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Kylian Mbappé : de star à cible d'une fronde mondiale

Kylian Mbappé a perdu une grande partie du Bernabéu. Pas une métaphore : une pétition en ligne intitulée « Mbappé Out » a déjà recueilli plus de 4,1 millions de signatures, des Madridistas du monde entier appelant ouvertement à son départ du Real Madrid.

Pour un joueur arrivé en sauveur, le contraste est brutal. Ses chiffres, eux, ne vacillent pas : saison inaugurale record sous le maillot blanc, puis 41 buts déjà lors de son deuxième exercice. Mais à Madrid, les buts ne suffisent plus. Le Français est désormais au centre d’une tempête qui mêle terrain, vestiaire et image publique.

Quand le malaise dépasse la tactique

Il y a encore quelques mois, les critiques visaient surtout le jeu. Mbappé en pointe, et l’attaque devenait prévisible. Peu de complémentarité avec Vinicius Junior, peu d’efforts à la perte du ballon, un pressing quasi inexistant. Des reproches précis, chiffrables, qui ont pris du poids lorsque le Real Madrid a enchaîné son meilleur football de la saison… sans lui dans le onze.

Cinq victoires consécutives avant la trêve internationale de mars, une double confrontation maîtrisée contre Manchester City en huitièmes de finale de Ligue des champions, un derby madrilène remporté dans la foulée : sans Mbappé, l’équipe paraissait plus fluide, plus équilibrée, presque libérée.

Puis il est revenu. Et la dynamique s’est brisée net. Sur les six rencontres suivantes, toutes compétitions confondues, le Real ne gagne qu’une seule fois. Les regards se tournent naturellement vers la star. À Madrid, la mémoire est courte, la responsabilité lourde.

Un vestiaire fracturé et une image écornée

Les critiques ne se limitent plus au rectangle vert. Des informations sorties récemment ont mis le feu aux poudres : Mbappé se serait accroché à l’entraînement avec un membre du staff, un épisode qui aurait accentué son isolement au sein du groupe. En interne, certains le décrivent désormais comme trop individualiste, trop centré sur lui-même.

Puis il y a eu l’Italie. Une semaine avant un Clásico, alors qu’il soigne une blessure aux ischio-jambiers, Mbappé choisit de partir en vacances plutôt que de poursuivre sa rééducation à Madrid. Les images de son séjour contrastent violemment avec celles de Vinicius Junior et Jude Bellingham, bataillant sur la pelouse face à l’Espanyol ce dimanche-là.

Pour une partie des supporters, la coupe est pleine. Ils voient un leader supposé s’éloigner du collectif, physiquement comme symboliquement. Le respect s’effrite. La tolérance aussi. D’autant que depuis son arrivée au Bernabéu, le Real Madrid n’a pas soulevé le moindre grand trophée. Dans ce club, c’est une éternité.

Un nouveau coach face à l’équation Mbappé

Un départ de Mbappé ? Théoriquement, presque impossible. Le Français est lié au Real Madrid jusqu’en 2029. Le club a investi son présent et son futur sur lui. Le divorce au bout de deux saisons ne figure pas dans les plans.

La vraie question se déplace donc vers le banc. Álvaro Arbeloa devrait quitter son poste à la fin de la saison, laissant la place à un entraîneur de tout premier plan. Les rumeurs les plus insistantes placent José Mourinho en pole pour revenir sur le banc madrilène.

Quel que soit le nom inscrit sur le banc du Bernabéu en 2026–2027, la mission sera claire et redoutable : faire cohabiter, et surtout fonctionner, Vinicius Jr, Mbappé et Bellingham dans le même onze. Trouver le schéma qui permette à ces trois forces d’attaque de se compléter plutôt que de se marcher dessus. L’arrivée d’un nouveau milieu de terrain pourrait offrir une solution… ou ajouter une couche de complexité.

Une chose ne changera pas : le niveau d’exigence. Une nouvelle saison sans titre majeur déclencherait une révolte encore plus vaste parmi les Madridistas. Et dans cette colère, un nom ressortirait plus fort que tous les autres.

Kylian Mbappé porterait alors, à tort ou à raison, le poids d’un Real Madrid qui refuse catégoriquement de se contenter de chiffres et de promesses.