Espanyol remporte une victoire décisive à La Cerámica
Leandro Cabrera a marqué, Ángel Fortuño a tout arrêté, et Espanyol est reparti de l’Estadio de la Cerámica avec bien plus que trois points. Dans un club secoué par le limogeage de Manolo González trois jours plus tôt et en plein entre-deux avant la prise de fonctions officielle d’Eder Sarabia, cette victoire 1-0 à Villarreal ressemble à un point de bascule.
Sur le banc, ce n’était ni l’ancien, ni encore le nouveau. C’est Sergio García, entraîneur de l’équipe B, qui a dirigé l’équipe première pour ce match avancé de la journée de LaLiga. Une soirée piégée sur le papier, dominée par Villarreal dans le jeu, mais emportée par le réalisme et la discipline des Catalans.
Villarreal domine, Espanyol frappe
Les chiffres racontent une histoire, le tableau d’affichage une autre. Villarreal a monopolisé le ballon, a fait tourner, a étiré les lignes. 503 passes réussies contre 263, 14 tirs à 5, un expected goals de 0,92 contre 0,26 pour Espanyol. Tout indiquait un succès local.
Mais la soirée a basculé sur deux zones de vérité : la surface adverse et celle d’Ángel Fortuño.
Espanyol a cru ouvrir le score en premier. À la 50e minute, Roberto Fernández pense inscrire son septième but de la saison en LaLiga. Frappe, filet qui tremble… puis silence. Le VAR intervient, revoit l’action, et sanctionne une faute sur Pau Navarro : but annulé. Un coup de froid pour les visiteurs.
Dix minutes plus tard, ils se réchauffent d’un seul coup.
À la 60e minute, Bryan Zaragoza trouve Leandro Cabrera. Le défenseur surgit et fait ce que les attaquants de Villarreal n’ont jamais réussi à faire : conclure. 1-0 pour Espanyol, presque contre le cours du jeu. À partir de là, le match change de visage. Villarreal attaque, Espanyol verrouille.
Fortuño, mur de La Cerámica
Quand une équipe subit autant, son gardien devient vite le personnage principal. Ángel Fortuño a tenu son rôle à la perfection. Arrêts décisifs, interventions propres, aucune nervosité apparente malgré la vague jaune qui se succédait devant lui.
Sa prestation se lit aussi dans les chiffres : meilleure note du match avec 8,31. Mais c’est surtout la manière qui frappe. Chaque tentative de Villarreal semblait buter sur lui ou se perdre face à un bloc catalan compact, décidé à protéger le but de Cabrera comme un trésor.
Villarreal, lui, a payé cher son manque de tranchant. L’équipe d’Iñigo Pérez a eu la maîtrise territoriale, les séquences de possession, mais jamais le coup de poignard final.
Soirée compliquée pour Villarreal
Les ennuis ont commencé tôt pour les locaux. À la 17e minute, Gerard Moreno doit quitter la pelouse sur blessure musculaire. Coup dur immédiat pour l’attaque jaune. Nicolas Pépé entre pour le remplacer, mais la dynamique offensive s’en trouve déjà altérée.
Avant même le coup d’envoi, Villarreal devait déjà composer sans Foyth ni Diatta, forfaits tardifs. Au fil des minutes, l’équipe continue d’attaquer, de centrer, de combiner, mais sans trouver la faille.
Malgré l’intensité, la rencontre ne vire jamais au match haché. Trois cartons jaunes de chaque côté, aucun rouge, beaucoup de duels mais peu de mauvais gestes. Une vraie bataille de championnat, tendue mais contrôlée.
Au coup de sifflet final, Villarreal reste muet au tableau d’affichage. Dominateur, mais battu.
Espanyol tourne la page, Sarabia arrive
En coulisses, Espanyol a déjà changé de cycle. Manolo González, en poste sur 107 matchs officiels, a quitté le club après une série noire : un seul point pris sur les quinze derniers possibles en championnat. Le club a réagi vite.
Le 28 octobre, Espanyol a nommé Eder Sarabia nouvel entraîneur. Suspendu pour deux rencontres, il n’a pas pu s’asseoir sur le banc à La Cerámica, comme l’a rappelé le média Ara. C’est donc depuis les tribunes que le nouveau coach a observé sa future équipe, portée par un intérim gagnant de Sergio García.
Sarabia arrive avec un staff remodelé, où figure notamment Álvaro González, ancien défenseur central du club entre 2014 et 2017, passé ensuite par l’Olympique de Marseille. Un visage connu pour les supporters, un relais potentiel dans le vestiaire pour accompagner la transition.
Au classement, cette victoire repositionne Espanyol : 12e, avec 11 points. Villarreal reste devant, 10e avec 12 points, mais laisse filer une occasion de creuser l’écart à domicile.
La suite, elle s’annonce dense. Villarreal recevra Paris Saint-Germain en Ligue des champions le mardi 3 novembre, avec l’obligation de se montrer plus clinique devant le but. Espanyol, lui, retrouvera son stade pour accueillir Deportivo La Coruña le samedi 7 novembre, avec un nouvel entraîneur sur le banc et une question simple : ce succès à La Cerámica sera-t-il le point de départ de tout autre chose ?




