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John Martin défend son bilan à la FAI sur les accords d'agent

John Martin, aujourd’hui directeur du football à la FAI, ne recule pas d’un millimètre. Au cœur d’un examen de la FIFA sur des accords d’agent autour d’un jeune joueur de Shamrock Rovers, l’ancien CEO du club affirme avoir toujours agi dans l’intérêt exclusif des Hoops.

L’affaire a éclaté quand la mère du jeune attaquant Michael Noonan a déposé une plainte auprès de la Fédération anglaise au sujet d’accords d’agent le concernant. Shamrock Rovers a ensuite confirmé collaborer avec la FIFA pour revoir deux conventions. L’instance mondiale doit déterminer si ses propres règles ont été enfreintes.

Le club, lui, a pris soin de fixer le cadre dès février. Dans un communiqué, Shamrock Rovers assurait ne faire l’objet d’aucune enquête de la part de la FA, de la FAI ou de la FIFA, tout en confirmant travailler avec la FIFA sur ces deux accords d’agence. Le message insistait aussi sur un point sensible : la relation avec Noonan et sa famille, décrite comme « extrêmement forte » et intacte.

Au milieu de ce climat feutré mais tendu, Martin se retrouve naturellement sous les projecteurs. C’est lui qui, depuis Tallaght Stadium, pilotait le club au moment où ces accords ont été conclus. Désormais installé à la FAI, il revendique sans détour son bilan.

« Je suis vraiment à l’aise avec tout ce que j’ai fait à Rovers », a-t-il confié à RTÉ Sport lors d’un événement médiatique de la fédération.

Il évoque « une relation fantastique » avec de nombreuses figures influentes du club et répète avoir pris « chaque décision » à travers le prisme de l’intérêt supérieur de Shamrock Rovers.

Le discours est ferme, presque viscéral. Martin rappelle la masse de dossiers traités, les « centaines d’accords » signés, les « milliers d’e-mails » répondus. Il décrit un engagement total, presque sacrificiel : « J’ai donné ma vie pour ce travail… chaque goutte d’énergie, chaque heure de la journée. » Il se dit « fier » de tout ce qu’il a accompli et affirme ne jamais s’être écarté de ce qu’il pensait juste pour le club.

Reste que la procédure suit son cours, loin de lui. « Je sais que Rovers a renvoyé le dossier à la FIFA et qu’ils attendent des éclaircissements, a-t-il expliqué. À ma connaissance, rien n’est encore revenu de la FIFA. » Tant que la réponse n’est pas tombée, Martin se dit dans l’attente, presque en retrait. « Quand quelque chose reviendra, il y aura peut-être matière à discuter à ce moment-là. »

Il ne nie pas, toutefois, cette zone grise qui accompagne toute carrière de dirigeant. Il convoque ses « anciennes années dans le corporate » pour illustrer l’idée : avec le recul, il y a toujours des décisions que l’on referait « un peu différemment ». Sans entrer dans les détails des accords visés, il admet que, sur une palette large de dossiers, certains choix auraient pu être ajustés.

A-t-il commis une erreur spécifique dans la gestion de cet accord d’agent ? Là, Martin ne s’avance pas. « Je ne sais pas. Cela dépendra probablement de ce qui ressortira du processus de revue », glisse-t-il, rappelant que le dossier a été renvoyé par Rovers et que ce n’est pas à lui, dans ses fonctions actuelles, d’en juger. Pas question de préempter les conclusions de la FIFA.

Pendant que l’instance internationale épluche les documents, la FAI, elle, affiche une ligne claire : soutien total à son directeur du football. Son directeur général, David Courell, l’a déjà martelé sur RTÉ. Il juge Martin sur son action depuis son arrivée en septembre au sein de la fédération et décrit un dirigeant « fantastique », recruté pour ses qualités de leadership, sa connaissance du paysage footballistique, sa gestion des parties prenantes et sa vision du jeu.

Courell affirme avoir parlé du dossier avec Martin et se dit « satisfait » que ce dernier ait agi de bonne foi. La FAI, insiste-t-il, reste derrière son directeur du football.

Les regards se tournent donc vers Zurich et vers une réponse qui tarde. Quand la FIFA tranchera, ce ne sont pas seulement deux accords d’agent qui seront scrutés, mais aussi la manière dont un club phare du football irlandais et l’un de ses principaux architectes institutionnels auront navigué dans une zone où le réglementaire et l’humain se frôlent en permanence.