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Juventus : Spalletti lance la saison avec détermination

Luciano Spalletti n’a pas attendu le coup d’envoi pour poser le décor. À la veille du déplacement de la Juventus sur la pelouse du Stadio Stirpe pour affronter Frosinone dimanche (17h30 UK, 18h30 CEST), l’entraîneur bianconero a livré un message clair à son vestiaire… et quelques certitudes à ses supporters.

Randal Kolo Muani et Guglielmo Vicario débuteront. Le reste, en revanche, se gagne.

« La cloche a sonné » : avertissement à tout le vestiaire

Spalletti a d’abord tenu à saluer l’adversaire du jour et son collègue.

« Je veux féliciter Frosinone pour son retour en Serie A et mon ami Massimiliano Alvini pour le travail réalisé pour obtenir la promotion », a-t-il lancé en ouverture de conférence de presse.

Le ton a vite changé. Place au rappel à l’ordre.

« La cloche a sonné, la saison a commencé, et ceux qui ne sont pas prêts se sentiront poussés vers la sortie. Les équipes évoluent en permanence, les joueurs doivent être prêts à suivre ce mouvement. »

L’Italien raconte même être allé observer plusieurs entraîneurs de Serie B, histoire de rester « à jour ». Un détail qui dit beaucoup de son exigence au moment où la Juventus tente de se reconstruire après avoir manqué la qualification en Ligue des champions et terminé à la sixième place, synonyme de Ligue Europa.

Un mercato entre retouches et chantiers lourds

Le club turinois n’a pas chômé sur le marché. Kerim Alajbegovic, Jhon Lucumi, Jeff Ekhator et Zeki Çelik ont rejoint un noyau où Kenan Yildiz fait figure de point fixe.

Spalletti voit un groupe qui vit bien, mais refuse de s’en contenter.

« L’effectif est aujourd’hui cohésif, uni, mais à l’avenir je veux qu’il soit aussi solide, robuste, déterminé. Globalement, nous avons réalisé un bon mercato : certains secteurs n’avaient besoin que de quelques retouches cosmétiques, d’autres d’une véritable restauration », explique-t-il.

Alajbegovic, lui, arrive avec un profil très ciblé.

« Nous avons fait venir un joueur comme Alajbegovic qui apporte ce choc d’énergie soudain, il voit le coup d’après et peut l’exécuter. Nous avons rendu l’équipe plus compétitive sur toutes les lignes. »

« Sept ou huit équipes pour le top 4 » : la Juve n’a plus droit à l’erreur

La Juventus sort d’une saison où elle a longtemps lutté pour la Ligue des champions avant de s’effondrer dans le sprint final. Spalletti ne cache pas la densité du haut de tableau.

« Il y a sept ou huit équipes qui peuvent se battre pour le top 4, et la saison dernière nous avons échoué. Nous devons nous prouver des choses et devenir une équipe équilibrée. Nous nous sommes améliorés, mais seuls les résultats diront à quel point. »

Autour de la Juventus, la concurrence s’est renforcée. Spalletti dresse le tableau sans chercher à se placer en victime.

« Vous semblez tous penser que nous finirons deuxièmes ou troisièmes, mais c’est le jeu habituel quand vous essayez de deviner le onze, ils ne peuvent pas tous être titulaires. Nous avons eu une bonne stratégie de mercato et nous sommes en position d’en faire plus, tandis que Milan a bien investi, Inter et Napoli étaient déjà forts, Roma a recruté des joueurs importants. Ils sont tous là-haut avec la même ambition, nous voulons tous gagner beaucoup de matches. »

Pas de discours de reconstruction patiente. L’objectif reste la victoire, souvent, tout de suite.

Vicario et Kolo Muani titulaires, système ouvert

Au moins une chose est claire pour Frosinone : les cages et la pointe de l’attaque de la Juventus ont déjà leurs hommes.

« Vicario et Kolo Muani vont débuter, puis à partir de là nous allons essayer de créer une équipe équilibrée, qui donne aux joueurs plus de liberté pour s’exprimer dans ce cadre », annonce Spalletti.

Le technicien refuse de réduire la rencontre à un duel de schémas figés.

« Ce n’est pas système contre système, mais mouvement contre mouvement, la compréhension de l’endroit où créer l’espace. »

Autrement dit, la Juve version Spalletti veut imposer son rythme par le jeu, pas seulement par le nom sur le maillot.

Dans les buts, un grand ménage

Derrière la titularisation de Vicario se cache une profonde reconfiguration du poste de gardien.

Michele Di Gregorio s’envole vers Bournemouth en prêt avec option d’achat à 14 millions d’euros, tandis que Mattia Perin se prépare à rejoindre Palermo en Serie B.

Spalletti assume pleinement le choix Vicario.

« Nous avons pris Vicario parce que nous le considérons comme fort et expérimenté, bon avec ses pieds. Il vient de commencer à s’entraîner avec l’équipe depuis une semaine. Il jouera. Perin restera tant qu’il pourra être utile, tandis que Di Gregorio est presque officiellement parti, il n’est même plus dans le groupe. »

Une hiérarchie tranchée, un message limpide : à la Juventus, le temps des demi-mesures est terminé.

Dimanche, à Frosinone, on saura très vite si cette nouvelle Juve a déjà la dureté d’une équipe de top 4… ou si la cloche de Spalletti devra sonner encore plus fort.