5,6 millions de bonus possibles, il n’a pas eu besoin de temps d’adaptation. Quinze matches, cinq buts, deux passes décisives, et une qualification historique en Coupe d’Europe pour les Cherries. Impact immédiat, influence grandissante, personnalité affirmée.

Résultat : cinq géants se positionnent. Liverpool, bien sûr, mais aussi Arsenal, Bayern Munich, Paris Saint-Germain et Real Madrid. Marcus Tavernier, son coéquipier à Bournemouth, l’a décrit comme un « talent de classe mondiale ». Les chiffres du dossier suivent la même logique : à Anfield, on parle déjà d’une offre autour de 60 millions de livres, quand du côté de Bournemouth, une proposition approchant les 85 millions serait considérée comme une affaire exceptionnelle pour les propriétaires.

La concurrence est féroce, mais Liverpool ne regarde pas ce dossier de loin. Le club adopte une posture offensive. Il ne s’agit pas seulement d’un pari sur l’avenir : il s’agit de combler le vide laissé par Salah, sur le poste le plus symbolique du projet offensif.

La carte Iraola : un lien décisif

Dans ce bras de fer européen, Liverpool dispose pourtant d’un atout unique : Andoni Iraola lui-même. Un transfert vers Anfield offrirait à Rayan l’occasion de retrouver l’entraîneur qui l’a lancé au plus haut niveau.

Sous les ordres du technicien espagnol, le jeune ailier droit n’a pas seulement brillé ballon au pied. Il a appris à aimer ce que beaucoup de talents offensifs tolèrent à peine : défendre. Iraola l’a raconté au printemps dans les colonnes du Daily Echo, avec une émotion rare pour un coach de Premier League.

Il se souvenait notamment de ce duel en un contre un entre Rayan et Jeremy Doku. L’Espagnol expliquait qu’en le voyant « accepter, célébrer les actions défensives », il en était « presque en larmes », convaincu de tenir là la clé de son évolution. Pour lui, Rayan marquera des buts toute sa vie, tout comme Junior Kroupi, dont il juge la finition « ridicule » tant elle est naturelle. Mais le vrai défi, insistait-il, restait de les rendre complets, surtout sans ballon.

Le message était clair : le talent offensif, Rayan l’a dans le sang. Ce qui impressionne Iraola, c’est sa capacité à franchir ce palier supplémentaire, à faire les efforts, à comprendre les exigences du très haut niveau. L’Espagnol avouait même avoir douté, au départ, de sa faculté à intégrer si vite ces notions. À l’arrivée, il parlait d’« étapes incroyables » franchies par ses jeunes joueurs pour mériter leurs minutes.

Le successeur idéal de Salah ?

C’est précisément ce profil qui séduit Liverpool. Un ailier droit capable de créer, de finir, mais aussi de presser, de coulisser, de fermer les lignes. Dans le système d’Anfield, surtout avec un entraîneur aussi exigeant qu’Iraola, ce n’est pas un luxe. C’est une condition d’entrée.

Le parallèle avec Salah s’impose forcément. L’Égyptien a bâti sa légende sur ses buts, mais aussi sur sa régularité, sa discipline, son sens du sacrifice dans le pressing. Rayan n’a pas encore ce volume ni cette constance, et personne à Liverpool ne l’imagine débarquer comme une copie conforme. En revanche, il possède ce mélange de créativité, de vitesse et de détermination qui permet de rêver à une trajectoire majeure.

Reste à savoir si Anfield acceptera de payer le prix fort, dans un marché où chaque dribble réussi par un prodige de 19 ans ajoute quelques millions à la facture. Et si le lien affectif avec Iraola suffira à faire pencher la balance face à l’attrait de Madrid, à la puissance financière de Paris, ou à la structure séduisante d’Arsenal et du Bayern.

Liverpool a tourné la page Salah. La suivante ne sera pas écrite par nostalgie, mais par ambition. Rayan sera-t-il le visage de ce nouveau chapitre sur l’aile droite d’Anfield, ou ce feuilleton ne fera-t-il que rappeler à quel point remplacer une légende est devenu l’exercice le plus impitoyable du football moderne ?