Liverpool et Ayyoub Bouaddi : un dossier chaud
Liverpool n’a pas quitté la piste Ayyoub Bouaddi. Loin de là. Malgré le bruit grandissant autour de Manchester City, le milieu de Lille reste solidement ancré sur les radars des Reds, et un journaliste proche du club a clarifié ce qui doit se produire pour qu’Anfield passe réellement à l’attaque.
Iraola, nouveau projet et gros chantier au milieu
L’ère Andoni Iraola commence à Liverpool avec des intentions claires. Lors de sa première conférence de presse, le technicien espagnol a frappé fort : transparence, ambition, et une feuille de route limpide. Il a parlé du successeur à trouver à Mohamed Salah, mais aussi de ce milieu qu’il veut remodeler sans tout détruire.
Iraola a confirmé qu’il comptait sur Curtis Jones. Il a même laissé entrevoir une seconde chance pour deux joueurs que l’on pensait condamnés sous Arne Slot. Le message est passé : personne n’est automatiquement mis à la porte, mais personne n’est non plus à l’abri.
Pour imposer son football à haute intensité, il lui faudra pourtant plus qu’un simple ajustement cosmétique. Dans l’entrejeu, Liverpool a besoin de puissance, de volume de course, d’impact. Au moins une recrue est jugée indispensable pour épaissir ce secteur clé.
C’est là qu’entre en scène Ayyoub Bouaddi.
Bouaddi, 18 ans et déjà courtisé par l’Europe entière
Repéré dès le mois de juin par Liverpool, le milieu de Lille a un profil qui intrigue autant qu’il séduit. À 18 ans seulement, il affiche déjà 96 apparitions avec le club nordiste. Une anomalie statistique pour un joueur de son âge, et la preuve d’une maturité précoce.
Son Mondial avec le Maroc a fait exploser sa cote. Arsenal, le PSG, le Real Madrid : tous suivent son évolution de près. Son nom circule désormais dans toutes les grandes directions sportives du continent.
Mardi, un nouveau coup d’accélérateur est venu d’Angleterre. Manchester City, selon David Ornstein, serait prêt à faire un « gros push » pour attirer le joueur, dans un contexte de vaste ménage annoncé à l’Etihad, où pas moins de onze départs sont évoqués.
La logique voudrait que City prenne la main. Mais Liverpool n’a pas rangé le dossier au fond d’un tiroir.
Un prix qui explose, un marché déformé
Le principal obstacle se résume en un chiffre. Ou plutôt deux.
Il y a encore peu, une offre d’environ 60 M€ aurait suffi à mettre Lille face à un vrai dilemme. Cette époque est révolue. Le club nordiste réclame désormais près de 100 M€ pour son prodige. La barre est haute, presque vertigineuse pour un joueur de 18 ans.
Le marché des milieux a été déformé par certains transferts récents, dont celui d’Elliot Anderson vers Manchester City pour 116 M£, qui a fait grimper les attentes financières autour des jeunes talents du poste. Bouaddi n’échappe pas à cette inflation.
David Lynch, journaliste spécialisé sur Liverpool, ne cache pas que ce montant peut devenir un vrai frein pour les Reds. Sur le podcast Anfield Index, il rappelle d’abord l’intérêt ancien du club : Liverpool suit Bouaddi depuis avant la Coupe du monde. Problème : le tournoi a fait grimper sa valeur. Ses performances en Amérique du Nord ont renforcé l’attrait sportif, mais aussi compliqué l’équation financière.
Le prix est désormais dans une zone où Manchester City semble plus enclin que Liverpool à investir massivement sur un joueur aussi jeune. Mais la porte n’est pas fermée.
Liverpool reste en embuscade
Lynch insiste : le dossier est encore à un stade précoce. Impossible, à ce jour, d’écarter Liverpool de la course. Le club apprécie le joueur, le suit de longue date, et ne veut pas abandonner sans avoir exploré toutes les options.
Un point demeure cependant central : la gestion des départs. Avant d’engager environ 85 M£ sur un milieu, Fenway Sports Group devra sans doute vendre. Le milieu de terrain des Reds est déjà bien fourni en nombre, et chaque arrivée d’envergure suppose une sortie significative.
Lynch le résume clairement : pour qu’il y ait du mouvement au milieu, il faudra des sacrifices. Si un départ majeur se confirme, Liverpool pourrait alors revenir à la charge sur Bouaddi avec beaucoup plus de force.
Pour l’instant, une chose est sûre : le club aime le joueur. Reste à savoir si, dans un marché déformé et face à la puissance financière de City, cet amour se traduira par un acte fort.



