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Fabregas prévient : « Il nous faudra le match parfait » à Frosinone

Cesc Fabregas refuse les mirages. Alors que Como 1907 a traversé les divisions à une vitesse folle pour se retrouver en Ligue des champions trois ans seulement après la Serie B, son entraîneur ramène tout le monde sur terre avant un déplacement piégé à Frosinone, dimanche à 14h (heure britannique), 15h (CEST), au Stadio Benito Stirpe.

Le club lombard intrigue, fascine, dérange parfois. Les résultats ont explosé, les attentes aussi. Fabregas, lui, casse immédiatement l’emballement.

« Roma–Inter, les deux plus fortes équipes d’Italie »

Interrogé en conférence de presse sur le choc pour le Scudetto entre Roma et Inter, et sur l’idée de voir Como se mêler à cette lutte, l’Espagnol n’a pas laissé planer le moindre doute.

« À mes yeux, ce sont les deux équipes les plus fortes d’Italie. Je vais regarder le match parce que j’aime le football et que je pense que ce sera une rencontre incroyable, pas parce qu’elles sont nos concurrentes directes au classement », a-t-il posé, d’un ton net.

On lui parle de projet, de modèle, de comparaison avec le travail de Johan Cruyff au Barça. Il coupe court.

« Je suis très loin de beaucoup d’entraîneurs, et encore plus de lui. José Mourinho a dit qu’il y a des entraîneurs qui ont gagné des titres et d’autres qui n’ont rien gagné. Je fais partie de la deuxième catégorie. »

Phrase sèche, assumée. Puis il recentre tout sur le club.

« Le plus important, c’est Como, pas moi. Je suis dans ce projet et je donne tout. La clé pour un entraîneur, c’est le temps de travail, et je pense que cette équipe a énormément progressé ces deux dernières années. Si nous pouvons continuer avec ce même groupe pendant deux, quatre, cinq ans, alors nous pourrons vraiment faire quelque chose. Mais si on change tous les six mois, c’est difficile. »

Frosinone, « l’un des cinq matches les plus difficiles de la saison »

Pas question donc de se projeter sur les sommets du classement alors qu’arrive un adversaire en pleine bourre. Promu cet été, Frosinone reste sur deux victoires et un nul lors de ses trois dernières rencontres. Fabregas n’a pas besoin de forcer le trait pour sonner l’alarme.

« Ça va être l’un des cinq matches les plus difficiles de notre saison en Serie A », prévient-il.

Le compliment ne s’arrête pas là. L’Espagnol a disséqué le jeu de l’équipe de Massimiliano Alvini et en parle avec un vrai respect.

« Frosinone est en grande forme. En les regardant, je vois 11 amis qui donnent tout les uns pour les autres, ils jouent avec courage et vers l’avant. Il nous faudra une performance parfaite et j’ai vraiment pris du plaisir à voir l’équipe de Massimiliano Alvini à l’œuvre.

Ils ont une grande fluidité et un état d’esprit très positif, c’est un vrai danger pour n’importe quel adversaire. Si nous voulons gagner, il nous faudra notre meilleure performance de la saison. »

Le message est clair : oubliez les affiches pour le titre, le piège du week-end est à Frosinone.

Effectif au complet, duel dans les buts

Une bonne nouvelle tout de même pour Como : pour la première fois de la saison, Fabregas dispose d’un groupe au complet. Jayden Addai fait son retour sur le banc après une lourde blessure, une rupture du tendon d’Achille qui l’avait éloigné des terrains.

Ce retour élargit les options offensives, mais le vrai casse-tête se situe derrière, dans le but. Fabregas doit trancher entre le gardien installé, Jean Butez, et la recrue estivale Robert Sanchez, prêté par Chelsea.

« Sanchez arrive d’un club très important, il a gagné des trophées et sait gérer la pression constante de devoir gagner, explique le coach. Nous ne nous attendions pas à ce qu’il vienne ici, mais c’est important que chaque joueur puisse se reposer, même les gardiens. Le dernier match, c’était la première fois en un an et demi que Butez ne débutait pas.

C’était un test, nous prendrons les choses match après match et nous verrons ce qui se passera. »

Entre un promu en confiance, un Como observé à la loupe et un entraîneur qui réclame « le match parfait », la rencontre au Benito Stirpe ressemble déjà à un révélateur. À Frosinone, Como jouera bien plus qu’un simple week-end de championnat : une part de sa crédibilité dans une saison où tout le monde se demande jusqu’où ce projet peut aller.