Liverpool – Atlético : Anfield attend la réponse
Un an après un spectaculaire 3-2 en ouverture de phase de groupes, Liverpool et Atlético Madrid se retrouvent à Anfield. Même affiche, décor similaire, mais un contexte bien différent. Les Reds d’Andoni Iraola balbutient encore leurs repères, et Diego Simeone arrive avec une idée claire : frapper là où ça fait mal, dans le dos d’une défense encore fragile.
Une défense des Reds sous pression
Les chiffres ne mentent pas. Sous Iraola, Liverpool a déjà concédé quatre buts lors de ses deux premiers matches de Premier League, deux par rencontre, avant de se rassurer un peu à Ipswich. La victoire 2-0 à Portman Road a redonné de l’air, mais n’a pas effacé les doutes.
La ligne arrière reste en chantier. Ronald Araújo est obligé de dépanner côté droit, faute de Conor Bradley et Giovanni Leoni, toujours indisponibles. Le bloc coulisse mal, les automatismes tardent, et chaque transition adverse ressemble à un test de solidité.
Face à un Atlético qui adore punir la moindre faille, le danger est évident. Les Madrilènes ont déjà prouvé qu’ils savaient survivre à Anfield : victoire 3-2 en 2019/20, remontée de 2-0 à 2-2 la saison dernière sur cette même pelouse. Ils connaissent le bruit, la pression, la façon de la retourner contre l’adversaire.
Iraola, un chantier encore ouvert
Cinq points en trois journées de Premier League, ce n’est pas un départ catastrophique, mais ce n’est pas non plus le rythme d’un prétendant au titre. Liverpool encaisse trop, crée trop peu. Le succès à Ipswich, avec un doublé d’Alexander Isak, a servi de soupape. Le Suédois, longtemps freiné par les blessures lors de sa première saison à Anfield, commence enfin à ressembler à l’attaquant que le club pensait avoir recruté.
Iraola doit pourtant composer sans Hugo Ekitike, Bradley et Leoni, toujours à l’infirmerie. Federico Chiesa et Wataru Endo, eux, ne figurent même pas sur la liste pour la Ligue des champions. L’entraîneur basque n’a donc pas toutes ses cartes en main au moment de lancer sa campagne européenne.
Son onze probable a fière allure sur le papier : Alisson derrière un quatuor Kerkez – Araújo – Jacquet – van Dijk, un milieu Szoboszlai – Mac Allister – Barcola, et un trio offensif Wirtz – Gakpo – Isak. Beaucoup de talent, beaucoup de promesses. Mais encore trop peu de certitudes.
Atlético : blessure à Bilbao, réaction attendue
De l’autre côté, Atlético débarque à Anfield avec une claque récente en tête : un 3-0 encaissé à San Mamés face à l’Athletic Bilbao. Un revers net, brutal, qui a exposé une arrière-garde encore en rodage. Malgré tout, les Colchoneros occupent la sixième place de Liga avec sept points en quatre journées. Rien de dramatique, mais une piqûre de rappel.
Diego Simeone prépare une petite révolution dans son onze. Julian Alvarez devrait connaître sa première titularisation de la saison. L’Argentin, annoncé partant possible à moyen terme mais maintenu au club au moins jusqu’en janvier, doit apporter ce supplément de tranchant dans les derniers mètres. Cristian Romero, lui aussi, pousse pour débuter pour la première fois depuis son arrivée, afin de stabiliser une défense secouée à Bilbao.
Atlético devra faire sans Alexander Sorloth, touché à la cuisse, et sans Arnau Ortiz, suspendu. Le onze probable s’articule autour de Jan Oblak, protégé par Llorente, Romero, Hancko et Grimaldo. Au milieu, Giuliano Simeone, Barrios et Hjulmand forment le cœur du bloc, avec Lookman et Baena pour soutenir Alvarez en pointe.
Isak, la lame retrouvée
Trois matches de Premier League, trois buts. Alexander Isak a enfin lancé sa carrière à Liverpool. À Ipswich, il a frappé deux fois en neuf minutes, Cody Gakpo signant les trois passes décisives de son début de saison. Un contraste saisissant avec sa première année à Anfield : quatre buts en 22 apparitions, beaucoup de frustration, peu de continuité.
Cette fois, le Suédois paraît affûté, explosif, capable de peser sur une défense madrilène encore loin de son niveau maximal. Son talon d’Achille reste son rendement européen : un seul but en 13 rencontres de Ligue des champions. Mais sa forme actuelle, elle, ne trompe pas. Pour Liverpool, la question n’est plus de savoir s’il peut marquer, mais à quelle fréquence.
Un Liverpool en panne de création
Là où le bât blesse, c’est dans la zone de vérité. Liverpool pointe au 19e rang de Premier League en termes de “grosses occasions” créées : seulement quatre en trois journées. À l’autre extrême, Brighton en a déjà généré 15. Pour une équipe bardée de talents offensifs, la statistique frappe.
Florian Wirtz peine encore à trouver les espaces qu’il aime. Et ce n’est pas la paire Pablo Barrios – Morten Hjulmand qui va les lui offrir. Les deux milieux d’Atlético excellent pour verrouiller l’axe, fermer les demi-espaces, ralentir le jeu. Derrière eux, Jan Oblak reste une assurance presque immuable.
Simeone ne s’en cache jamais : il adore transformer ce genre de soirée en combat d’échecs, match lent, étroit, saturé de duels. Son équipe a tout de même inscrit sept buts lors de ses quatre premiers matches de Liga, et le retour d’Alvarez en pointe ajoute une menace de plus. Mais l’Argentin devra exister dans un match que son propre entraîneur cherchera sans doute à étouffer.
Une affiche sous tension, un scénario piégé
Tout pointe vers une rencontre serrée, où chaque erreur peut faire basculer le tableau. Liverpool reste vulnérable derrière, Atlético sait appuyer là où ça craque. Les Reds ont l’avantage du public, du rythme, de la volonté de laver les doutes de ce début de saison. Les Madrilènes, eux, ont l’habitude des grandes nuits hostiles et la mémoire de leurs exploits sur cette pelouse.
Un nul 1-1 flotte dans l’air, avec Isak pour Liverpool et Alvarez pour Atlético dans le rôle des buteurs annoncés. Un score qui collerait à la dynamique actuelle des deux équipes : Reds encore hésitants, Colchoneros solides, mais pas dominateurs.
La question est simple : Anfield verra-t-il le réveil d’un candidat au titre européen, ou la confirmation que ce Liverpool-là n’est pas encore prêt pour les sommets de la Ligue des champions ?




