Ishan Kishan : l’année de tous les records en T20I
À Christchurch, jeudi, Ishan Kishan ne jouera pas seulement un premier T20I face à la Nouvelle-Zélande. Il s’avancera vers la crease avec un carnet de records ouverts devant lui, prêt à être réécrit coup après coup.
Le gaucher vit une année charnière dans le dispositif T20I de l’Inde. En 34 manches internationales sur ce format en 2024, il a empilé 1 158 points, moyenne de 37,35, cadence de 172,06, avec un cent et sept cinquantenaires. Des chiffres qui, déjà, racontent une prise de pouvoir. Mais le plus frappant, c’est ce qui peut encore venir.
À un souffle du record indien de Suryakumar Yadav
Le premier jalon est presque symbolique. Il ne lui manque que sept runs pour effacer la marque de Suryakumar Yadav, auteur de 1 164 runs T20I sur une année civile en 2022, record national. Sept petits points pour devenir, seul, le meilleur scoreur indien de l’histoire sur un calendrier.
Une frappe dans le gap, un coup de poignet au-dessus du infield, un slog sweep bien senti, et la barre peut tomber dès Christchurch. Dans une équipe qui a longtemps cherché son dynamiteur attitré en T20I, Kishan s’est imposé en accélérateur permanent.
À la poursuite de Mohammad Rizwan
L’horizon ne s’arrête pas aux frontières indiennes. Kishan vise aussi le sommet pour un batteur issu d’une nation de Test. Le standard actuel appartient à Mohammad Rizwan, auteur de 1 326 runs T20I en 2021. L’Indien en est à 1 158. Il lui manque 169 runs pour le dépasser, 139 pour simplement l’égaler.
Sur une série de cinq matches en Nouvelle-Zélande, puis trois autres contre le Sri Lanka en décembre, la cible n’a rien d’illusoire. Surtout avec un joueur qui, cette année, score vite, souvent, partout. Si le rythme se maintient, Rizwan ne sera plus seul sur son piédestal très longtemps.
Le cap des 2 000 runs en T20I à portée
Un autre chiffre clignote déjà sur les tableaux statistiques : 2 000. Kishan affiche 1 954 runs en T20I, en 66 rencontres, moyenne de 31,51, taux de frappe de 148,81, avec un cent et 13 cinquantenaires. Encore 46 runs, et il deviendra seulement le septième Indien à atteindre les 2 000 runs internationaux dans ce format.
Ce n’est pas le record le plus clinquant, mais il dit autre chose : la durée, la constance, la capacité à s’installer parmi les références. Pour un joueur longtemps perçu comme un pur dynamiteur de fin d’innings, cette bascule vers le rang des gros accumulateurs compte autant que les coups d’éclat.
L’immense défi des 2 000 runs sur une année civile en T20
Le chantier le plus ambitieux, lui, dépasse le cadre international. Toutes compétitions T20 confondues, Kishan a déjà compilé 1 760 runs en 49 matches en 2024, moyenne de 38,26, cadence supérieure à 175. Des chiffres bruts, massifs. Mais la vraie frontière se situe 240 runs plus loin.
Atteindre 2 000 runs T20 sur une année civile. Aucun Indien ne l’a encore fait. Seuls deux batteurs au monde ont franchi ce mur : Nicholas Pooran, auteur de 2 331 runs en 2024, et Mohammad Rizwan, 2 036 en 2021. Entrer dans ce cercle-là, c’est se hisser dans une caste très fermée, celle des hommes qui dominent le format sur douze mois pleins, franchise après franchise, série après série.
Avec cinq T20I en Nouvelle-Zélande, puis trois contre le Sri Lanka, Kishan dispose d’un calendrier taillé pour un sprint final. S’il enchaîne les départs rapides en tête d’ordre et prolonge ses manches, les 240 runs restants ne relèvent plus de l’utopie.
Un mois pour changer de dimension
Tout se joue maintenant. Entre Christchurch et la fin décembre, chaque apparition d’Ishan Kishan s’accompagnera d’un chiffre à surveiller, d’un compteur qui s’affole. Record indien, marque d’un batteur de nation de Test, cap des 2 000 runs en T20I, barrière mythique des 2 000 runs T20 sur une année civile : quatre lignes, quatre opportunités d’inscrire son nom un peu plus profondément dans les livres.
Reste une question, simple et tranchante : dans quelques semaines, parlera-t-on encore d’un joueur en pleine ascension, ou d’un homme qui a redéfini ce que peut être une année de T20 pour un batteur indien ?




