Lamine Yamal : le travail invisible du prodige espagnol
Luis de la Fuente lève le voile sur le « deuxième métier » de Lamine Yamal. Pas celui qu’on voit sous les projecteurs, mais celui qui se joue loin des caméras, là où se construit la carrière d’un prodige de 18 ans que l’Espagne espère récupérer à son meilleur niveau pour la Coupe du monde en Amérique du Nord.
Yamal, le prodige… et l’ouvrier
En présentant son autobiographie, « Life is Trained Every Day », le sélectionneur espagnol a tenu à casser une image trop facile : non, Lamine Yamal ne vit pas seulement de son talent brut.
« En plus de son immense talent, il s’entraîne trois heures par jour, va à la salle, voit son kiné, son nutritionniste, son psychologue, et se donne à son entraînement invisible, qui est le plus important », a détaillé De la Fuente.
Cet « entraînement invisible », il le décrit comme une obsession professionnelle : « C’est être 24 heures sur 24 en train de penser à ton travail. Personne ne donne rien à Lamine. »
Derrière le sourire d’un adolescent, l’Espagne voit déjà la discipline d’un vétéran. Et ce n’est pas un luxe au moment de revenir d’une blessure musculaire survenue fin avril.
Course contre la montre pour la Coupe du monde
Les nouvelles venues de la Ciudad Deportiva du Barça ont redonné le sourire au staff de la Roja : Lamine Yamal a retrouvé l’herbe, a repris le travail sur le terrain. Le plan est clair : le ramener au sommet pile au moment où la scène internationale s’ouvre.
De la Fuente ne cache pas son optimisme. Il connaît son joueur, ses habitudes, sa capacité à encaisser la charge de travail : « Je parle de Lamine parce que je le connais très bien. Si Dieu le veut, il arrivera à la Coupe du monde dans le meilleur état possible. »
Le sélectionneur se veut rassurant, le Barça beaucoup moins. Le club catalan surveille avec anxiété la charge imposée à son joyau, déjà mis à rude épreuve ces derniers mois. La fédération, elle, insiste sur un suivi millimétré : chaque séance, chaque ressenti, chaque étape de la récupération est contrôlée pour éviter le moindre faux pas.
Pas de plongée directe dans le grand bain
Une chose est acquise : Yamal ne rejouera pas en Liga cette saison. De la Fuente l’a admis, l’Espagne ne le jettera pas forcément d’entrée dans la fournaise du Mondial. Au contraire, le staff prépare un rôle de dynamiteur en sortie de banc pour le début du tournoi.
L’idée est simple, presque chirurgicale : le ménager au départ pour le récupérer à 100 % quand les matches à élimination directe arriveront. Un plan déjà testé.
Le sélectionneur cite un précédent qui parle à tout le monde : Dani Olmo à l’Euro 2024. « Nous envisageons tous les scénarios. Si tu gagnes, si tu perds, si l’adversaire se retrouve à dix… Il y a des joueurs qui peuvent te donner 20 minutes et ça a une valeur énorme. Olmo est arrivé blessé, on était sur le point de le laisser à la maison, mais ensuite il a été décisif au Championnat d’Europe », rappelle-t-il.
Le message est limpide : Yamal n’a pas besoin de jouer 90 minutes pour marquer un tournoi. Vingt minutes bien placées, avec des jambes fraîches et un cerveau affûté, peuvent faire basculer une Coupe du monde.
Gavi frappe de nouveau à la porte de la Roja
Lamine Yamal n’est pas le seul Barcelonais au cœur des réflexions du sélectionneur. Le cas Gavi revient avec insistance. Longtemps éloigné des terrains, le milieu combatif a retrouvé un niveau suffisant pour se remettre dans la conversation.
De la Fuente ne s’en cache pas : « Il est dans un très bon moment. Le plus important, c’est qu’il a récupéré. Il est fantastique avec son club et on s’en réjouit. C’est la meilleure nouvelle. Ensuite, nous déciderons si nous l’appelons ou non. »
Pas de promesse, pas de phrase creuse. Juste un constat : Gavi est de retour, et cela change le paysage du milieu espagnol. Intensité, pressing, caractère, tout ce qui avait manqué à la Roja par séquences ces derniers mois.
Entre la gestion au scalpel de Lamine Yamal et le retour en force de Gavi, De la Fuente avance avec une idée fixe : arriver au Mondial avec des joueurs peut-être ménagés, mais prêts à frapper très fort au moment où tout se joue.




