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Le Ghana s’effondre face à la Gambie : un ministre demande la dissolution des Black Stars

Le choc de la soirée n’est pas venu seulement du terrain de l’Accra Sports Stadium. Il est venu d’un homme politique, excédé, qui a décidé de dire tout haut ce que beaucoup murmurent depuis des mois. Après la déroute des Black Stars face à la Gambie (4-2) en qualifications de la Coupe d’Afrique des nations 2027, Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, a appelé à rien de moins qu’à la dissolution de l’équipe nationale et de la Ghana Football Association.

Sur la pelouse, le scénario a viré au cauchemar. Le Ghana menait 2-0. Le stade vibrait, persuadé d’assister enfin à un match référence après des mois de désillusions. Ernest Nuamah ouvre le score sur penalty, Felix Afena-Gyan double la mise. En quelques minutes, les Black Stars semblent avoir retrouvé leur rang, leur confiance, leur autorité.

Puis tout s’est effrité.

La Gambie réagit avant la pause, réduit l’écart, puis revient des vestiaires avec une conviction que le Ghana n’affiche plus. Les visiteurs égalisent, puis renversent totalement la rencontre. Quatre buts encaissés, une avance de deux buts dilapidée, et un Accra Sports Stadium médusé. Le coup de sifflet final tombe comme une sentence : deuxième défaite en deux matchs de qualifications, zéro point dans le groupe C, et une équipe qui ne sait plus gagner.

Le contexte rend ce revers encore plus lourd. Les Black Stars sortent déjà d’une non-qualification pour la CAN 2025 au Maroc, un échec vécu comme une humiliation nationale. Leur campagne pour 2027 devait être celle du rachat. Elle ressemble pour l’instant à une chute libre. Le premier match, perdu 2-0 contre la Côte d’Ivoire, avait déjà allumé toutes les alarmes. Cette défaite face à la Gambie les fait hurler.

Sur les réseaux sociaux, la colère explose. Sur X, Samuel Nartey George, également député de Ningo-Prampram, ne tourne pas autour du pot. Il réclame un grand ménage, sans compromis. « Disband the team. Sack the FA. Let FIFA ban us for two years. Take the time to properly rebuild the team. Truth hurts, but the patchwork is worse. Cheers », écrit-il. Une tirade brutale, assumée, qui vise autant les joueurs que les dirigeants.

Derrière cette sortie, une idée radicale : accepter une suspension éventuelle de la FIFA, prendre deux années de recul, repartir d’une feuille blanche. Pour lui, le bricolage permanent a assez duré. Le message frappe fort, dans un pays où le football reste un marqueur d’identité et de fierté collective. Quand un ministre en arrive à souhaiter une mise à l’écart internationale pour tout reconstruire, c’est que la confiance dans le système s’est fissurée jusqu’à la base.

Sur le plan sportif, le Ghana se retrouve déjà dos au mur dans ces qualifications. Deux matchs, deux défaites, une défense friable, une incapacité à gérer un avantage confortable. La Gambie, elle, repart avec trois points précieux et la sensation d’avoir exposé toutes les failles d’un géant en crise.

La suite arrive très vite. Les Black Stars doivent affronter la Somalie lors de leurs prochaines rencontres de qualification pour la CAN 2027, coorganisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Sur le papier, un adversaire abordable. Dans la réalité actuelle, un piège total.

Car la vraie question n’est plus seulement de savoir si le Ghana ira à la CAN 2027. Elle est plus brutale : ce groupe, cette fédération, ce projet ont-ils encore la moindre crédibilité pour y conduire le pays ?