RDC Sport

José Mourinho quitte Benfica : un adieu émouvant avant Madrid

José Mourinho quitte Benfica la tête haute et les yeux déjà tournés vers Madrid. Mais avant de refermer la parenthèse lisboète, le Portugais a tenu à dire adieu à sa manière : frontal, ému, et très personnel.

Un message d’adieu chargé d’émotion

Sur Instagram, le technicien de 63 ans a publié un long message pour remercier Benfica après l’officialisation de son départ, quelques heures plus tôt. Son deuxième passage au club aura été bref, mais marquant : une saison régulière domestique sans la moindre défaite en championnat, une troisième place en Primeira Liga et une Supertaca Candido de Oliveira remportée.

Mourinho a d’abord salué la direction du club et, en particulier, Rui Costa. Il a insisté sur l’« honneur » et le « privilège » d’avoir représenté le Sport Lisboa e Benfica, rendant hommage au président qui lui a ouvert la porte d’un retour au pays. Il a aussi pris soin de mettre en lumière le travail de l’ombre : tout le personnel du Benfica Campus, décrit comme exemplaire par sa « professionnalité, dévouement et compétence ».

Le message ne s’arrêtait pas aux bureaux et aux structures. Le coach a tenu à parler directement à son vestiaire, celui de la saison 2025-26, avec lequel il estime avoir tissé plus qu’une simple relation professionnelle. Il a adressé ses remerciements aux joueurs, leur souhaitant réussite sur le plan personnel comme sur le plan sportif, et a conclu sur une formule qui résume sa manière de concevoir le lien avec son groupe : « mon joueur pour un jour, mon joueur pour la vie ». Pour lui, les chemins peuvent diverger, mais le lien reste.

Le retour du « Special One » au Bernabeu

Si l’histoire s’arrête déjà à l’Estadio da Luz, c’est parce que l’appel de Madrid s’est fait pressant. Très pressant. Le Real Madrid a lancé une offensive directe pour récupérer l’entraîneur qui, entre 2010 et 2013, avait brisé l’hégémonie du Barcelona de l’époque en Liga.

Florentino Perez a fait de ce retour un axe majeur de sa campagne de réélection. Le message était clair : pour retrouver les sommets, il fallait rappeler Mourinho. Le club madrilène a accepté de payer un package de compensation estimé à 13 millions de livres (environ 15 millions d’euros) à Benfica pour libérer le technicien portugais de son contrat.

La présentation officielle de Mourinho au Bernabeu est attendue mercredi, après l’annonce formelle de son départ par le club lisboète. Les derniers détails se sont réglés dans les salons feutrés d’un hôtel du centre de Madrid, où son agent Jorge Mendes a été aperçu en discussion avec le directeur général du Real Madrid, Jose Angel Sanchez, et le responsable du recrutement Juni Calafat. Les contours du nouveau projet se dessinent déjà.

Perez veut relancer une machine qui n’a plus remporté de grand trophée depuis deux saisons. Et il ne compte pas y aller à moitié. Un signal fort a été envoyé au marché : une offre de 150 millions d’euros pour Julian Alvarez, refusée par l’Atletico Madrid. Une tentative avortée, mais un message limpide. Le Real Madrid se prépare à une nouvelle ère de galactiques, et Mourinho arrive pour l’incarner.

Benfica rebondit aussitôt avec Marco Silva

Pendant que Madrid se prépare à dérouler le tapis rouge, Benfica a refusé de s’installer dans l’incertitude. Pas de vide, pas de transition interminable. Le club a déjà son nouveau visage sur le banc : Marco Silva.

L’ancien entraîneur de Fulham et du Sporting CP revient au pays avec une réputation consolidée en Premier League. Il a signé un contrat qui peut l’emmener jusqu’en 2029, preuve que Benfica voit en lui un projet à moyen terme, pas un simple intérim après le passage d’une star mondiale.

La mission est lourde. Prendre la suite d’un coach qui vient de boucler une campagne domestique sans défaite, ce n’est jamais anodin. Silva devra maintenir ce niveau d’exigence tout en s’attaquant au chantier majeur : combler l’écart avec le sommet du classement portugais, malgré cette troisième place qui laisse un goût mitigé compte tenu de l’invincibilité en championnat.

Benfica tourne la page Mourinho avec une rapidité qui dit beaucoup de son ambition. Mourinho, lui, retrouve un Bernabeu en attente de frissons, de titres et de conflits assumés. La scène est prête. Reste à savoir si ce deuxième acte madrilène aura la même puissance que le premier, ou s’il redessinera une fois encore l’équilibre des forces en Europe.