La Juventus entre passé et avenir : le retour de Neto et l'avenir avec Palmisani
La blessure de Kamil Grabara a tout accéléré. En quelques jours, la Juventus a ressorti un vieux dossier du tiroir, ravivé un ancien lien et ouvert une fenêtre sur son futur. Dans les cages bianconere, le présent et l’avenir sont en train de se redessiner.
Neto, le retour du vétéran
À 37 ans, Neto est tout proche de refaire ses valises pour Turin. Libre de tout contrat, l’ancien gardien de Juventus, Bournemouth et Arsenal a rencontré les dirigeants bianconeri mardi, et les signaux venus d’Italie convergent : un accord est à portée de main.
La Gazzetta, Tuttosport et le Corriere dello Sport vont dans le même sens : la Juventus lui propose un contrat jusqu’à la fin de la saison. Un deal court, précis, pensé pour colmater une brèche ouverte brutalement.
Cette brèche, c’est la blessure sérieuse au genou de Kamil Grabara, prêté par Wolfsburg. Ironie cruelle : le Polonais venait de réussir des débuts éclatants. La veille encore, il célébrait un 5-0 en Europa League contre NEC, avec une passe décisive pour Nico Gonzalez. Le lendemain, l’arrêt brutal. Saison relancée pour Neto.
Le Brésilien connaît la maison. Entre 2015 et 2018, il a porté le maillot de la Juventus, alignant 13 clean sheets en 22 apparitions toutes compétitions confondues. Un rôle de doublure de luxe, déjà, derrière un titulaire installé. Aujourd’hui, le scénario se répète, mais dans un club qui pense plus large que les six prochains mois.
Vicario aujourd’hui, Palmisani demain ?
Car la Juventus ne regarde pas seulement à court terme. Avec Guglielmo Vicario lui aussi présent à l’Allianz Stadium sous la forme d’un prêt en provenance de Tottenham, les dirigeants ont compris qu’ils marchent sur un fil : deux gardiens importants, aucun véritable garant sous contrat longue durée pour les années à venir.
La réponse pourrait venir de Frosinone. Et elle a 22 ans.
Lorenzo Palmisani s’est imposé comme l’un des noms les plus suivis du championnat. Dimanche dernier, il a été élu homme du match lors de la victoire 2-0 de Frosinone contre Como, une prestation qui n’a fait que confirmer des impressions déjà bien ancrées à Turin. La Juventus l’avait déjà sondé l’été dernier. Le dossier n’a pas avancé à ce moment-là, mais le nom est resté sur la table.
Une transition sous haute tension
La situation est paradoxale : d’un côté, un vétéran appelé à stabiliser l’urgence ; de l’autre, un jeune gardien ciblé pour incarner la prochaine ère. Entre les deux, un club qui doit jongler avec des prêts, des blessures et un marché des gardiens de plus en plus compétitif.
Si Neto signe bien jusqu’en juin, il offrira à la Juventus une solution immédiate, expérimentée, déjà acclimatée au contexte turinois et aux exigences d’un club qui joue sur plusieurs tableaux. Mais cette signature ne répond pas à la question de fond : qui gardera la cage de la Juventus dans deux, trois, cinq ans ?
C’est là que le profil de Palmisani prend tout son sens. Jeune, déjà décisif en Serie A, habitué à jouer sous pression dans une équipe qui lutte pour chaque point, il coche beaucoup de cases pour un club qui cherche un numéro un d’avenir plutôt qu’une simple doublure.
La Juventus a choisi sa voie : un œil dans le rétroviseur avec Neto, l’autre braqué sur le futur avec Palmisani. Reste à savoir si, entre ces deux pôles, elle saura construire la continuité qui lui a parfois échappé ces dernières années au poste le plus exposé de tous.



