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Inde sous pression à la Billie Jean King Cup 2026

Le ciel de Delhi est resté bas, lourd, menaçant. Sur le court central du Delhi Lawn Tennis Association Stadium, la campagne 2026 de Billie Jean King Cup des Indiennes a commencé avec le même poids sur les épaules : sous pression, en retard, et déjà dos au mur.

Une averse tenace a d’abord repoussé le début de la rencontre face à la Thaïlande de près de trois heures. Quand la journée a enfin pu démarrer, l’Inde a immédiatement pris un coup derrière la tête.

Adkar, baptême du feu brutal

Pour sa grande première en Billie Jean King Cup, Vaishnavi Adkar, 383e mondiale, a découvert la dure loi de la compétition par équipes. En face, Anchisa Chanta, 456e au classement, mais bien plus à l’aise dans ces conditions lourdes, a imposé d’entrée un tennis déroutant, fait de frappes à deux mains des deux côtés.

Quatre jeux, et déjà 4-0 pour la Thaïlandaise. Adkar subit, recule, ne trouve ni longueur ni rythme. Le premier set s’échappe en 6-1, en 37 minutes à peine, avec une Chanta qui dicte l’échange, prend la balle tôt et enferme l’Indienne dans le fond du court.

La deuxième manche raconte au début une autre histoire. Adkar se libère, s’autorise enfin à lâcher le bras, arrache un break d’entrée et mène les débats. L’Inde respire, le banc se lève, le stade s’anime.

Mais l’embellie ne dure pas. Chanta serre le jeu, enchaîne quatre jeux de suite pour renverser la situation à 4-1. La Thaïlandaise ne lâche plus l’emprise, verrouille la fin de match et s’impose 6-1, 6-3 en 1 h 13. La Thaïlande mène 1-0, et l’Inde se retrouve déjà sous tension.

Yamalapalli relance, la pluie interrompt

Le deuxième simple change de décor et de physionomie. Place à l’expérience de Patcharin Cheapchandej face à la puissance de fond de court de Sahaja Yamalapalli.

La Thaïlandaise, plus rodée, prend le meilleur départ. Elle empoche le premier set 6-4, profitant des fautes directes de l’Indienne dans les moments clés. Mais Yamalapalli refuse le scénario d’un naufrage express. Elle hausse le ton, corrige sa longueur de balle, impose enfin son poids de frappe. Le deuxième set tourne à sens unique : 6-1 pour l’Indienne, qui remet la rencontre dans une forme d’équilibre.

La manche décisive est accrochée, nerveuse. Cheapchandej prend les devants, 4-3, service à suivre, quand le ciel se referme encore. La pluie revient, cette fois pour de bon. Match suspendu, à reprendre mercredi matin. L’Inde reste menée 1-0, mais garde une vraie carte à jouer pour recoller.

Derrière, le double doit suivre : le duo Rutuja Bhosale / Ankita Raina est annoncé face à Thasaporn Naklo et Peangtarn Plipuech. Un point potentiellement vital dans une poule où chaque set peut peser lourd d’ici samedi.

L’Asie-Océanie se met en place

Pendant que Delhi bataillait avec les éléments, le reste du groupe Asia-Oceania Group I a déjà donné le ton.

La République de Corée n’a pas traîné. Face à la modeste Mongolie, les Coréennes ont signé un 3-0 sans concéder le moindre jeu, en simple comme en double. Une démonstration nette, presque cruelle, qui installe d’emblée la Corée comme référence de la semaine.

L’Indonésie, elle, s’appuie sur sa tête d’affiche. Janice Tjen, 41e mondiale, la joueuse la mieux classée du plateau, a tenu son rang avec autorité face à Monique Barry, 6-3, 6-1. Avant elle, Priska Madelyn Nugroho avait déjà lancé la journée en dominant Aishi Das 6-4, 6-1. L’Indonésie mène 2-0 contre la Nouvelle-Zélande, le double Barry / Erin Routliffe – Nugroho / Aldila Sutjiadi ayant été stoppé à 1-1 par la pluie. Reprise, là aussi, mercredi matin.

Six équipes, un format toutes-contre-toutes jusqu’à samedi, deux tickets seulement pour la phase suivante. Chaque interruption, chaque reprise, chaque point pèse un peu plus lourd.

L’ombre de 2023, la pression de 2026

L’Inde connaît le chemin. L’an passé, à Pune, au Mahalunge Balewadi Tennis Complex, elle avait accueilli pour la première fois cette phase Asia/Oceania Group I. Les Indiennes avaient fini deuxièmes derrière la Nouvelle-Zélande, validant leur place en playoffs de Billie Jean King Cup. L’aventure s’était arrêtée là, sur des défaites face aux Pays-Bas et à la Slovénie.

Cette fois, le décor a changé, pas l’ambition. À domicile de nouveau, l’Inde vise encore ces deux premières places. Mais après un premier simple perdu et un deuxième suspendu, la marge d’erreur se réduit déjà.

Mercredi, le programme s’annonce dense : reprise de Cheapchandej – Yamalapalli, double décisif face à la Thaïlande, pendant que la Thaïlande enchaînera ensuite avec la République de Corée et que l’Indonésie défiera la Mongolie. L’Inde, elle, aura rapidement rendez-vous avec la Nouvelle-Zélande pour un duel qui pourrait déjà valoir très cher.

Sous ce ciel capricieux de Delhi, une question s’impose : cette équipe indienne saura-t-elle transformer ces débuts contrariés en véritable campagne de rattrapage, ou laissera-t-elle filer une nouvelle occasion d’installer durablement sa place dans le gratin de la Billie Jean King Cup ?

Inde sous pression à la Billie Jean King Cup 2026