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Dominik Szoboszlai : une réponse sur le terrain après les critiques

Dominik Szoboszlai n’a pas demandé le micro. Il a pris le ballon, a levé la tête… et a répondu du pied droit. Sous le ciel d’Anfield, en Carabao Cup, le Hongrois a signé une prestation de patron et un but splendide lors de la victoire 3-1 de Liverpool contre Tottenham, mardi soir. Une frappe lointaine, sèche, qui a rappelé à tout le monde – et surtout au Kop – quel joueur il est censé être.

Ces dernières semaines, son nom circulait surtout dans les débats télé, sur les réseaux, dans les conversations agacées : « moins influent », « en dedans », « décevant contre Fulham ». Sa prestation compliquée lors du 0-0 face aux Londoniens, le week-end dernier, l’avait placé au centre des critiques. À Craven Cottage, il n’avait remporté qu’un seul de ses dix duels. De quoi alimenter le procès express sur son poste, son rôle, son impact.

Mardi, il a choisi une autre voie : celle de la réaction.

« Ce but, il est pour ceux qui sont toujours à côté de moi »

Interrogé sur cette fameuse « mauvaise passe », Szoboszlai a d’abord haussé les épaules, presque amusé : « Il y a eu des critiques ? Je ne sais pas, je n’ai pas vu, mais merci de me le dire. Vous savez, ce but [contre Spurs], il est pour les gens qui sont toujours à côté de moi, parce que nous sommes aussi des humains, on peut faire de mauvais matchs », a-t-il lancé.

Pas de plainte, pas de discours défensif. Juste une mise au point. Oui, il a raté son match contre Fulham. Oui, il a été en difficulté dans les duels. Mais la saison ne se joue pas sur 90 minutes ratées. Et il le rappelle à sa manière : en tirant de loin, en assumant la responsabilité, en prenant le jeu à son compte dans un Liverpool remodelé.

Car le décor a changé à Anfield. L’arrivée d’Andoni Iraola a bouleversé les repères, les circuits, les habitudes. Le milieu n’a plus rien de figé. Il bouge, tourne, se décale. Et Szoboszlai se retrouve au cœur de cette mutation.

Un milieu en mouvement permanent

Sous Iraola, Liverpool évolue avec un milieu très fluide, exigeant, où chaque poste demande une lecture du jeu quasi permanente. Szoboszlai en est l’un des pivots. Et c’est précisément cette polyvalence qui alimente le débat : où est-il le meilleur ? Plus haut ? Plus bas ? Entre les lignes ?

Le Hongrois, lui, voit les choses autrement : « Je pense que vous voyez ça un peu différemment, parce qu’on joue avec un 6, un 8 et un 10. Le 6 et le 8 ne sont pas côte à côte, le 8 est un peu plus haut, le 6 un peu plus bas, et le 10 encore plus haut. Ce ne sont pas deux joueurs l’un à côté de l’autre », a-t-il expliqué.

Pour lui, les numéros s’enchaînent, mais l’idée reste la même : comprendre l’espace, sentir le rythme, s’adapter. « La semaine dernière contre Fulham, j’étais un numéro 8. J’ai déjà été numéro 2 aussi, j’ai été 6, 8, 10, 7 également », a-t-il rappelé. Un catalogue de positions qui en dit long sur la confiance du staff, mais aussi sur la charge mentale imposée à un joueur de 23 ans.

Le coach a souvent salué son intelligence de jeu. Elle est mise à rude épreuve dans ce système où il faut presser, se replacer, se projeter, parfois tout ça dans la même action. Quand ça clique, comme contre Tottenham, Szoboszlai donne l’impression de couvrir tout le terrain. Quand ça se grippe, comme à Fulham, chaque duel perdu devient un argument contre lui.

« Je veux juste être sur le terrain »

Les débats tactiques, les schémas, les numéros sur le dos… très peu pour lui. Le Hongrois ne se cache pas derrière les étiquettes. « Non, je veux juste être sur le terrain. Peut-être que je ne suis pas au mieux en 6, parce que je gagne un duel sur dix. Peut-être que le prochain match, j’en gagnerai huit sur dix, alors je serai un bon 6 ? C’est toujours une question d’équilibre », a-t-il lâché.

La phrase claque. Elle résume à la fois son état d’esprit et la réalité du très haut niveau : un poste ne se juge pas sur un seul échantillon, une forme ne se fige pas sur un mauvais après-midi. Iraola, lui, profite de cette polyvalence, surtout dans un début de mandat marqué par des blessures et des ajustements tactiques permanents.

Szoboszlai, lui, ne réclame ni statut, ni traitement particulier. Il veut son nom sur la feuille, peu importe la ligne. À charge pour lui de répondre, encore et encore, comme mardi soir.

Chelsea en vue, Bournemouth d’abord

Avec ce succès contre Tottenham, Liverpool s’offre un quatrième tour de Carabao Cup prometteur face à Chelsea. Une affiche qui sent déjà la poudre. Mais le vestiaire, lui, regarde d’abord vers le championnat. Dimanche, les Reds se déplacent à Bournemouth, avec une attente claire : voir Szoboszlai maintenir le niveau affiché en coupe.

Le milieu le sait : dans un club comme Liverpool, tout se joue dans la manière dont on encaisse les coups durs. « Il y aura des matchs où on ne jouera pas à notre meilleur niveau, en tant qu’équipe, moi, ou quelqu’un d’autre. Mais croyez-moi, il faut toujours laisser le passé derrière soi, puis penser au suivant, au suivant. La réaction, c’est ce qui compte », a-t-il conclu.

La réaction, il vient de la signer. Reste à savoir si ce but venu d’ailleurs contre Spurs marquera un simple sursaut… ou le vrai point de départ de sa saison.