Everton domine Newcastle en préparation à Murrayfield
À dix jours du coup d’envoi de la Premier League, Everton a offert un signal fort à Murrayfield. Les hommes de David Moyes ont dominé Newcastle United 2-1 en Écosse, dans un match de préparation qui avait des allures de test de caractère autant que de condition.
Face à un adversaire en pleine reconstruction sous les ordres de Matthias Jaissle, privé de plusieurs cadres partis cet été, les Toffees ont imposé leur rythme, leur agressivité… et une vraie qualité dans les enchaînements offensifs.
Branthwaite ménagé, Patterson à domicile
La soirée avait commencé avec une absence remarquée : Jarrad Branthwaite ne figurait pas dans le groupe. Le club avait vite clarifié la situation. Le défenseur central, capitaine à Stuttgart et aligné à trois reprises déjà cet été, suit un programme de réintégration planifié après sa blessure aux ischio-jambiers en fin de saison dernière. Il doit reprendre l’entraînement complet à Finch Farm avant d’être impliqué lors du dernier match de préparation contre LOSC Lille au Hill Dickinson Stadium.
Sur la feuille de match, rien de révolutionnaire, mais quelques détails parlants. Nathan Patterson démarrait côté droit, clin d’œil évident à ses racines écossaises. Tim Iroegbunam, sorti très tôt à Stuttgart, manquait encore à l’appel. Quant aux recrues Norgaard et Johnson, elles patientent toujours : pas encore intégrées au point d’être jugées prêtes pour ce genre de rendez-vous.
Newcastle démarre fort, Everton encaisse… puis répond
Newcastle, vêtu d’un rose éclatant, a pris le contrôle des premières minutes. Les Toffees n’ont presque pas touché le ballon, Travers devant déjà intervenir sur un lob de Wissa, puis sur une tentative d’Elanga après une grosse erreur de Mykolenko. Le premier corner est pour les Magpies, la première alerte aussi.
Everton souffre, recule, perd des ballons faciles. Barry est fauché au milieu, Ndiaye aussi, mais les coups francs sont joués vers l’arrière, et la relance se délite trop vite. Il faut attendre la 14e minute pour voir enfin une vraie projection vers l’avant : un centre tendu de Patterson vers le second poteau, que Dewsbury-Hall attaque un poil trop tard.
Petit à petit, les Blues sortent de leur coquille. Hackney coupe une offensive adverse et trouve Barry, George multiplie les prises d’initiative, mais gâche souvent au moment de la dernière passe. Trois tentatives, trois actions avortées. Les intentions sont là, pas la précision.
La bascule arrive sur une séquence totalement folle. Hackney se fait déposséder, Wissa file au but, mais Tarkowski se jette et sauve un but presque certain. Dans la foulée, Everton renverse le jeu. Keane envoie une longue ouverture, Barry rate d’abord son contrôle, puis se bat, élimine deux défenseurs avant d’être repris. Le ballon traîne, Armstrong le récupère et glisse une passe parfaite pour Theirno Barry. À la 28e minute, l’attaquant ouvre le score d’un tir croisé clinique, ras de terre, dans le petit filet opposé. Froid, précis, imparable.
Ndiaye punit Newcastle, Everton contrôle
Le but libère Everton. Barry obtient des fautes, Joelinton multiplie les interventions rugueuses. Sur une nouvelle action, Mykolenko trouve Dewsbury-Hall dans la surface, Joelinton intervient encore trop fort. Cette fois, l’arbitre désigne le point de penalty. Iliman Ndiaye ne tremble pas : à la 35e minute, il transforme avec autorité et donne deux buts d’avance aux hommes de Moyes.
Le match change de ton. Patterson récupère haut, dévale son couloir, mais Dewsbury-Hall tergiverse et la surface se remplit de maillots roses avant qu’il ne lâche enfin le ballon. Wissa se rend coupable d’un tacle vilain, sanctionné d’un simple coup franc. Ndiaye intercepte Hall, mais obtient contre lui un coup franc très généreux qui traduit surtout la nervosité grandissante de Newcastle.
Au milieu, Armstrong rayonne. Confiant, propre techniquement, il provoque, fait parler son toucher. Les coups de pied arrêtés des Magpies ne donnent rien, la défense d’Everton tient, compacte, disciplinée. À la pause, les Toffees mènent 2-0. Et ce n’est pas un hasard.
Travers veille, George éclabousse Murrayfield
Au retour des vestiaires, Jaissle change presque tout. Une nouvelle équipe, un nouveau rythme. Jacob Murphy se glisse dans le dos de Mykolenko et frappe fort au ras du sol, mais Travers signe un arrêt de grande classe sur sa droite. Everton plie, mais ne rompt pas.
Hackney envoie ensuite une superbe ouverture vers Barry, qui gâche l’occasion avec un contrôle manqué. George centre fort vers Ndiaye, le ballon rebondit bizarrement et file en sortie. Mykolenko, lui, alterne le bon et le très mauvais, avec notamment un centre complètement raté après une bonne séquence collective.
Dewsbury-Hall hausse le ton, Hackney combine avec George, qui enroule sa spéciale, un tir courbé qui passe juste au-dessus de la lucarne. Newcastle tente d’attaquer sur les côtés, mais se heurte à un bloc bien en place. Everton fait tourner, parfois trop, en repassant systématiquement par Travers.
Barry provoque encore, obtient un coup franc que Dewsbury-Hall enroule parfaitement. Sa frappe contourne le mur et file vers le poteau avant d’être détournée en corner. George voit une tentative contrée, Hackney s’écroule dans la surface après un joli une-deux en talonnade avec le même George, sans obtenir de penalty. Ndiaye repique et frappe trop fort, trop haut.
Les changements tombent après l’heure de jeu. Dibling entre, Beto aussi, Alcaraz se signale rapidement par un carton jaune (66'). Everton continue pourtant à produire du jeu. Dibling obtient un contact au visage dans la surface, non sanctionné. Armstrong renverse magnifiquement vers Dibling, dont le centre, dévié, donne un corner. Sur le suivant, le jeune ailier trouve presque la faille avec un service tranchant.
Et puis vient le moment de grâce. Le plus beau geste de la soirée.
Tyrique George part balle au pied, accélère, s’appuie sur Armstrong. Le milieu pose littéralement le pied sur le ballon, lève la tête, et glisse une passe renversée somptueuse, tendue, millimétrée. George ne se fait pas prier. Contrôle, rotation fluide, presque une pirouette, frappe sèche au ras du sol. À la 73e minute, le ballon file au fond. Un but splendide, un enchaînement de haute volée, une action qui marque une pré-saison.
Barnes réduit l’écart, mais Everton tient son match
Porté par cette troisième réalisation, Everton joue libéré. George trouve Aznou, dont le centre est contré. Ramsey ceinture Armstrong comme au rugby, sans carton. Dibling déborde, centre dans une zone dangereuse, sans personne pour conclure.
Newcastle finit par trouver une ouverture. Sur une rare faille dans la ligne défensive, Jacob Murphy délivre un centre parfait, et Barnes conclut d’une reprise précise. Travers est battu, l’avance se réduit, mais le scénario ne bascule pas pour autant.
Les Toffees gèrent les dernières minutes avec sérieux. La circulation de balle reste propre, les duels sont gagnés au milieu, et les entrants ferment les espaces. Moyes peut regarder le tableau d’affichage avec satisfaction : une victoire convaincante, des automatismes qui se dessinent, des jeunes – George en tête – qui frappent à la porte.
Everton: Travers, Patterson (53' Röhl), Tarkowski, Keane (O'Brien), Mykolenko (77' Aznou), Hackney (83' Foster), Ndiaye (64' Dibling), Dewsbury-Hall (64' Alcaraz [Y:66']), Armstrong, George, Barry (64' Beto). Remplaçants: King, G Pickford, Graham.
Une chose est claire après cette soirée à Murrayfield : si Everton parvient à transposer cette intensité, cette solidité et ces éclairs de talent en championnat, la saison pourrait prendre une tournure bien différente des derniers exercices. La question est simple désormais : les Toffees sauront-ils maintenir ce niveau quand les points compteront vraiment ?




