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Haaland fait tomber le Brésil : la Norvège frappe à la 79e

Sous l’humidité étouffante du New Jersey, le Brésil a vacillé. Longtemps accroché à son plan prudent, presque méfiant, le onze d’Ancelotti a fini par céder devant l’inévitable : Erling Haaland. Un but à la 79e minute, une frappe qui glace un stade déjà agacé, et une Norvège patiente qui renverse le géant sud-américain.

Score final : Brazil 0-1 Norway.

Un Brésil qui recule, un public qui gronde

Dès la première période, le ton est donné. La Norvège tient le ballon, le Brésil recule. Les Scandinaves monopolisent la possession – autour de 60 % – sans pour autant assiéger Alisson. Ils construisent, perdent, reconstruisent. Ils “contrôlent” le match sans vraiment le mordre.

En face, le Brésil joue en contre. Casemiro intercepte, Vini Jr. accélère, Martinelli plonge dans la profondeur. À la 31e minute, l’ailier d’Arsenal déborde et centre fort devant le but : Nyland sort une parade au pied, soulagé de voir le ballon filer à côté. Quelques minutes plus tard, Vini s’échappe encore, mais pousse trop loin et laisse filer en sortie de but.

Les transitions brésiliennes font mal, les tribunes se lèvent… puis retombent. Car le plan d’Ancelotti reste clair : bloc médian, gestion, patience. Trop pour un public qui est venu voir du “jogo bonito”, pas du contrôle clinique. À mesure que la mi-temps approche, les sifflets descendent des tribunes. Le Brésil temporise, la Norvège bafouille. Personne ne semble vraiment assumer le costume du favori.

Pénalty manqué, but refusé : une première période à l’envers

Le match bascule une première fois sur un point de penalty. Bruno Guimarães se présente, avec la possibilité de lancer le Brésil. Il frappe… et manque. Selon la diffusion, il devient le premier Brésilien à rater un penalty en Coupe du monde depuis 1986. Un symbole lourd, dans un match où la Seleção peine déjà à imposer sa loi.

La Norvège croit répondre immédiatement. Un ballon au fond, un stade surpris… mais le but est refusé. Le score reste figé à 0-0, comme si les deux équipes se refusaient à prendre vraiment le risque d’ouvrir la rencontre.

Juste avant la pause, la Norvège se réveille enfin. Haaland provoque la panique dans la surface, le ballon revient sur Odegaard, qui a le temps d’armer. Sa frappe manque de conviction, Alisson se détend et sauve. Une occasion nette, gâchée par un manque de tranchant. Mi-temps : Brazil 0-0 Norway, un penalty raté d’un côté, un but refusé de l’autre, et un stade partagé entre frustration et perplexité.

Humidité, hésitations et un match qui traîne

Le retour des vestiaires ne change pas immédiatement la physionomie. Leander Schaerlaeckens, dans les tribunes, parle d’un match “étrangement rythmé”, comme si aucune des deux équipes ne savait vraiment ce qu’elle voulait tirer de cette rencontre. L’image colle parfaitement.

La Norvège tente de corriger le tir. Bobb et Schjelderup entrent à la pause pour apporter plus de justesse que Nusa et Sorloth, généreux mais brouillons. Bobb tourne en rond balle au pied, littéralement, sans trouver la faille. La Norvège continue de faire circuler, mais attaque peu, ou mal.

Le Brésil, lui, reste bas. Les contre-attaques existent, mais se raréfient. Vini Jr. obtient un corner après une nouvelle incursion, sans suite. Les passes vers l’avant se font plus rares, les risques aussi. À ce moment-là, ce sont surtout les gardiens qui tiennent le match : Alisson solide, Nyland impeccable dans ses sorties.

Endrick manque le tournant, Neymar entre, le doute s’installe

À l’heure de jeu, Ancelotti tente un premier coup : Endrick remplace Cunha. Et le gamin a immédiatement la balle du 1-0 au bout du pied. Lançé par une merveille de passe de Vini, extérieur du pied, il file seul. Le but semble ouvert. Il croise… à côté. Occasion énorme. Occasion gâchée.

La punition ne tombe pas tout de suite, mais le match vient de basculer psychologiquement. Le Brésil a laissé passer une balle de break dans un match fermé. La Norvège, elle, sent que le danger existe surtout dans son dos, et ralentit encore le tempo, au point de presque l’étouffer.

Puis un nom s’affiche : Neymar. Le public gronde, se réveille enfin. Il remplace Martinelli. L’idée est claire : débloquer un match verrouillé, apporter un geste, une inspiration. Le scénario rêvé se dessine dans les têtes : un coup franc en lucarne à la 94e, une frappe lointaine, quelque chose. Mais le terrain raconte autre chose. Le Brésil ne parvient pas à installer une domination durable, Neymar touche quelques ballons, sans renverser l’équilibre.

La Norvège serre le jeu… puis frappe

Les minutes filent, la Norvège ralentit le jeu jusqu’à la limite. Chaque touche semble durer une éternité. On dirait une équipe qui joue déjà pour la prolongation, voire les tirs au but. Un choix audacieux face à un Brésil qui, même timide, aligne Vini, Neymar, Endrick.

Et puis, le masque tombe.

Après une première alerte – Haaland qui tient son défenseur dans le dos et sert Schjelderup, dont le tir est repoussé par Alisson au premier poteau – la Norvège commence enfin à attaquer avec conviction. Les centres arrivent, les courses se multiplient. Haaland se montre plus souvent, se bat sur chaque ballon. Le Brésil, qui donnait l’impression de “faire le rope-a-dope”, commence à accuser le coup physiquement.

La pression finit par se matérialiser au tableau d’affichage. À la 79e minute, Haaland trouve enfin l’ouverture et marque. Qui d’autre ? Le buteur de Manchester City, discret et frustré une grande partie de l’après-midi, punit une défense brésilienne qui avait jusque-là contenu sans vraiment dominer. Le stade se fige. Les Norvégiens, eux, exultent.

Ancelotti joue la carte Ederson, trop tard

Dans la foulée du but, un changement étonnant : Ederson remplace Bruno Guimarães. Un gardien pour un milieu. Un signal clair : le staff brésilien pense déjà aux tirs au but, ou veut un jeu au pied plus long, plus direct, pour les dernières minutes. Mais la Norvège, désormais en tête, ne laisse plus grand-chose.

Les Scandinaves gèrent chaque seconde. Ils cassent le rythme, ferment les espaces, coupent les contre-attaques à la source. Le Brésil tente quelques dernières accélérations, mais rien de réellement clair ne se présente. Nyland, impérial jusque-là, ne tremble pas.

Le coup de sifflet final tombe sur une sensation étrange : le Brésil n’a jamais vraiment lâché les chevaux. La Norvège, elle, a longtemps joué avec le frein à main avant de faire confiance à son meilleur joueur pour trancher.

La question reste en suspens, lourde : combien de temps encore la Seleção acceptera-t-elle d’être une équipe de gestion, de calcul, quand son ADN réclame du risque, de la création, du déséquilibre ? Parce qu’un soir humide dans le New Jersey, en laissant le tempo s’éteindre, elle a offert à Erling Haaland exactement ce qu’il lui fallait : un moment, un seul, pour tout faire basculer.