Liverpool éliminé : Ekitike blessé, une nuit européenne amère
Anfield s’est éteint d’un coup. Pas seulement à cause du doublé tardif d’Ousmane Dembélé et de l’élimination nette face au Paris Saint-Germain. Le silence est vraiment tombé à la 27e minute, quand Hugo Ekitike est resté au sol, la main sur le tendon d’Achille, avant de quitter la pelouse sur une civière.
Sur le tableau d’affichage, Liverpool courait déjà après l’impossible. Menés 2-0 après le match aller, les Reds avaient besoin d’un soir de renversement européen. Ils ont fini avec une défaite 2-0 à domicile, un 4-0 sec sur l’ensemble des deux manches, et la peur d’avoir perdu leur attaquant le plus en forme au pire moment de la saison.
La chute d’Ekitike, le souffle coupé d’Anfield
Tout part d’un simple appui qui glisse. 27e minute, Ekitike décroche, se retourne, et son pied droit part. Il se tord, s’effondre, puis porte la main à son tendon d’Achille. Le geste est instinctif, inquiétant. Il ne se relève pas.
Le staff médical intervient, les visages se ferment. Après de longues minutes de soins sur la pelouse d’Anfield, l’attaquant français est évacué sur une civière, sous le regard de coéquipiers sonnés et de plusieurs joueurs du PSG venus prendre de ses nouvelles. Beaucoup sont ses partenaires en sélection.
Arne Slot n’a pas cherché à enjoliver la situation au micro d’Amazon après la rencontre : « Pas trop bon. Je pense que nous avons tous vu que ça ne semblait pas aller bien et que ça n’avait pas l’air bon », a lâché l’entraîneur de Liverpool. Interrogé sur un éventuel problème au tendon d’Achille, il a coupé court : « Attendons de voir ce que ce sera. Mais nous avons tous vu que ça n’avait pas l’air bon. En deuxième période, il est rentré chez lui, donc je ne l’ai pas encore revu. »
Le constat est brutal pour un groupe déjà marqué par les pépins physiques : « Perdre un match est déjà très dur, surtout de la manière dont on l’a perdu, mais encore une fois, perdre un joueur, c’est quelque chose qui nous arrive tellement souvent cette saison. C’est surtout très dur pour lui, parce qu’on ne veut jamais être blessé, surtout à ce moment de la saison. »
Konaté touché, Sturridge dévasté
Dans le vestiaire, le choc est partagé. Ibrahima Konaté, interrogé sur l’état de son compatriote, a laissé transparaître la gravité ressentie dans le groupe : « Je pense que c’est mauvais. Je ne sais pas, j’ai entendu beaucoup de choses, je n’ai pas de mots pour parler de ça parce qu’avec la Coupe du monde qui arrive, c’est très, très dur pour lui, et je lui envoie mes prières. »
Sur le plateau d’Amazon, un ancien de la maison, Daniel Sturridge, n’a pas caché son émotion devant les images : « Je suis honnêtement tellement dévasté pour lui », a-t-il réagi. « Je ne peux pas imaginer ce qu’il ressent en ce moment, mais ça semble être une grosse blessure. Je prie pour lui, bien sûr. Ce sont des moments que, en tant que footballeur, on ne veut jamais vivre. Je suis tellement désolé pour lui, c’est un énorme gâchis. »
Salah entre, Liverpool sort
Le destin a voulu que ce soit Mohamed Salah qui remplace Ekitike. L’Égyptien, laissé sur le banc au coup d’envoi, est entré pour ce qui restera comme sa dernière apparition en Champions League sous le maillot de Liverpool. Un symbole fort, mais sans miracle.
Malgré une entame généreuse, Liverpool n’a jamais trouvé la faille. Les occasions ont manqué de tranchant, le rythme a baissé, et le PSG a frappé au moment où Anfield commençait à y croire moins. Ousmane Dembélé a plié l’affaire avec deux buts tardifs, faisant taire une tribune déjà meurtrie.
Les Reds sortent de la Champions League sans avoir inscrit le moindre but sur la double confrontation. Pour un club qui a bâti sa légende européenne sur les renversements de situation et les soirées incandescentes, le contraste est violent.
Un coup terrible avant la Coupe du monde
Au-delà de l’élimination, c’est le timing de la blessure d’Ekitike qui glace. La Coupe du monde n’est qu’à quelques mois, et l’attaquant s’est imposé comme un habitué du groupe France. Il a marqué lors de la victoire 2-1 face au Brésil le mois dernier et s’est imposé comme l’une des rares satisfactions d’une saison globalement décevante pour Liverpool.
Avec 16 buts toutes compétitions confondues, il portait l’attaque des Reds dans le sprint final. Le voir quitter la pelouse sur une civière, la cheville droite et le tendon d’Achille en souffrance, change brutalement le décor de sa fin de saison. Et peut-être plus.
Un sprint final sans marge
Sur le plan comptable, Liverpool n’a plus que le championnat à jouer. Six matches de Premier League restent au calendrier. Le club pointe à la cinquième place, avec quatre points d’avance sur Chelsea, sixième. Cette saison, le top 5 offre un billet pour la prochaine Champions League. La ligne est claire. Mais le chemin, lui, se complique.
Alexander Isak, de retour dans le onze de départ, n’a tenu que 45 minutes avant de sortir à son tour, diminué. Ekitike, lui, pourrait manquer la fin de saison. Arne Slot risque de devoir bricoler une attaque sans son buteur le plus prolifique et avec un Isak seulement partiellement apte.
Liverpool est déjà hors de toutes les coupes. L’Europe se jouera sur six journées, sans filet, avec un effectif entamé et une cicatrice européenne encore fraîche.
Reste une question, brutale et simple : ce groupe, privé de son homme en forme, a-t-il encore assez de souffle pour tenir jusqu’à la ligne Champions League ?




