Lautaro Martinez : La Ligue des champions comme objectif
Inter Milan s’apprête à plonger directement dans le grand bain. Mardi, c’est le Santiago Bernabéu, Real Madrid en face, et le coup d’envoi d’une nouvelle campagne européenne que le club lombard espère enfin boucler avec le trophée dans les mains, et plus avec les regrets.
Trois C1 dans l’armoire, la dernière soulevée en 2010 sous les ordres de Jose Mourinho. Puis deux finales perdues, en 2023 et 2025, comme autant de cicatrices encore fraîches. Lautaro Martinez n’y voit pourtant pas une malédiction. Il y voit une ligne de mire.
« C’est un objectif, a martelé le capitaine nerazzurro en conférence de presse. On a tous des rêves, mais ce n’est pas juste une obsession. On doit rester calmes, on sait qu’il y a beaucoup d’équipes très fortes. C’est clairement un but pour nous. Depuis mon arrivée ici, je répète qu’on doit travailler pour ramener un maximum de trophées à l’Inter. »
Bernabéu, Mbappé et un duel de buteurs
Le décor est parfait pour un début de campagne : le Bernabéu, un Real Madrid bardé de stars, et un face-à-face très attendu entre Kylian Mbappé et Lautaro Martinez. Le Français, qui ne cache pas sa sympathie pour l’AC Milan, n’a pourtant pas ménagé ses compliments pour le rival interiste, estimant qu’Inter mérite un immense respect et plaçant Martinez parmi les meilleurs numéros 9 de la planète.
Le capitaine de l’Inter a entendu le message, mais il ne se laisse pas hypnotiser par les noms alignés en blanc.
« J’ai entendu ce qu’il a dit, a répondu l’Argentin. On va affronter une équipe pleine de champions, mais on a nos propres armes et des joueurs qui prouvent année après année qu’ils sont au plus haut niveau. On s’est bien préparés, on a récupéré de l’énergie. On sait contre qui on joue et Mbappé fait clairement partie des meilleurs attaquants du monde. »
Derrière lui, Cristian Chivu a façonné une équipe capable de changer de peau en cours de match, d’alterner pressing haut et bloc compact, de frapper en transition comme de monopoliser le ballon. C’est cette flexibilité que Martinez met en avant pour croire à un coup à Madrid, sur la pelouse du grand favori annoncé.
Alvarez, l’ami en difficulté
La soirée n’a pas tourné uniquement autour du Real. Entre deux questions sur le plan de jeu et la pression du Bernabéu, Lautaro a été interrogé sur le cas Julian Alvarez, son compatriote en sélection, en pleine tourmente à l’Atletico Madrid.
L’attaquant a clairement affiché son envie de partir cet été, avec une préférence pour le Barcelona, mais la direction de l’Atletico a fermé la porte à tout transfert vers un rival national. Résultat : Alvarez reste sous les ordres de Diego Simeone, dans un climat compliqué.
Martinez n’a pas esquivé. Il a répondu en ami.
« Alvarez est un ami, a-t-il confié. Ce n’est pas un moment facile pour lui, mais la décision appartient au président de son club. J’espère qu’il continuera à montrer le niveau qui est le sien depuis toujours. »
Dans ses mots, on sent le poids du vestiaire argentin, ce lien qui dépasse les couleurs de clubs et les rivalités européennes. Demain, ils seront adversaires potentiels. Aujourd’hui, ils restent coéquipiers de sélection et complices de vestiaire.
Après Messi, l’Argentine cherche un nouveau souffle
Impossible d’évoquer l’Argentine sans parler de la fin d’une ère. La retraite internationale de Lionel Messi a naturellement surgi dans la discussion. Lautaro Martinez a vécu le sommet avec lui – le sacre mondial de 2022 – puis une nouvelle finale en 2026. Il sait ce que représente le numéro 10 pour la sélection.
Le groupe s’y était préparé mentalement, reconnaît-il, mais le vide reste immense.
« On savait tous que ce moment arriverait, a expliqué El Toro. C’est une énorme nouvelle, vu ce que Leo représente pour l’équipe et pour chacun de nous. Je garderai toujours avec moi tout ce qu’il nous a appris. »
L’Argentine doit maintenant se réinventer sans son guide, trouver d’autres voix, d’autres leaders. Lautaro fait partie de ceux qui devront prendre le relais, sur le terrain comme dans le vestiaire.
Pour l’instant, son horizon immédiat est clair : un Bernabéu en fusion, Mbappé en face, et une Inter décidée à ne plus se contenter de toucher la coupe du bout des doigts. La Ligue des champions n’est plus un rêve lointain pour Lautaro Martinez. C’est une cible. Et la nouvelle campagne commence dans la capitale espagnole, là où les prétendants se révèlent ou s’effondrent.



