RDC Sport

Gianluca Prestianni et sa suspension au Mondial de l'Argentine

Le dossier Gianluca Prestianni s’invite déjà dans le Mondial de l’Argentine. Et l’ailier de Benfica risque d’y laisser une trace pour de mauvaises raisons.

Le jeune gaucher de 20 ans manquera les deux premiers matches de l’Albiceleste à la Coupe du monde s’il figure dans la liste de Lionel Scaloni. La raison : sa suspension, infligée après des insultes homophobes adressées à Vinicius Jr en Ligue des champions, vient d’être étendue à l’échelle planétaire.

Une sanction locale devenue mondiale

Tout est parti de cette soirée de février, en Ligue des champions, face au Real Madrid. Dans la tension du duel, Gianluca Prestianni reconnaît avoir tenu des propos homophobes envers Vinicius Jr. L’UEFA ne laisse rien passer : six matches de suspension tombent le mois dernier.

Le détail de la peine est précis. Le joueur a déjà purgé un match à titre provisoire. Deux rencontres supplémentaires sont désormais fermes. Les trois autres restent en sursis pendant deux ans, comme une épée de Damoclès au-dessus de sa carrière européenne.

La bascule intervient lorsque la FIFA valide la demande de l’UEFA : la sanction ne concerne plus seulement les compétitions européennes, elle s’applique désormais dans le monde entier. Résultat concret : si Scaloni l’appelle, Prestianni regardera depuis les tribunes les deux premiers matches de l’Argentine au Mondial.

Vinicius, accusations et lignes rouges

L’affaire aurait pu être encore plus lourde. Vinicius Jr avait d’abord accusé Prestianni de l’avoir insulté de manière raciste. L’Argentin a nié ces propos-là. Les instances n’ont finalement retenu que les insultes homophobes.

Un point de règlement pèse en toile de fond : en cas de propos racistes avérés, le minimum en compétition européenne grimpe à dix matches de suspension. Prestianni échappe à cette barre symbolique, mais le signal envoyé par les instances reste clair. Le terrain n’est plus un refuge pour ce type de dérives.

Une carrière internationale déjà freinée

Sur la scène internationale, la trajectoire de Prestianni ne fait que commencer. Une seule cape avec l’Argentine, lors d’un amical face à l’Angola en novembre 2025. Une convocation en mars, sans la moindre minute de jeu sur les deux matches amicaux.

Le Mondial devait marquer une étape. Il pourrait se transformer en casse-tête pour Scaloni. Appeler un joueur suspendu deux matches, c’est immobiliser une place dans un groupe réduit, dans une compétition où chaque choix compte. Ne pas l’appeler, c’est repousser le problème à plus tard.

Car la sanction suivra le joueur. S’il n’est pas retenu avec l’Argentine, Prestianni purgera ses matches de suspension la saison prochaine, en Ligue des champions ou en Ligue Europa, selon le parcours européen de Benfica, encore en lutte pour sa qualification.

Benfica, l’Argentine et un futur sous surveillance

Pour Benfica, l’affaire dépasse le simple cadre disciplinaire. Le club portugais pourrait se retrouver privé de son ailier sur des affiches européennes cruciales la saison prochaine. Pour un joueur de 20 ans, déjà exposé aux projecteurs, ce genre de tache ne s’efface pas facilement.

Pour l’Argentine, la question est désormais sportive autant que symbolique : prendre le risque d’emmener un joueur indisponible deux rencontres dans une Coupe du monde où chaque minute compte, ou trancher net et laisser la sanction se jouer sur la scène européenne.

Dans un football qui resserre enfin l’étau autour des propos discriminatoires, la trajectoire de Gianluca Prestianni vient de se compliquer. Reste à savoir si ce coup d’arrêt servira de leçon… ou de premier avertissement dans une carrière encore à construire.