Everton puni à Stuttgart : un réalisme préoccupant avant la saison
Everton termine sa tournée allemande avec une défaite qui fait grincer des dents. Battus 3-1 par le VfB Stuttgart au MHPArena, les Blues ont livré un match paradoxal : séduisants par séquences, catastrophiques dans les zones décisives. Une rencontre amicale, oui. Mais un avertissement très sérieux.
Une entame subie, puis des occasions à la pelle
Porté par son public, Stuttgart prend immédiatement la main. Everton court après le ballon, Jarrad Branthwaite doit déjà couper une action brûlante avant que Beto ne s’arrache sur une première percée… gâchée par un dernier contrôle trop long.
La défense des Toffees plie encore : O'Brien concède un corner, la frappe allemande file juste à côté depuis un angle fermé. Dibling tente bien une montée de balle, sans conviction. Hayden Hackney, lui, force une passe vers l’avant qui n’existe pas et offre une nouvelle transition aux locaux.
Au bout de dix minutes, Everton commence pourtant à respirer. Le pressing fonctionne mieux, les récupérations se multiplient. Le gardien de Stuttgart offre même un cadeau à Alcaraz, mais Beto, servi derrière, expédie sa tentative loin du cadre. Les ballons sont gagnés, aussitôt reperdus. Le contraste est brutal.
Puis la première vraie alerte offensive anglaise : une belle séquence de passes, Hackney se met en position et croise trop sa frappe, à quelques centimètres du cadre. Le signe d’un match qui peut basculer. Il bascule… mais pas du bon côté.
Stuttgart, qui menace depuis le coup d’envoi, frappe enfin. Nartey récupère et déclenche une frappe sèche, sous la barre, au-dessus de Travers, impuissant. 1-0, sanction immédiate.
Travers sauve la baraque, Beto ruine les efforts
Premier coup dur supplémentaire pour Everton : Iroegbunam sort dès la 18e minute, remplacé par Michael Keane. La charnière O'Brien – Branthwaite, testée pour l’occasion, n’aura duré qu’un quart d’heure.
Les Toffees réagissent. Dibling pénètre dans la surface et semble accroché, mais l’arbitre ne bronche pas. Sur l’action suivante, Stuttgart part en contre et conclut par une frappe largement hors cadre. Le match s’ouvre enfin.
Branthwaite initie une contre-attaque sortie de nulle part, Alcaraz conduit, Röhl frappe, contré. Beto tente un ciseau acrobatique, complètement manqué. Alcaraz trouve ensuite un superbe centre tendu au sol, Beto est à un crampon de le couper.
Everton insiste côté droit. Dibling se montre plus entreprenant, mais son centre manque de vitesse et Stuttgart se dégage facilement. Les occasions s’enchaînent, le dernier geste reste désespérément absent. À chaque fois, il manque une demi-seconde, un peu de lucidité, ou simplement de la qualité.
La scène du match arrive peu après : dégagement de Travers, déviation parfaite de Beto vers Röhl, centre en première intention… et Beto, seul face au but, frappe dans le vide. Une occasion plus difficile à rater qu’à convertir. Un raté ahurissant qui résume l’après-midi d’Everton.
Dibling oblige enfin le gardien à une parade au premier poteau, Beto manque encore de peu de la tête sur corner. Et pendant que les attaquants d’Everton se débattent avec leurs démons, Stuttgart rappelle qu’il sait être tranchant : Mittelstädt allume au-dessus des 25 mètres, puis les locaux forcent Travers à sortir une parade de très haut niveau sur une tête qui filait en lucarne.
Le gardien irlandais multiplie les arrêts, notamment du pied sur une frappe rasante. Sans lui, le score à la pause serait déjà lourd. Avec un minimum d’efficacité offensive, Everton pourrait pourtant mener. La réalité est tout autre.
Stuttgart appuie, Everton vacille
La seconde période repart avec le même onze côté Everton, Alcaraz au coup d’envoi. Stuttgart, lui, remet tout de suite la pression. Travers doit encore s’employer, jusqu’à sauver sur sa ligne une tête d’Alcaraz contre son camp après un corner mal géré.
Dibling hausse un peu le ton, résiste mieux, provoque, mais Beto se retrouve pris en sandwich. Keane est sanctionné sur un duel, Stuttgart repart à l’attaque. Everton recule, subit. Une frappe allemande vient heurter le poteau, Travers est battu cette fois, sauvé par son montant.
Quand les Anglais parviennent enfin à sortir, ils se sabordent. Mykolenko gâche un bon mouvement par un centre catastrophique. Keane trouve bien Beto sur une longue ouverture, l’attaquant fait le plus dur… avant de remettre la balle dans les pieds d’un défenseur.
Dibling tente encore, trouve Armstrong, qui ne parvient même pas à obtenir un corner. Stuttgart répond par une séquence de passes rapides, conclue par un corner. Sur ces phases arrêtées, Everton vacille, chaque ballon aérien semble dangereux.
Un penalty pour Beto, puis la punition finale
Everton finit par obtenir ce qu’il n’arrivait pas à se créer dans le jeu : un penalty. Une combinaison propre, Beto se projette, devance le gardien, s’envole au-dessus de lui et arrache un penalty extrêmement généreux. Il se fait justice lui-même et transforme (72’). 1-1, presque contre le cours du jeu, mais les Blues s’en contenteraient bien.
Le répit est bref. Stuttgart remet le pied sur l’accélérateur, enchaîne les passes dans les trente derniers mètres. Hackney doit dégager en catastrophe pour éviter le 2-1. Un peu plus tard, une tête locale vient effleurer la barre de King, entré à la place de Travers à la 76e. Le nouveau gardien se met ensuite en évidence sur une frappe excentrée, sans difficulté.
Avec les changements en cascade, le match perd sa structure. Les deux équipes se coupent en deux, les espaces s’ouvrent, la qualité se délite. Dans ce chaos, Stuttgart reste la formation la plus claire dans ses intentions. Everton, lui, multiplie les erreurs techniques.
La punition tombe après une relance ratée de Keane. Mauvais dégagement, ballon rendu plein axe, et l’attaque allemande ne se fait pas prier : l’action revient immédiatement, la défense est désorganisée, le troisième but est concédé bien trop facilement. 3-1. Définitif.
Everton pousse encore dans un temps additionnel interminable – dix minutes – et frôle le but sur corner : tête de Keane sauvée sur la ligne, double tentative de Ndiaye, dont une peut-être derrière la ligne, puis dégagement en catastrophe. Dernier corner, Dewsbury-Hall s’élève, sa tête frôle le poteau. C’est la dernière image.
Un problème qui ne peut plus être ignoré
Sur le plan athlétique, Everton a tenu le choc. Sur le plan collectif, certaines séquences de pressing et de transitions ont été intéressantes. Travers a brillé, quelques individualités ont montré du caractère.
Mais une vérité s’impose, brutale : cette équipe ne sait pas conclure. Les occasions nettes manquées par Beto, le manque de tranchant de Dibling dans le dernier geste, les centres ratés, les passes offertes à l’adversaire… tout pointe vers la même faille.
À moins d’un réveil spectaculaire devant le but, ou d’un renfort offensif capable de changer le visage de cette attaque, ce type de scénario risque de se répéter. Et en championnat, ce genre de gaspillage ne pardonne pas.




