Liverpool – Arsenal : un match décisif pour le titre
Pour Paul Merson, le décor est simple, presque brutal : si Liverpool veut parler sérieusement du titre, il doit battre Arsenal à Anfield dimanche. Pas demain, pas plus tard. Maintenant.
Les chiffres plantent le cadre. L’équipe d’Andoni Iraola reçoit les champions en titre lors du Super Sunday, coup d’envoi à 16h30, avec Liverpool déjà à six longueurs du duo de tête Arsenal – Man City. Les Reds restent sur cinq victoires d’affilée, Arsenal sur six matchs sans défaite. Le choc n’est pas seulement « l’affiche du week-end ». Il ressemble à un carrefour de la saison.
Liverpool dos au mur
Dans sa chronique pour Sky Sports, Merson ne tourne pas autour du pot : pour lui, Liverpool « commence à chauffer », mais cela ne suffit plus. Il faut des points, et des gros.
S’ils ne gagnent pas, les hommes d’Iraola resteront à au moins six points. Et ils devront encore aller à l’Emirates. L’équation devient alors féroce : il faudrait qu’Arsenal perde deux matchs sans que Liverpool n’en lâche un seul. Et comme Merson le rappelle, Liverpool laissera forcément filer d’autres rencontres sur la route. On parle alors de demander aux Gunners de perdre trois ou quatre fois d’ici la fin. Beaucoup. Trop, sans doute, pour une équipe qui maîtrise pour l’instant son sujet.
La pression ne concerne pourtant pas que la course au titre. Merson insiste : pour Liverpool, ce match est aussi un « à ne surtout pas perdre » dans la lutte pour les places en Champions League. Un revers à domicile contre un rival direct et le plan de route européen se complique aussitôt.
Arsenal face à l’histoire… et à une occasion en or
À l’inverse, si Arsenal s’impose à Anfield, Merson va loin : le titre de Premier League pourrait presque se jouer là. Pas mathématiquement, mais dans les têtes. La question deviendrait alors : qui va vraiment réussir à les faire tomber ?
Car ce déplacement figure parmi les rares très gros obstacles du calendrier londonien. L’ancien international anglais liste : Man City à l’extérieur, Liverpool à l’extérieur, Chelsea à l’extérieur quand les Blues sont « chauds », puis ces équipes comme Brighton ou Brentford, qui peuvent vous faire mal, mais aussi rendre service en prenant des points à vos concurrents plus tard dans la saison.
Un chiffre le sidère : la dernière victoire d’Arsenal en championnat à Anfield remonte à 2012. À l’époque, Mikel Arteta portait encore le maillot des Gunners. Aujourd’hui, il est sur le banc. Cette disette transforme aussi ce rendez-vous en « match à ne pas perdre » pour Arsenal. Ne pas relancer Liverpool. Ne pas réveiller Anfield.
Mais si Arsenal gagne là-bas, conclut Merson, la réaction sera immédiate : « wow ». Un de ces résultats qui marquent une saison.
Un mois de vérité sans Saka ?
En toile de fond, un autre sujet préoccupe Merson : le calendrier infernal qui attend Arsenal en novembre et au début décembre. Un bloc qui, selon lui, dira tout. « Le 13 décembre, tu sauras si Arsenal peut gagner la Premier League », estime-t-il. L’idée est claire : après les grosses affiches, viennent les séries plus abordables. Encore faut-il passer le mur.
Dans ce contexte, une blessure de Bukayo Saka pèserait lourd. Merson ne se laisse pas influencer par ceux qui jugent l’ailier moins brillant ces derniers temps. À ses yeux, Saka est avant tout un « faiseur de décisions », un joueur qui choisit juste, semaine après semaine, dans les zones qui comptent.
Son absence ouvrirait la porte à Noni Madueke et Eberechi Eze. Deux talents capables de briller par séquences. Entrer, faire la différence, ressortir. Mais là, le défi change de dimension : on ne leur demanderait plus deux ou trois matchs, mais six à huit semaines d’affilée. Un vrai test de constance, physique et mental. Le genre de période qui use, où les corps et les têtes lâchent parfois.
Merson y voit tout de même une opportunité pour eux. Savoir qu’ils vont jouer, pouvoir se relâcher, oser, se lâcher, surtout Eze. Un environnement idéal pour exprimer leur créativité. D’autant plus maintenant que Max Dowman est annoncé suspendu, ce qui réduit encore la marge de manœuvre d’Arteta dans sa rotation offensive.
Tout se noue donc sur quelques semaines : un déplacement à Anfield qui peut relancer Liverpool ou propulser Arsenal, un mois couperet sans l’un de ses hommes-clés, et des remplaçants invités à devenir des titulaires crédibles. Le titre ne se gagne jamais en novembre. Mais il se perd souvent là.




