Au Parc des Princes, le champion d’Europe en titre a rappelé pourquoi il porte cette couronne. Menacé, bousculé, parfois fébrile, le Paris Saint-Germain a fini par écraser Chelsea 5-2, mercredi soir, en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Un score lourd, arraché dans une fin de match complètement folle, où Filip Jorgensen et Khvicha Kvaratskhelia ont incarné, chacun à leur manière, le tournant de la nuit.
On croyait Chelsea parti pour rentrer à Londres avec un nul flatteur. Voire mieux. À l’heure de jeu, les Blues avaient déjà remonté deux fois un retard, et semblaient avoir pris la mesure d’un PSG encore inconstant cette saison. Puis tout s’est effondré côté anglais. Et tout s’est enflammé côté parisien.
Paris démarre fort, Chelsea s’accroche
Luis Enrique avait prévenu qu’il attendait une réaction après des semaines irrégulières en Europe. Son équipe l’a écouté dès les premières minutes. Paris démarre pied au plancher, presse haut, étouffe Chelsea. À la 10e minute, la récompense tombe : sur un ballon remis de la tête par Neves, Bradley Barcola contrôle et envoie une frappe lourde qui heurte la barre avant de rentrer. Premier but en Ligue des champions depuis plus d’un an pour le jeune attaquant, et déjà un Parc en fusion.
Le PSG insiste. Jorgensen dévie une tentative d’Ousmane Dembélé sur le poteau, Barcola enroule juste à côté. Chelsea vacille, mais Chelsea survit. Et, comme souvent à ce niveau, la moindre approximation se paie cash.
Sur le côté droit londonien, Enzo Fernandez trouve Malo Gusto, totalement oublié dans le dos de la défense parisienne. Le latéral français frappe, Matvei Safonov se couche mal : le ballon lui échappe, 1-1. Le gardien russe, promu numéro un après le départ de Gianluigi Donnarumma, vient de rappeler que le poste reste un sujet sensible à Paris.
Safonov se rattrape quelques minutes plus tard en repoussant une frappe de Cole Palmer. Quatorze secondes plus tard, le Parc explose de nouveau. Désiré Doué lance Dembélé dans la profondeur. Le Ballon d’Or accélère, fixe, feinte une première fois, puis une deuxième, avant de frapper. Sa tentative est déviée par Wesley Fofana et trompe Jorgensen. Douzième but de la saison pour Dembélé, et Paris vire en tête à la pause (2-1).
Rosenior répond, puis tout se dérègle
Sur le banc d’en face, Liam Rosenior vit une soirée particulière. Nommé en janvier à la place d’Enzo Maresca, l’ancien coach de Strasbourg retrouve la France, cette fois à la tête d’un Chelsea remodelé mais encore marqué par la claque reçue face au PSG (0-3) lors de la finale de la Coupe du monde des clubs en juillet dernier. Neuf des onze titulaires de ce soir-là sont de nouveau alignés au coup d’envoi.
Et ses joueurs refusent de céder. À l’approche de l’heure de jeu, Pedro Neto déborde côté gauche, centre en retrait. Enzo Fernandez, oublié au point de penalty, conclut d’une frappe sèche du droit. 2-2, Chelsea a de nouveau recollé. À cet instant, le scénario semble leur sourire : Paris domine, mais Paris se fait rejoindre. Le doute rôde.
Puis vient la séquence qui change tout.
Le cadeau de Jorgensen, le réveil de Kvaratskhelia
À la 74e minute, Filip Jorgensen tente une relance courte, plein axe. Mauvaise idée. Bradley Barcola anticipe, intercepte. En un instant, la défense londonienne est désorganisée. Vitinha, servi dans la foulée, lève la tête et choisit la finesse : un lob délicieux qui vient mourir derrière le gardien. 3-2, le Parc exulte, Chelsea accuse le coup. Le cadeau est énorme, la punition immédiate.
Liam Rosenior tente de réagir, mais le match lui échappe. Luis Enrique, lui, lance Khvicha Kvaratskhelia. L’entrée du Géorgien va transformer une victoire importante en démonstration cruelle.
À quatre minutes de la fin du temps réglementaire, Kvaratskhelia part en solo. Il fixe, élimine, frappe. Une merveille de réalisation, sèche et imparable. 4-2. Le coup est sans doute déjà fatal pour Chelsea dans la perspective de la qualification, mais Paris n’a pas fini.
Dans le temps additionnel, Achraf Hakimi déborde et sert une nouvelle fois Kvaratskhelia. Le Géorgien conclut, encore. 5-2. En quelques minutes, il a fait basculer cette soirée dans une autre dimension, celle des grands soirs de Ligue des champions où un joueur, un geste, une inspiration, font exploser un match.
Un parfum de revanche et un quart en vue
Au-delà du score, ce succès a une saveur particulière pour le PSG. La dernière confrontation entre les deux clubs avait tourné au cauchemar pour une équipe parisienne épuisée, balayée 3-0 par Chelsea lors de la finale de la Coupe du monde des clubs. Mercredi soir, les rôles se sont inversés. Les Anglais ont couru après le score, ont résisté, ont cru pouvoir repartir avec l’avantage psychologique. Ils repartent avec trois buts de retard.
Paris, lui, se remet dans le costume du champion. L’équipe reste fragile par séquences, encore loin de la maîtrise affichée la saison passée, et ne domine pas sa Ligue 1 comme à l’accoutumée – un seul point d’avance sur Lens, une élimination en Coupe de France, seulement deux victoires sur les sept derniers matches européens avant celui-ci. Mais ce 5-2 rappelle une chose : sur un grand soir, ce PSG-là peut encore faire très mal.
La qualification n’est pas officiellement acquise. Un déplacement à Stamford Bridge n’est jamais une formalité, et Chelsea a montré qu’il savait frapper quand Paris se déconcentre. Mais avec trois buts d’avance et un Kvaratskhelia en pleine confiance, le champion d’Europe voyage en Angleterre avec plus qu’un simple matelas.
Il y va avec une idée en tête : transformer cette grande nuit parisienne en véritable marche vers un nouveau printemps européen.





