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Liverpool : Gerrard avertit sur l'importance d'un numéro 6

Steven Gerrard n’a pas tourné autour du pot. Pour l’ancienne icône de Liverpool, le cœur du problème est clair : tant que le club n’aura pas trouvé un véritable milieu défensif, l’équipe restera bancale.

Devenu figure régulière de TNT Sports, l’ex-capitaine des Reds a profité de l’avant-match de Premier League face à Nottingham Forest pour lancer un avertissement appuyé à la direction d’Anfield. Selon lui, l’absence de remplaçant à Fabinho laisse un vide qui pourrait plomber la première saison d’Andoni Iraola sur le banc.

« Il y a un secteur qui n’a pas vraiment eu beaucoup d’attention, seulement depuis une semaine, depuis le match contre Newcastle. Je pense qu’ils ont besoin d’un spécialiste au poste de numéro 6, c’est mon avis », a lâché Gerrard.

Un milieu exposé, une alerte venue de St James’ Park

Ce cri d’alarme ne sort pas de nulle part. Le récent 2-2 à St James’ Park face à Newcastle United a mis en lumière les failles du système actuel. Liverpool a arraché un point en fin de rencontre, mais le score a masqué une réalité plus inquiétante : chaque perte de balle dans le tiers central semblait ouvrir une autoroute aux contre-attaques adverses.

Les Reds se sont fait transpercer trop facilement. Aux yeux de Gerrard, ce n’est pas une question de talent, mais d’équilibre.

Il a détaillé sa vision en expliquant comment un vrai sentinelle pourrait libérer le reste du milieu : « Je pense que ce poste a cruellement manqué, je ne crois pas qu’ils aient un spécialiste à ce poste. Ça permettrait à des joueurs comme [Dominik] Szoboszlai, [Ryan] Gravenberch et [Alexis] Mac Allister de aller rejoindre les attaques, tout en sécurisant la défense à quatre. Ce poste leur manque énormément. »

Autrement dit : sans ancre devant la défense, les créateurs sont bridés et la ligne arrière reste exposée.

Héritage de Slot, pression sur Iraola

Le contexte n’arrange rien pour Andoni Iraola. Le technicien espagnol hérite d’un effectif profondément remodelé… et d’une addition salée. Sous Arne Slot, le club a dépensé environ 250 millions de livres l’été dernier pour lancer une vaste reconstruction.

Alexander Isak, Florian Wirtz, Hugo Ekitike, Milos Kerkez, Jeremie Frimpong, sans oublier le jeune Giovanni Leoni : la liste des recrues a de quoi impressionner. Les moyens ont été mis, l’ambition affichée.

Mais ce déluge de dépenses n’a pas offert la défense du titre de Premier League espérée. L’échec a coûté sa place à Slot. Iraola, lui, doit maintenant faire fonctionner un puzzle complexe, tout en gérant le départ libre de cadres comme Ibrahima Konaté, Mohamed Salah et Andrew Robertson. Une saignée d’expérience, compensée numériquement, mais pas forcément structurellement.

Dans ce contexte, l’absence d’un pur numéro 6 devient, aux yeux de Gerrard, un risque majeur plutôt qu’un simple détail de recrutement.

Une défense mieux armée, une interrogation centrale

Tout n’est pas noir dans le diagnostic de l’ancien capitaine. S’il s’inquiète du milieu, Gerrard se montre plus positif sur la situation en charnière centrale. Les arrivées défensives ont densifié le secteur, là où les départs pouvaient laisser craindre un trou béant.

« En termes de nombre, maintenant, ils sont mieux que l’an dernier. Konaté est parti, on lui souhaite bonne chance, il a fait un super travail. On a maintenant quatre ou cinq défenseurs centraux, donc en volume, je pense qu’ils sont tranquilles. La clé, c’est : est-ce que Jacquet sera assez bon ? », a-t-il poursuivi.

Le message est limpide : les chiffres sont là, la concurrence aussi. Reste à savoir si la qualité suivra, et si Jacquet peut s’imposer comme une référence dans ce nouveau paysage défensif.

Un équilibre à trouver, et vite

Entre un milieu sans véritable sentinelle, une défense numériquement renforcée mais encore à éprouver, et un entraîneur qui découvre Anfield sous haute pression, Liverpool avance sur une ligne de crête.

Gerrard a posé le débat sans filtre : sans spécialiste au poste de numéro 6, les Szoboszlai, Gravenberch et Mac Allister ne pourront jamais pleinement se lâcher, et la saison d’Iraola risque de se jouer avec un handicap structurel.

La question est désormais frontale : la direction de Liverpool osera-t-elle corriger ce manque vital avant que le classement ne le lui rappelle brutalement ?