RDC Sport

Exeter privé de ses internationaux : Matt Taylor face à Bristol Rovers

Matt Taylor n’a pas pris de gants. À l’heure d’aborder un déplacement déjà délicat à Bristol Rovers samedi (15h, heure locale), l’entraîneur d’Exeter City doit se passer de deux titulaires indiscutables, happés par la trêve internationale, alors que la League Two, elle, ne s’arrête pas.

Vincent Harper, latéral en vue depuis le début de saison, a été appelé avec le Kenya. Ed James, lui, rejoint la sélection galloise des moins de 21 ans. Résultat : les deux défenseurs manqueront « les prochains matches », à commencer par ce voyage à Bristol.

Pour Taylor, le coup est rude.

« C’est un gros coup pour nous », a-t-il confié à BBC Radio Devon. Deux joueurs majeurs, deux joueurs de départ. Son plan de jeu doit être recomposé en urgence. « On va devoir réorganiser pas mal de choses », admet-il.

Harper a débuté six des sept rencontres de championnat. James, lui, n’a quasiment pas quitté la pelouse : présent à chaque match, il n’a manqué qu’11 minutes depuis le lancement de la saison. Les perdre tous les deux d’un coup, c’est arracher la colonne vertébrale défensive d’une équipe déjà en difficulté.

Car Exeter n’est pas dans un bon moment. Cinq matches de League Two sans victoire. Seulement deux buts marqués sur cette période : un lors du nul 1-1 à Barnet le 1er septembre, l’autre dans une défaite 2-1 à York City une semaine plus tôt. Dans ce contexte, chaque absence pèse double.

La frustration de Taylor se nourrit aussi du règlement. La Premier League et le Championship sont à l’arrêt pendant cette trêve internationale, prolongée d’une semaine, mais les clubs de League One et League Two continuent de jouer. Et le texte de l’EFL est clair : un match ne peut être reporté que si au moins trois joueurs sont retenus en sélection.

Exeter n’en a « que » deux. Et doit donc jouer.

Taylor estime pourtant que le principe est bancal. Selon lui, un club touché par des convocations devrait pouvoir demander le report, quel que soit le nombre de joueurs concernés. Il sait aussi ce que cela impliquerait : un calendrier compressé, des semaines à trois matches, une usure accrue des effectifs.

« Certaines équipes seront affaiblies, d’autres renforcées », souligne-t-il. Exeter se range clairement dans la première catégorie. « On se sent plus faibles en ce moment, sans que ce soit de notre fait, donc c’est difficile pour moi d’aller contre ça. »

Le technicien va plus loin dans sa réflexion. Il plaide pour une trêve uniforme : « Ça devrait être deux week-ends sans matches pour tout le monde. » Puis il nuance aussitôt, conscient du revers de la médaille : si les rencontres sont empilées plus tard, l’impact physique sur le groupe peut devenir lourd, surtout pour une formation qui ne dispose pas d’un banc pléthorique.

Cette asymétrie le dérange.

« Le championnat devient un peu déséquilibré », constate-t-il. Certaines équipes aligneront leur onze type, d’autres non. Exeter fait partie de celles qui devront bricoler. Et l’incertitude ne s’arrête pas là : « On a un autre joueur en attente de convocation, donc on ne sait pas encore ce qui peut se passer la semaine suivante. »

Au cœur de ce casse-tête, une certitude pour Taylor : il aurait voulu voyager à Bristol avec toutes ses armes.

« J’aurais préféré avoir Ed et Vinny disponibles pour Bristol Rovers à l’extérieur », lâche-t-il, lucide.

Entre une série sans victoire, une attaque en panne et une défense décimée par les sélections, Exeter aborde ce rendez-vous avec un handicap évident. Reste à savoir si ce sentiment d’injustice se transformera en énergie de révolte… ou en nouveau coup d’arrêt dans une saison déjà sous tension.