Elche – Barça : Hansi Flick relance le champion
Le rideau se lève à nouveau sur la Liga pour un Barça champion en titre, mais en pleine mue. Dimanche soir, au Manuel Martínez Valero d’Elche (21h30, 19h30 GMT), Hansi Flick entame sa troisième saison sur le banc catalan avec un défi clair : conserver le trône en Espagne tout en préparant l’assaut européen, sous la menace grandissante du Real Madrid de José Mourinho.
Un Barça champion… mais remodelé
Le changement le plus retentissant porte un nom : Rodri. Arraché à Manchester City, le capitaine de la Roja est la pièce maîtresse du nouveau puzzle barcelonais. Le club l’a saisi comme une opportunité de marché impossible à laisser filer, d’autant que le Real Madrid suivait aussi le milieu défensif de 30 ans.
Rodri n’est pas seulement un récupérateur. Il arrive avec un bagage de titres majeurs, l’habitude des grandes soirées et cette capacité à donner du contrôle à une équipe qui, depuis l’arrivée de Flick en 2024, marque beaucoup… mais concède trop.
« Je suis ici pour me battre pour tout, pour des grandes choses comme la Ligue des champions », a lancé le milieu espagnol lors de sa présentation.
Le message est clair : le Barça vise bien au-delà d’un simple triplé domestique.
Mais pour l’ouverture à Elche, il manquera déjà. Flick l’a confirmé : Rodri ne devrait rejoindre le groupe qu’en début de semaine, avec l’objectif d’être prêt pour la réception de l’Athletic Bilbao jeudi.
Derrière ce coup d’éclat au milieu, l’attaque a, elle, été profondément retouchée. Robert Lewandowski et Ferran Torres sont partis, laissant un vide au cœur du système offensif. Les arrivées d’Anthony Gordon et de Karim Adeyemi vont dans une autre direction : vitesse, intensité, pressing féroce. Exactement ce que réclame le football de Flick.
Le casse-tête du numéro neuf
C’est le grand point d’interrogation de ce début de saison. Qui portera l’héritage de Lewandowski devant ?
La tentative d’attirer Julian Alvarez a échoué face à l’inflexibilité de l’Atlético de Madrid. Résultat : à l’heure de lancer la défense du titre, le Barça n’a toujours pas trouvé son buteur de référence.
Deco ne s’en cache pas : « Ce que Ferran faisait, on peut le couvrir avec les recrues, mais ce que Robert faisait est plus difficile. Nous avons des solutions internes, mais nous ferons un autre mouvement ; nous essaierons de trouver la meilleure solution. »
Le club pourrait se contenter d’un profil offensif moins coûteux pour préserver sa puissance financière en vue de l’été prochain, après les investissements déjà lourds sur Rodri et Gordon. Dans l’intervalle, Flick devra bricoler avec ce qu’il a… et ce n’est pas rien.
Dani Olmo, Raphinha, Gordon et Adeyemi peuvent tous évoluer en faux neuf. Une palette variée pour compenser l’absence d’un pur buteur, si aucun renfort n’arrive d’ici la fin du mercato.
Et puis il y a le facteur X : Lamine Yamal. À 19 ans seulement, l’ailier est déjà la pièce centrale du dispositif offensif. Les ambitions du club se construisent autour de lui. Sa saison dernière a été hachée par les blessures et divers soucis, mais lorsqu’il est en pleine forme, le Barça change de dimension.
Si Rodri stabilise l’arrière-garde et que Flick parvient à répartir les buts dans une attaque recomposée, le champion a largement de quoi viser un troisième titre consécutif.
Hamza Abdelkarim, la surprise venue de la préparation
Hansi Flick a refusé de dévoiler qui débuterait en pointe à Elche. Mais il a largement ouvert la porte à un visage inattendu : Hamza Abdelkarim.
L’attaquant égyptien de 18 ans a signé quatre buts en matchs amicaux et s’est imposé comme l’une des révélations de la présaison. De quoi forcer le regard de son entraîneur.
« Hamza fait une très grande présaison, a souligné Flick. C’est un numéro neuf, il est jeune, il a beaucoup de potentiel, et il marque des buts. C’est la chose importante à ce poste, et il a fait un super travail. »
Le jeune avant-centre est même annoncé titulaire probable dans le onze de départ, entouré de Lamine Yamal et Raphinha, avec Fermin dans le dos. Un pari audacieux pour une équipe qui vise tout.
Autre renfort susceptible d’apparaître dès ce premier match : Joao Cancelo. Recruté cette semaine, le latéral est disponible. « Il est prêt à jouer. Il a une technique incroyable et beaucoup de passion », a assuré Flick.
En revanche, Frenkie de Jong reste indisponible, tout comme Roony Bardghji, victime d’une rupture du ligament croisé.
Elche, prudence de rigueur pour le champion
Sur le papier, le déséquilibre est flagrant. L’Opta supercomputer donne 68 % de chances de victoire au Barça, contre 14 % à Elche. Les chiffres racontent aussi l’histoire récente : ce sera le 57e duel officiel entre les deux clubs, avec 36 succès barcelonais pour seulement neuf victoires d’Elche.
La dernière confrontation au Martínez Valero, en janvier, s’était soldée par un 3-1 en faveur des Catalans, avec des buts de Lamine Yamal, Ferran Torres et Marcus Rashford.
Mais Hansi Flick se méfiera d’un piège de début de saison. Elche a tenu tête à Deportivo lors de la première journée (1-1) et Martin Anselmi devrait s’appuyer sur une défense à trois pour tenter de cadenasser les espaces.
Elche devra composer sans Adam Boayar et Yago Santiago, blessés. Le onze probable : Dituro ; Chust, Redondo, Affengruber ; Sangare, Villar, Aguado, Valera ; Houary, Nino, Cepeda. Bloc compact, couloirs travailleurs, et l’espoir de frapper en transition.
Les onze probables et la ligne de crête du Barça
Côté Barça, Flick devrait aligner une équipe déjà très compétitive malgré les absences au milieu :
- J Garcia ; E Garcia, Kounde, Martin, Balde ; Pedri, Bernal ; Yamal, Fermin, Raphinha ; Abdelkarim.
Une charnière rajeunie, un double pivot sans Rodri ni De Jong, et une ligne de trois derrière un neuf inexpérimenté : le champion se lance avec une structure nouvelle, mais une identité intacte. Intensité, pressing, verticalité.
La Liga reprend pour Barcelone avec un paradoxe : le titre a été conservé, les certitudes collectives aussi, mais l’équipe entre dans une saison charnière, sans son buteur historique et avec un patron de milieu encore en tribune.
La question n’est plus de savoir si ce Barça peut dominer l’Espagne. Il l’a prouvé deux années de suite. La vraie interrogation se pose dès ce soir, à Elche : ce nouveau visage, sans grand numéro neuf, peut-il vraiment porter le club jusqu’aux sommets européens que Rodri est venu chercher ?




