Harry Kane : ascension vers les sommets de la Coupe du monde
Harry Kane n’a pas seulement envoyé l’Angleterre en quarts de finale. À Mexico City Stadium, son penalty face au Mexique l’a propulsé dans un panthéon très fermé : celui des meilleurs buteurs de l’histoire de la Coupe du monde.
Un ballon posé à onze mètres, un stade sous tension, un gardien qui tente de le déstabiliser. Kane ne cille pas. Frappe sèche, filets qui tremblent, victoire 3-2 contre El Tri et billet pour les quarts à Miami face à la Norvège. Mais derrière ce but décisif, il y a une ligne de plus dans l’histoire du tournoi.
Avec ce penalty, l’attaquant du Bayern Munich a inscrit son 14e but en Coupe du monde. Il rejoint ainsi Gerd Müller à la cinquième place du classement des buteurs all-time. Même total, même froideur devant le but, et une impression très nette : l’Anglais n’a pas l’intention de s’arrêter là.
Kane, machine à records
Son parcours mondial commence à ressembler à un catalogue de statistiques. Six buts en 2018, couronnés par un Soulier d’or. Deux réalisations au Qatar en 2022. Six nouveaux buts déjà lors de ce tournoi nord-américain. Total : 14.
Cette série l’a déjà propulsé devant quelques géants du jeu. Cristiano Ronaldo et Jürgen Klinsmann restent bloqués à 11 buts. Pelé à 12. Just Fontaine, légende absolue de 1958 avec ses 13 buts en une seule édition, est désormais dépassé d’une unité. Le penalty contre le Mexique a justement permis à Kane de laisser le Français derrière lui.
Et ce n’est pas tout. Sur le plan national, il a effacé Gary Lineker des tablettes en devenant le meilleur buteur anglais en Coupe du monde, au-delà des dix buts de l’ancien numéro 10. Il a aussi établi un nouveau record de capes avec le brassard des Three Lions, dépassant les 90 sélections de Bobby Moore et Billy Wright contre la RD Congo, avant de porter ce total à 92 face au Mexique.
Une course folle au sommet
Le sommet, justement, est en train de changer de visage. La hiérarchie des buteurs historiques a été bousculée ces dernières semaines. Lionel Messi et Kylian Mbappe ont tous deux dépassé Miroslav Klose, longtemps maître incontesté du classement.
Le tableau est désormais saisissant :
- Lionel Messi – 21 buts
- Kylian Mbappe – 20 buts
- Miroslav Klose – 16 buts
- Ronaldo – 15 buts
- Gerd Müller – 14 buts
- Harry Kane – 14 buts
- Just Fontaine – 13 buts
- Pelé – 12 buts
- Sándor Kocsis – 11 buts
- Jürgen Klinsmann – 11 buts
- Cristiano Ronaldo – 11 buts
Messi, 39 ans, en est à 21 buts en six tournois, deux décennies après sa première apparition sur la scène mondiale. Mbappe, lui, a déjà atteint 20 buts et a inscrit huit réalisations sur cette édition, tout comme l’Argentin. Les deux dominent actuellement la course au Soulier d’or, talonnés par Erling Haaland et Kane.
L’Anglais, avec ses six buts, pointe au quatrième rang de ce classement individuel. Mais son impact dépasse largement cette simple course statistique. Il s’inscrit dans un bras de fer générationnel où chaque match réécrit la légende de la Coupe du monde.
Un quart à Miami, et des légendes en ligne de mire
La prochaine étape se jouera à Miami, face à la Norvège d’Erling Haaland. Un quart de finale, une affiche rugueuse, et pour Kane une opportunité immense. Car devant lui, la route vers deux autres monuments est désormais dégagée.
Ronaldo, héros du sacre brésilien en 2002 avec ses huit buts sur le tournoi, ne le devance plus que d’une longueur, avec 15 réalisations au total. Miroslav Klose, longtemps recordman absolu, n’est qu’à deux unités, à 16. Deux noms qui ont longtemps semblé intouchables, aujourd’hui à portée de frappe.
Kane a lancé sa campagne nord-américaine avec un doublé contre la Croatie, a enchaîné avec un but face au Panama, un nouveau doublé décisif contre la RD Congo, puis ce penalty crucial contre le pays coorganisateur. Une cadence de buteur en mission, dans une équipe qui vit clairement à son rythme.
Reste une question, simple et brutale : jusqu’où peut-il grimper dans cette Coupe du monde qui redessine tous les records ? La réponse se jouera dans la chaleur de Miami, face à la Norvège. Et chaque ballon qui tombera dans les pieds de Harry Kane aura désormais un parfum d’histoire.




