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Doutes au Real Madrid : Analyse d'Alvaro Benito

Le doute s’installe au Real Madrid. Un doute lourd, inhabituel, qui commence à entourer le projet XXL porté par Florentino Perez après un début de saison bien trop modeste pour un club de cette dimension.

Après sept journées de Liga, le Real n’est que quatrième, avec 15 points. Rien de catastrophique sur le papier, mais l’alerte est ailleurs. Elle est dans le contenu, dans la répétition des mêmes failles, dans l’impression d’un film déjà vu depuis trop longtemps.

Benito sonne l’alarme

Ancien joueur du club, aujourd’hui analyste, Alvaro Benito n’a pas mâché ses mots au lendemain de la défaite 2-1 dans le derby face à l’Atletico au Metropolitano. Invité sur les ondes de Cadena SER, ses phrases ont claqué comme une gifle dans les colonnes du quotidien Sport.

« Ici, la réflexion doit être beaucoup plus profonde. Si tu vois les mêmes problèmes sur le terrain depuis deux ans et demi, alors la nature de ces problèmes est exactement la même », a-t-il lâché.

Pas de détour, pas d’excuse. Pour lui, le mal dépasse largement la question du banc.

« On ne voit aucun changement avec les entraîneurs, malgré la nature différente de chacun d’eux. Donc le problème est bien plus profond. Non ? C’est ce que je dis », a-t-il insisté.

Le message est clair : changer de coach ne suffit pas, ou ne suffit plus. Les symptômes restent identiques, quel que soit le visage sur le bord du terrain.

Des victoires qui n’effacent rien

Benito prend un exemple précis : le succès récent contre Elche. Un résultat positif, mais un trompe-l’œil selon lui.

« Les problèmes persistent depuis deux ans et demi, et rien n’a été résolu. Tu peux gagner. Par exemple, tu as gagné le dernier match contre Elche, mais l’impression que laisse l’équipe au niveau collectif, c’est que les mêmes problèmes continuent de se répéter », explique-t-il.

Le score ne raconte plus l’histoire complète. Ce qui inquiète, c’est la structure, les idées, l’identité de jeu. Le Real peut encore s’imposer sur des éclairs, sur le talent individuel, mais la sensation d’ensemble reste fragile, prévisible, friable dès que le niveau s’élève.

Et au Metropolitano, rien n’a surpris Benito.

« On pouvait tous s’attendre, sauf événement exceptionnel, à voir ce qu’on a effectivement vu en venant au Metropolitano. Tu pouvais gagner ou perdre, mais je ne parle pas de gagner ou perdre, parce que le chemin qui mène au résultat peut prendre des voies différentes », détaille-t-il.

L’arbitrage en toile de fond, mais pas comme excuse

L’ancien milieu madrilène évoque même un tournant possible du match… sans s’y accrocher comme prétexte.

« Si Cuti Romero avait été expulsé en première période, tu aurais même pu gagner le match », note-t-il, avant de revenir immédiatement à ce qui l’intéresse vraiment. « Je parle de l’impression collective, de l’idée de jeu, de ce que tu proposes, et des joueurs que tu aligneras dans le onze de départ sur la plupart des matchs. »

Autrement dit : oui, un fait d’arbitrage peut changer une rencontre. Non, il ne doit pas masquer la pauvreté du plan global.

Mourinho, une philosophie introuvable

Au cœur de son analyse, Benito pointe un paradoxe : la présence de Jose Mourinho sur le banc, sans la moindre trace nette de sa fameuse philosophie.

Pour lui, le Real Madrid actuel ne ressemble tout simplement pas à une équipe de Mourinho.

« Mourinho, historiquement, s’appuie sur un bloc défensif médian très fort, une équipe aux lignes compactes, un pressing féroce, une récupération du ballon pour ensuite attaquer directement et rapidement. Excellent. Ce style serait idéal pour le Real Madrid, compte tenu des caractéristiques des joueurs qu’ils ont, mais le problème, c’est qu’on ne le voit pas », tranche Benito.

Le constat est brutal. Le profil des joueurs collerait parfaitement à un Real agressif, compact, tranchant en contre. Le modèle est connu, éprouvé, presque taillé sur mesure pour ce vestiaire. Mais sur le terrain, rien ne rappelle vraiment cette signature tactique.

Le club est quatrième, le calendrier reste long, les points ne manquent pas encore. La vraie question est ailleurs : combien de temps encore le Real Madrid peut-il avancer avec les mêmes failles, les mêmes doutes, et un projet aussi ambitieux sans identité claire pour le porter ?