Isack Hadjar sous enquête FIA après incident à Austin
Isack Hadjar n’a pas seulement lutté avec sa Red Bull RB22 lors de la troisième séance d’essais libres du Grand Prix des États-Unis. Il a aussi déclenché une enquête des commissaires de la FIA après un incident tendu avec Alex Albon à l’entrée du premier virage du Circuit of The Americas.
T1, point d’embrasement
La scène se joue à l’approche du virage 1, cette rampe raide qui domine Austin. La Williams d’Alex Albon se trouve nettement hors de la trajectoire idéale. Hadjar arrive vite, trop vite. Il verrouille l’avant gauche, part tout droit et doit prendre une manœuvre d’évitement tardive.
Dans le cockpit, la pression explose immédiatement. « What the **** was he doing ? », lâche le Français à la radio, furieux, en accompagnant ses mots d’un geste de la main en direction d’Albon.
La colère ne retombe pas : « Just sleeping on the racing line », ajoute-t-il, tout en semblant tasser la Williams vers l’extérieur à la sortie du virage.
Cette séquence suffit à alerter les commissaires. L’incident est d’abord simplement noté, puis la direction de course annonce l’ouverture d’une enquête après la séance pour conduite potentiellement erratique de la part d’Hadjar.
Une séance déjà compliquée pour Hadjar
Même sans cet épisode, la FP3 d’Hadjar ressemblait à un long exercice de survie. Le Français ne trouve pas le mode d’emploi de la RB22 dans les enchaînements rapides des “esses”. À un moment, il peine même à garder la voiture dans les limites de la piste, signe évident d’un manque de confiance et de grip.
La radio se transforme alors en exutoire : « Ouais, maintenant vous devez vérifier le plancher », lance-t-il à son équipe Red Bull. « De toute façon, je ne sais pas où est ma voiture. Je ne sais pas ce qu’il se passe. »
Au chrono, le bilan reste mitigé : dixième temps de la séance, à une seconde pleine de son coéquipier Max Verstappen, vainqueur des Grands Prix de Bahrain, Malaysia et Singapore, qui termine, lui, deuxième de cette dernière heure d’essais.
Albon en difficulté, Williams en transition
De l’autre côté de l’incident, Alex Albon ne trouve pas davantage de réconfort. Le pilote Williams ne sort jamais vraiment la tête de l’eau et doit se contenter du 19e temps. Le week-end du United States Grand Prix s’annonce long pour l’écurie de Grove.
En toile de fond, le climat interne chez Williams reste agité. Avant ce rendez-vous, Carlos Sainz avait décrit une équipe en pleine mutation profonde en coulisses.
« Nous sommes en train de traverser des changements massifs à l’intérieur de l’équipe, et nous investissons ces neuf dernières courses de l’année pour nous challenger, pour changer des choses en plein milieu d’une saison de Formule 1 », expliquait l’Espagnol.
Le message est clair : la direction a décidé de bousculer les habitudes, quitte à sacrifier du temps au tour et du confort opérationnel sur certains week-ends. « C’est assez inconfortable parce qu’on change des choses même au milieu d’un week-end de F1, tu as l’impression de laisser du temps sur la table, ou d’en faire trop. Mais c’est avec l’intention de régler ce qui doit l’être sur une voiture avec laquelle il est très difficile de marquer des points, et de s’assurer qu’on sera prêts l’an prochain. »
Une enquête qui pèse sur la suite du week-end
Pour Hadjar, la journée se termine donc avec un double fardeau : une voiture récalcitrante et une enquête de la FIA qui plane sur son cas. Selon l’issue, la grille de départ pourrait s’en retrouver bousculée.
Reste à savoir si ce coup de sang à T1 ne marquera qu’une parenthèse nerveuse d’une séance compliquée, ou le premier vrai tournant d’un week-end texan déjà sous haute tension.




