Inquiétudes pour l'Allemagne avant le Mondial : blessures de Karl et Neuer
À Chicago, la préparation de l’Allemagne pour le Mondial a brusquement changé de ton. Alors que la Mannschaft s’apprête à disputer samedi son dernier test face aux États-Unis, Julian Nagelsmann a reconnu que l’un de ses paris les plus audacieux, le jeune Karl, est désormais très incertain pour le tournoi.
L’attaquant de 18 ans s’est blessé à l’entraînement. Et le sélectionneur n’a pas cherché à minimiser la scène. « Pour être honnête, ça n’avait pas l’air bon. Il part à l’hôpital pour passer des examens », a-t-il confié devant la presse.
Pour l’instant, aucun détail n’a filtré sur la nature exacte de la blessure. Nagelsmann a insisté : l’équipe doit d’abord « digérer » ce coup dur, le joueur aussi, avant de prendre la moindre décision sur un éventuel remplaçant. Tout dépendra du diagnostic.
La tuile est lourde, car Karl incarnait l’une des belles histoires de cette sélection. Propulsé cette saison en Bundesliga avec Bayern Munich, il s’est imposé dans l’équipe championne d’Allemagne de Vincent Kompany, jusqu’à gagner sa place dans le groupe national. Dimanche, à Mainz, il avait fêté sa première titularisation avec l’Allemagne par une prestation pleine de culot lors du 4-0 face à la Finlande, ponctuée d’une passe décisive. Une ascension éclair stoppée net, au pire moment.
Pendant que le staff médical s’affaire autour du prodige, un autre dossier occupe l’esprit de Nagelsmann : celui de Manuel Neuer. Le gardien aux mains pleines de Coupes du monde et de titres ne sera pas prêt pour affronter les États-Unis. Le sélectionneur se veut toutefois optimiste pour la suite et espère le récupérer pour l’entrée en lice de l’Allemagne contre Curaçao, le 14 juin.
Le retour de Neuer en sélection reste l’un des grands feuilletons de ce Mondial. Sacré champion du monde en 2014, le portier avait annoncé sa retraite internationale il y a presque deux ans, avant d’être rappelé en mai pour ce tournoi. Un choix fort, assumé par Nagelsmann, qui compte sur l’expérience du vétéran.
« À son âge, il n’a pas besoin de phase d’échauffement, a expliqué le coach. Il sait gérer les situations de très haute pression. Il est en route vers sa meilleure forme. Mais on ne veut prendre aucun risque demain. »
Entre l’inquiétude autour de Karl et la gestion millimétrée du cas Neuer, l’Allemagne aborde son dernier match de préparation avec un mélange de promesses et de fragilité. La question est désormais simple, brutale : cette équipe, bâtie sur un équilibre entre jeunesse flamboyante et cadres revenus de loin, tiendra-t-elle le choc quand le Mondial s’ouvrira enfin ?



