Inde écrase Zimbabwe : Pratika Rawal brille au premier ODI
À Vadodara, l’Inde n’a pas seulement gagné. Elle a écrasé. Une victoire par neuf wickets, une poursuite réglée en 27,1 overs, et un message très clair envoyé dès le premier ODI de cette série en trois matches.
Au cœur de cette démonstration, un nom : Pratika Rawal. Un 100* en 96 balles, construit avec une assurance glaciale, sans jamais donner l’impression de forcer. À l’autre bout, Shafali Verma a transformé la fin de match en séance de frappe libre, 64* en 33 balles, une pluie de sixes pour refermer l’affaire. Zimbabwe, limité à 197 en 49,5 overs, n’a jamais semblé en mesure de défendre ce total.
Charani et Gaud allument la mèche
Zimbabwe avait pourtant choisi de battre sur une surface plate, pleine de promesses pour les frappeuses. Mais dès le troisième over, le plan s’est fissuré. Loryn Phiri a renvoyé une balle en retour, et Kranti Gaud s’est jetée en avant pour une prise plongeante impeccable. Première brèche.
L’Inde a ensuite offert des cadeaux. Richa Ghosh relâche Chipo Mugeri-Tiripano dans le même over. Quelques minutes plus tard, Deepti Sharma laisse filer Modester Mupachikwa au slip sur la débutante Jintimani Kalita. Zimbabwe s’en sort, vacillant mais debout, à 46 pour 1 après le Powerplay. Le score avance, lentement, sans jamais vraiment s’emballer.
Puis Shree Charani entre en scène. Et le match bascule.
Elle commence par un maiden. Une mise en jambe sèche. Son over suivant, premier ballon : Mugeri-Tiripano, piégée LBW. L’arbitre n’hésite pas. Zimbabwe recule. Charani enchaîne quatre overs d’affilée, étouffe le rythme, et fait tomber Modester Mupachikwa, qui rate un drive lofté et offre une prise simple à mid-off.
Quand Deepti fait attraper Sharne Mayers peu après, le tableau affiche 70 pour 4. L’Inde serre l’étau, les joueuses du Zimbabwe cherchent de l’air.
Biza résiste, Mavunga relance, puis l’effondrement
Au milieu des débris, Beloved Biza tient. Elle reconstruit patiemment, s’accroche, place ses coups sans excès de risque. Avec Nyasha Gwanzura, elle ajoute 43 runs précieux pour le cinquième wicket. Elle atteint son fifty, mérité, en tenant la baraque pendant que les partenaires défilent.
Plus tard, Michelle Mavunga tente de renverser la tendance. 29 en 23 balles, des frappes franches, un six plein champ par‑dessus midwicket sur Sayali Satghare. Zimbabwe retrouve un peu de souffle. L’Inde, elle, laisse filer une nouvelle chance : Kranti Gaud relâche Mavunga à deep midwicket sur 20. Une deuxième vie.
Elle ne durera pas longtemps. Charani revient, ajuste sa longueur, et Mavunga finit par trouver Kalita dans le champ. Ce wicket casse un partenariat de 40 runs et déclenche un véritable effondrement : trois wickets pour seulement trois runs.
Shafali piège la capitaine Nomvelo Sibanda LBW. Kranti fait tomber Biza, prise à mid-off après un 62 qui valait bien plus que son chiffre brut dans ce contexte. Le dernier pair grappille encore 14 runs, mais Deepti conclut en nettoyant les stumps de Tendai Makusha sur la dernière balle des 49,5 overs. Zimbabwe s’arrête à 197. Très loin de ce qu’il aurait fallu pour vraiment inquiéter cette Inde-là.
Pratika et Mandhana posent les bases
La réponse indienne est sans ménagement. Dès le premier over de la poursuite, le ton est donné : deux fours de Pratika, frappés avec autorité, champ ouvert, champs de force brisés d’entrée. À l’autre bout, Smriti Mandhana (32) trouve vite son timing, fluide, élégante, comme souvent.
Les deux ouvrent la manche comme on déroule un plan parfaitement répété à l’entraînement. Après 10 overs, le tableau est cruel : 72 sans perte. Le doute a déjà quitté le stade.
Pratika, agressive mais mesurée, profite d’une attaque zimbabwéenne qui manque de mordant. Elle est pourtant proche de la faute : une chance offerte à midwicket sur 45, mais la prise est manquée. Zimbabwe laisse passer l’une des très rares opportunités de la journée.
L’ouvreuse en profite. Son cinquante tombe en 54 balles, propre, structuré, presque clinique. Avec Mandhana, elle empile 94 runs pour le premier wicket. Mandhana finit par tomber, prise à long-on, mais le dégât est fait : l’Inde a la main, la marge, et le temps.
Le show Shafali, puis le cent de Pratika
À la sortie de Mandhana, Shafali Verma entre comme on appuie sur un accélérateur déjà enfoncé. Les premiers coups claquent, les cordes reculent, les défenseuses du Zimbabwe se dispersent.
Le moment clé arrive au 26e over. Shafali cible Chare et le transforme en survoltage offensif : trois sixes dans le même over, 20 runs avalés en un éclair. Son cinquante arrive en 29 balles. Les chiffres parlent, le spectacle aussi.
À l’autre bout, Pratika ne se laisse pas aspirer par la frénésie. Elle continue à construire, choisit ses coups, gère les rotations de strike. Le cent se rapproche, balle après balle. 27e over : un boundary, simple, propre, et la voilà sur son troisième cent en ODI. Les bras ne partent pas dans tous les sens, mais le symbole est fort. Une poursuite contrôlée de bout en bout, terminée sans qu’elle n’ait quitté le terrain.
La partnership avec Shafali atteint 106 runs, en seulement 70 balles. Les chiffres résument l’écart entre les deux équipes. L’Inde franchit la ligne avec 22,5 overs d’avance. Écrasant.
L’Inde mène désormais 1-0 dans cette série. Si le Zimbabwe veut revenir, il faudra plus qu’un sursaut : il faudra trouver un moyen de freiner Pratika, de contenir Shafali, et de percer ce noyau de lanceuses qui, avec Charani et Kranti en tête, vient de dicter sa loi. La question est simple : qui, dans ce Zimbabwe-là, peut vraiment répondre à ce niveau d’intensité sur 50 overs ?




