Liverpool face à Como 1907 : un test à Anfield
Dernier week-end avant le coup d’envoi de la Premier League, et Liverpool s’offre un invité inattendu pour boucler sa préparation : Como 1907. Un club qui, sur le papier, ne fait pas trembler l’Angleterre. Mais le contexte, lui, change tout.
Deux matches programmés entre les mêmes équipes dans la même journée, un Anfield à huis clos, une équipe encore en rodage sous les ordres d’Andoni Iraola, et un adversaire italien porté par une ascension fulgurante. La soirée a tout du match amical qui peut tourner à la mauvaise surprise.
Un Liverpool séduisant devant, inquiétant derrière
Les signaux sont contradictoires. Offensivement, Liverpool a déjà montré les crocs pendant cette préparation : neuf buts inscrits en quatre rencontres, avec notamment Alexander Isak et Florian Wirtz buteurs lors de la dernière sortie. Dominik Szoboszlai reste aussi une menace constante entre les lignes.
Derrière, c’est une autre histoire. Nouvelle charnière centrale, automatismes fragiles, et une série de résultats qui n’inspire pas la sérénité. Les Reds restent sur deux défaites de rang, face à des adversaires qu’ils étaient censés dominer. Le naufrage face à Leeds résume ces doutes : 2-0 devant à l’heure de jeu, défaite 4-2 au coup de sifflet final. Sept buts encaissés sur les deux derniers matches, pour une équipe qui découvre encore les exigences d’Iraola.
Les blessures n’aident pas. Conor Bradley, Giovanni Leoni et Joe Gomez manquent à l’appel, alors que Jeremy Jacquet vient à peine de reprendre l’entraînement. Tout pointe vers une titularisation de Ronald Araujo, prêté par Barcelona, pour tenir l’axe. Trouver le bon rythme avec un nouveau partenaire en pleine préparation, face à une équipe italienne bien huilée, n’a rien d’un cadeau.
Como 1907, de la Serie D à la Ligue des champions… et sans complexe
En face, Cesc Fabregas peut savourer. Son Como 1907 sort d’une saison historique : quatrième de Serie A, qualification pour la Ligue des champions pour la première fois de son histoire, sept ans seulement après avoir évolué en Serie D. Une trajectoire fulgurante, assumée, qui donne des épaules au groupe.
La préparation valide cette dynamique. Cinq matches amicaux, aucune défaite dans le temps réglementaire, dix buts marqués. Les Lariani se présentent à Anfield avec de vraies certitudes, surtout offensives. Ils restent sur un résultat fondateur : un déplacement à l’Emirates Stadium pour affronter le champion d’Angleterre Arsenal, conclu par un nul après 90 minutes. De quoi arriver sur la pelouse des Reds avec l’idée claire qu’un coup est possible.
Fabregas s’appuie sur un collectif qui sait faire mal devant. Martin Baturina régule et menace entre les lignes, Anastasios Douvikas finit les actions, et le reste du secteur offensif a déjà prouvé qu’il pouvait répéter les efforts. Sur leurs cinq derniers matches, les Italiens ont marqué au moins deux buts à trois reprises. Ce n’est pas un hasard, c’est une tendance.
Un huis clos qui nivelle les forces
Anfield sans son Kop, ce n’est plus tout à fait Anfield. Le rugissement qui renverse des matches, la pression constante sur l’adversaire, tout cela disparaît. Dans ce silence, Como peut s’installer plus vite dans la rencontre, poser son jeu, respirer.
Liverpool garde évidemment des arguments. La composition probable reste impressionnante : Alisson dans le but, Jeremie Frimpong, Ronald Araujo, Virgil van Dijk et Milos Kerkez derrière, Szoboszlai, Ryan Gravenberch et Federico Chiesa au milieu, Wirtz, Cody Gakpo et Isak devant. Sur le papier, la différence de talent est nette.
Mais le terrain, surtout en préparation, raconte souvent autre chose. Sans l’adrénaline du public, sans l’urgence des points à prendre, les failles tactiques et physiques ressortent davantage. Et c’est précisément là que Como peut s’engouffrer.
Tout porte vers un match ouvert
Les chiffres parlent. Trois des quatre matches de préparation de Liverpool ont vu les deux équipes marquer. Côté Como, les cinq rencontres amicales ont produit des buts des deux côtés. Les deux blocs défensifs ne sont pas encore étanches, les attaques, elles, tournent déjà bien.
Avec une arrière-garde des Reds en reconstruction, la mission de contenir les Italiens pendant 90 minutes ressemble à un casse-tête. Iraola doit encore trouver la bonne formule, et cette phase de test laisse fatalement des espaces. Quand on sait que Monaco et Leeds ont tous deux franchi la barre d’un but face à Liverpool ces derniers jours, on comprend pourquoi Como arrive sans crainte.
Dans ce contexte, voir le filet trembler des deux côtés semble presque inévitable. Un score du type 2-2 s’inscrit parfaitement dans le scénario attendu : Liverpool dangereux mais friable, Como opportuniste et sans complexe.
Un nul… ou pire pour Liverpool ?
Reste une question : Liverpool peut-il réellement se faire accrocher, voire surprendre, à domicile, même en amical et même à huis clos ? Les éléments s’alignent.
Les Reds ne sont pas prêts défensivement, enchaînent les avertissements, et affrontent une équipe italienne invaincue en préparation, solide mentalement, et boostée par sa qualification en Ligue des champions. Sur 90 minutes, Como a largement les moyens d’éviter la défaite. Mieux, les Lariani ont de quoi viser un résultat fort, celui qui ferait grimacer Anfield, même vide.
Entre une défense anglaise en chantier, une attaque italienne en confiance et un contexte qui gomme une partie de l’avantage du géant, ce match amical ressemble à un test grandeur nature. Pour Liverpool, il dira si les fissures actuelles ne sont que des détails de préparation ou les premiers signes d’un problème plus profond. Pour Como, il peut confirmer qu’ils ne sont plus seulement l’histoire romantique d’un club remonté de l’enfer, mais une équipe capable de faire vaciller les grands.




