Ipswich Town : retour en Premier League avec ambition
Ipswich Town replonge dans le grand bain de la Premier League samedi, avec Sunderland en premier visiteur à Portman Road. Nouveau cycle, nouveau banc, nouvelle équipe à moitié reconstruite. Et une idée fixe : rester en vie.
Un été de grands travaux
Depuis l’arrivée de Gary O'Neil pour succéder à Kieran McKenna, Ipswich a vécu un été à très haute fréquence. Le club s’est agité sur tous les fronts, empilant les signatures comme un promu déterminé à ne pas faire l’ascenseur.
Le maintien est l’objectif assumé. Après avoir vu Sunderland et Leeds non seulement survivre, mais s’installer avec autorité la saison passée, l’optimisme a clairement regagné Portman Road. Cette fois, l’ambition n’est pas seulement de tenir jusqu’en mai : c’est de s’ancrer.
Les trois promus ont attaqué le marché avec la même urgence : combler le fossé entre Championship et Premier League. Dépenser ne garantit rien, mais Ipswich et Coventry City ont déjà dépassé les 100 millions de livres, alors qu’il reste encore moins de deux semaines de mercato.
Ipswich, à lui seul, a déjà recruté 12 joueurs pour environ 150 millions de livres. Une somme comparable à celle investie il y a deux ans pour accéder à l’élite sous McKenna, mais avec une philosophie totalement différente.
Ipswich s’ouvre au monde
Cette fois, le club a ouvert grand son radar. Emersonn devient le premier Brésilien de l’histoire d’Ipswich Town, Sasa Lukic le premier joueur serbe, Daizen Maeda le premier Japonais. Le message est clair : le marché ne se limite plus aux divisions anglaises.
C’est exactement la voie empruntée par Sunderland l’été dernier. Sous la houlette de Regis Le Bris, les Black Cats ont signé 15 joueurs pour un total record de 161 millions de livres, transformant en profondeur tout l’effectif.
Nick Barnes, commentateur de BBC Radio Newcastle pour Sunderland, résume cette approche : le club a ciblé des joueurs largement méconnus en Europe et en Amérique du Sud, les recrutant pour environ 20 millions d’euros en moyenne, misant sur un travail de repérage minutieux et sur leur potentiel de valorisation.
Brian Brobbey, Noah Sadiki et Robin Roefs incarnent parfaitement ce pari réussi après leurs performances individuelles de la saison dernière.
Mélange d’exotisme et d’expérience
Ipswich s’en inspire. Emersonn arrive pour dynamiser l’attaque, Kayne van Oevelen pour sécuriser le poste de gardien. Mais O'Neil ne se contente pas de paris venus d’ailleurs : il a aussi réclamé du vécu Premier League.
Sasa Lukic débarque en même temps qu’Issa Diop. À eux deux, ils cumulent plus de 250 matches au plus haut niveau anglais. Florentino Luis, qui a disputé 31 rencontres avec Burnley la saison passée, rejoint également le milieu. Julio Enciso, passé par Brighton, revient lui à Portman Road, cette fois pour de bon.
Enciso signe définitivement, 18 mois après son premier passage en prêt, et devient co-recordman du transfert le plus cher du club aux côtés du milieu Abdoul Ouattara, arrivé de Strasbourg. Le montant combiné des deux opérations pourrait grimper jusqu’à 47,3 millions de livres. Deux joueurs que Gary O'Neil connaît bien pour les avoir dirigés en France.
Vers un mercato record ?
Avec un peu plus de dix jours encore ouverts sur ce marché estival, Ipswich flirte déjà avec les standards établis par Sunderland l’an passé. Même volume de recrues, même audace, et peut-être, au bout du compte, des dépenses encore plus élevées.
Portman Road s’apprête à découvrir ce nouvel Ipswich, cosmopolite, cher, ambitieux. Reste à savoir si ce grand pari sur le recrutement fera d’eux un simple invité de passage… ou le prochain promu à s’installer durablement parmi les grands.




