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Leeds et Brighton partagent les points : un match qui laisse des regrets

Leeds repart de l’Amex Stadium avec un point, mais le sentiment est tout autre. Sur le terrain, tout disait qu’ils devaient repartir avec trois. Le tableau d’affichage, lui, affiche 1-1. Et une impression tenace : les hommes de Daniel Farke ont laissé filer une énorme occasion.

Leeds brise enfin la malédiction… mais pas Brighton

Cela faisait quinze ans que Leeds n’avait plus gagné sur la côte sud, et huit matches sans le moindre but sur la pelouse de Brighton, série débutée en 2012. Cette fois, la disette offensive a pris fin. Le problème, c’est que le résultat, lui, n’a pas vraiment changé.

Le début de match est à sens unique. Dès la 5e minute, Dominic Calvert-Lewin se présente seul face à Bart Verbruggen. Il ouvre trop son pied et croise trop sa frappe. Le drapeau se lève, mais les ralentis montrent que le but aurait sans doute été validé. Premier avertissement manqué.

Dix minutes plus tard, la domination se concrétise enfin. Calvert-Lewin place une tête à bout portant, Verbruggen repousse, Ao Tanaka récupère et remet le ballon devant le but. Jayden Bogle n’a plus qu’à pousser sur la ligne. Leeds mène, logiquement, et semble avoir la main sur tout.

Brighton vacille. Leeds insiste.

À la 23e minute, Calvert-Lewin efface Verbruggen, pense doubler la mise, mais Lewis Dunk surgit pour dégager sur sa ligne. Sur le corner qui suit, Tanaka est oublié au second poteau et envoie une lourde frappe sur la barre. En moins de deux minutes, Brighton vient d’échapper deux fois au 0-2.

James Trafford n’est quasiment pas inquiété dans ce premier acte. Seul un coup franc de Pascal Gross qui frôle la barre, puis une volée de Diego Gomez bien captée au premier poteau, rappellent que Brighton reste dangereux par éclairs. Mais à la pause, Leeds doit être loin devant. Il ne l’est pas.

Un scénario qui se retourne

Le début de seconde période repart sur la même ligne. Sur une longue touche, le ballon revient sur Anton Stach dans la surface. Sa frappe à bout portant est sortie par Verbruggen (49e). Leeds continue de se créer des occasions franches, sans les convertir.

Deux minutes plus tard, Tanaka croit tenir le but du break. Il reprend un coup franc de Stach et trompe Verbruggen, mais le drapeau se lève. Hors-jeu, confirmé. Un but « d’un centimètre » trop tôt, comme le regrettera Farke.

À ce moment-là, le match bascule. Leeds a trop laissé vivre Brighton.

Portés par ce répit, les Seagulls montent d’un cran. Gross enroule une frappe qui frôle le poteau (54e). Le public se réveille, l’équipe aussi. Les duels tournent peu à peu en faveur des hommes de Fabian Hurzeler, les secondes balles aussi.

À l’approche du dernier quart d’heure, la pression devient constante. Charalampos Kostoulas slalome dans la surface mais bute sur Trafford (68e). Malick Yalcouye oblige le gardien à une nouvelle parade dans la foulée (69e). Leeds recule, plie… et finit par rompre.

Sur un corner frappé par De Cuyper à la 71e minute, Luka Vuskovic s’élève et catapulte sa tête au fond des filets. Premier but avec son nouveau club, égalisation, et un tout autre match. Le stade explose, Leeds accuse le coup.

Brighton peut même tout emporter

Le paradoxe est cruel : l’équipe la plus maladroite de l’après-midi n’est pas celle qui a le plus souffert. C’est bien Leeds. Les chiffres le confirment : un Expected Goals de 2,66 pour un seul but. Une série d’occasions nettes, gâchées.

Et pourtant, la fin de match tourne presque au braquage potentiel pour Brighton.

Entré en jeu, Promise David se retrouve idéalement placé sur un centre d’Olivier Boscagli. Sa tête passe au-dessus (85e). Grosse alerte pour Leeds, qui voit le match lui filer entre les doigts.

Quatre minutes plus tard, c’est encore pire. À quatre mètres du but, Pascal Gross se retrouve en position idéale. Le ballon rebondit, il veut le soulever, mais le milieu allemand envoie sa tentative au-dessus. L’énorme opportunité de renverser totalement l’histoire s’envole.

Le coup de sifflet final tombe sur ce score de 1-1, presque incompréhensible au regard du scénario. Leeds a dominé, Brighton a résisté, puis failli punir.

Farke partagé : « Un bon point, mais un match à tuer »

Au micro, Daniel Farke ne cache pas son ambivalence. D’un côté, il sait ce que représente un point à Brighton pour Leeds, au vu de la dernière décennie. De l’autre, il mesure l’ampleur de ce qu’il vient de laisser filer.

Pour lui, son équipe aurait dû « plier le match » avant la pause. Il cite Calvert-Lewin en première période, puis Anton Stach, Lukas, et ce but de Tanaka refusé d’un rien. Les situations ont été nombreuses, trop nombreuses pour ne repartir qu’avec un point.

Il souligne aussi la qualité de Brighton : si vous ne tuez pas ce type de match, l’adversaire finit par revenir grâce à sa possession et sa capacité à s’installer haut. Malgré tout, Farke insiste sur la dynamique : cinq points en trois rencontres de championnat, plus une qualification en coupe contre Nottingham. De quoi nourrir une confiance qu’il juge « cruciale » pour la suite.

Hurzeler salue la réaction de caractère

En face, Fabian Hurzeler ne se raconte pas d’histoires sur la première période de son équipe. Il parle d’un manque d’intensité, d’énergie, d’un mauvais état d’esprit de départ. Leeds a couru plus, frappé plus fort, gagné les duels.

La rupture intervient à la pause. Brighton revient avec une toute autre attitude : plus de courses, plus de duels gagnés, plus de secondes balles arrachées. À partir de là, le contenu en possession suit. Le coach met en avant le « caractère » de son groupe, cette capacité à faire front ensemble dans l’adversité et à renverser le ton d’un match en cours de route.

Reste une question, désormais : cette réaction sera-t-elle un déclic pour démarrer les matches avec cette même intensité, ou Brighton continuera-t-il à jouer avec le feu avant d’allumer enfin la mèche ?