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Un dimanche décisif : Arsenal, West Ham, Old Firm et Clásico

La journée s’ouvre avec ce parfum rare de bascule. Le genre de dimanche où une frappe déviée, un tacle mal maîtrisé ou un carton rouge peuvent réécrire une saison entière.

À Londres, à Glasgow, à Barcelone, les enjeux se superposent. Le titre, la relégation, l’Europe, le prestige. Tout est sur la table.

Arsenal en chasse, West Ham au bord du gouffre

Au London Stadium, le décor est brutalement simple. West Ham joue sa survie, Arsenal joue le titre.

Les Hammers, menacés de relégation, n’ont presque plus de marge. Tout résultat autre qu’une victoire pourrait les condamner, avec Tottenham déjà un point devant avant son déplacement à Leeds demain. La pression est suffocante, et elle ne vient pas seulement du classement : la saison a glissé, match après match, vers ce scénario qu’aucun supporter ne voulait voir.

En face, Arsenal arrive lancé. Les Gunners sortent d’une qualification en demi-finale de Ligue des Champions contre Atlético Madrid, et Mikel Arteta ne veut surtout pas voir son équipe se disperser. Il a demandé à ses joueurs de canaliser cette énergie, de transformer l’euphorie européenne en carburant pour le sprint final en Premier League. Trois matches, trois victoires, et personne ne pourra les rattraper.

Pep Guardiola le sait. En conférence de presse, l’entraîneur de Manchester City a terminé avec un clin d’œil appuyé au scénario du jour, bras croisés façon logo de West Ham, lâchant un « Come on you Irons » qui en dit long sur l’état de la course au titre. City a fait sa part hier en balayant Brentford pour revenir à deux points. La balle est désormais dans le camp d’Arsenal.

Liverpool, Slot et une fracture ouverte avec Anfield

Plus au nord, l’atmosphère est tout autre. Liverpool n’est pas en lutte pour le titre, mais c’est bien l’avenir du club qui se joue en coulisses.

Hier, les Reds ont concédé un nul 1-1 contre Chelsea. Ryan Gravenberch avait pourtant ouvert le score avec son premier but en championnat cette saison, avant qu’Enzo Fernández n’égalise à la 35e minute. Le point pris laisse Liverpool quatrième, Chelsea neuvième, mais le vrai séisme est venu des tribunes.

Anfield a grondé. Des sifflets pendant le match, des huées à la sortie de Rio Ngumoha, remplacé par Alexander Isak après avoir souffert de crampes. Arne Slot a expliqué sa décision, rappelant que le jeune ailier de 17 ans n’était plus en état de sprinter, et qu’il s’attendait à cette réaction du public. Il a reconnu la frustration, l’a jugée logique au vu d’une saison en dessous des attentes.

Le Néerlandais reste pourtant catégorique : il se dit « 100 % convaincu » de pouvoir reconquérir le public la saison prochaine, à condition de réussir le mercato qu’il prépare. Il affirme savoir précisément ce qui manque à son équipe et promet un Liverpool différent, dans le jeu comme dans les résultats.

Dans les tribunes et sur les réseaux, le ton est plus tranchant. Une partie des supporters estime que Slot a déjà perdu la confiance d’Anfield, trop vite, trop profondément. Vingt points de retard sur le sommet du classement, des joueurs en baisse de régime, un style qui ne prend pas. Certains réclament une décision rapide pour ne pas sacrifier une saison de plus.

La fracture est là, visible, bruyante. Le prochain été à Liverpool s’annonce brûlant.

Nottingham Forest, Newcastle et la bataille pour le maintien

Pendant ce temps, la lutte pour le maintien continue de brûler par à-coups.

Nottingham Forest reçoit Newcastle avec un calcul limpide : une victoire, et si West Ham lâche des points face à Arsenal, le maintien serait quasiment assuré. Forest reste sur une dynamique solide en championnat, malgré une élimination récente en Ligue Europa contre Aston Villa.

Les autres rendez-vous du jour en Premier League – Crystal Palace contre Everton, Burnley face à Aston Villa – complètent un tableau où chaque point pèse lourd, que ce soit pour rester dans l’élite ou pour accrocher l’Europe.

Hearts bouscule l’Écosse, l’Old Firm à la poursuite

En Écosse, la hiérarchie tremble.

Hearts a déjà fait le travail hier en arrachant un nul spectaculaire contre Motherwell à Fir Park. Résultat : le club d’Édimbourg abordera son avant-dernier match de la saison avec au moins un point d’avance en tête du Scottish Premiership. Une situation presque irréelle dans un pays habitué à voir Celtic et Rangers se partager le pouvoir.

Cet après-midi, justement, Celtic accueille Rangers pour un Old Firm qui n’a rien d’un simple épisode de plus dans une rivalité centenaire. Les deux géants de Glasgow sont en chasse, contraints de gagner pour espérer revenir sur Hearts.

Les compositions donnent le ton. Celtic démarre avec Sinisalo dans le but, une défense Johnston–Trusty–Scales–Tierney, McGregor en métronome, Engels et Nygren à ses côtés, et un trio Yang–Maeda–McCowan devant. Rangers répond avec Butland, une ligne défensive Tavernier–Fernandez–Djiga–Rommens, Barron, Chukwuani et Diomande au milieu, Moore, Chermiti et Antman en attaque.

Les enjeux dépassent largement l’orgueil local. Une Écosse où Hearts résiste jusqu’au bout aux deux monstres de Glasgow, c’est un récit que beaucoup de neutres espèrent voir aboutir. Mais l’Old Firm a souvent l’habitude de remettre tout le monde à sa place.

Prague, un titre gâché par le chaos

Ailleurs sur le continent, l’image du week-end est sombre.

À Prague, le derby entre Slavia et Sparta a basculé dans le chaos. Slavia menait 3-2 dans le temps additionnel, à quelques secondes de décrocher le titre tchèque à domicile, quand des centaines de supporters locaux ont envahi la pelouse du Fortuna Stadium.

Les barrières de sécurité ont cédé, des fumigènes ont été allumés, certains ont été lancés en direction du parcage visiteur. Le gardien de Sparta, Jakub Surovcik, a été touché par un projectile. Les joueurs ont tenté de regagner les vestiaires, la police est intervenue pour rétablir l’ordre, et l’arbitre a fini par interrompre définitivement la rencontre.

Les autorités ont ouvert une enquête pour suspicion d’émeute. Les joueurs de Sparta ont quitté le stade sous escorte policière, dans une atmosphère lourde, très loin de la fête attendue.

Un titre qui devait se jouer sur un coup franc, une parade, un duel aérien, se retrouve suspendu à des procédures disciplinaires. Le football tchèque en sort meurtri.

Espagne : un Clásico pour la Liga, sans Mbappé

En Espagne, la soirée promet un contraste saisissant avec ce chaos.

À Barcelone, le Clásico contre Real Madrid peut offrir le titre à l’équipe de Hansi Flick. Un point suffit : une victoire ou même un nul, et le Barça sera sacré champion de Liga face à son plus grand rival. Le scénario rêvé.

La semaine a pourtant été agitée du côté madrilène. À l’entraînement, Fede Valverde et Aurélien Tchouaméni se sont accrochés, au point d’envoyer le vice-capitaine uruguayen à l’hôpital pour des points de suture. Les deux joueurs ont écopé d’une amende record de 500 000 euros chacun. L’entraîneur Álvaro Arbeloa a pris leur défense, tentant d’éteindre l’incendie avant le choc.

Sur le plan sportif, une absence fait parler : Kylian Mbappé ne figure pas dans le groupe du Real pour ce Clásico. L’attaquant français revient d’une blessure aux ischio-jambiers et s’est entraîné vendredi avec le reste de l’équipe, mais le staff a choisi de s’en passer. Vinícius Júnior, Gonzalo García, Brahim Díaz et Franco Mastantuono seront les options offensives du soir.

En face, Barcelone avance dans la tourmente, mais avec le titre en ligne de mire. Les coulisses sont électriques, les tensions internes nombreuses, comme l’a décrit Sid Lowe : disputes entre cadres, joueurs qui se heurtent à l’entraînement, un vestiaire fragmenté. Et pourtant, à 90 minutes d’un sacre, tout peut être balayé par un coup de sifflet final.

Brighton, Sunderland, Bournemouth : les signaux de la veille

Le samedi avait déjà posé quelques jalons.

À l’Amex Stadium, Brighton a entretenu son rêve européen en dominant Wolves 3-0. Une victoire nette, qui maintient le club de Tony Bloom dans la course aux places continentales et alimente, à distance, les débats en Écosse où certains réclament… un titre honorifique pour le propriétaire de Brighton, vu comme l’architecte de la révolution de Hearts.

À Craven Cottage, Bournemouth a arraché un succès 1-0 contre Fulham, malgré un carton rouge de chaque côté. Un match tendu, décidé sur un détail, comme souvent à ce stade de la saison.

Au Stadium of Light, Sunderland a tenu Manchester United en échec, 0-0. Un point qui en dit autant sur la solidité des uns que sur les limites offensives des autres.

Une FA Cup, un Wembley à conquérir

En marge de cette avalanche de chocs masculins, la Women’s FA Cup vit aussi son grand jour de demi-finales.

À St Helens, Liverpool et Brighton s’affrontent pour un billet vers Wembley, un horizon que ni l’un ni l’autre n’a encore atteint depuis la reconstruction du stade. Pour Brighton, ce serait même une première historique dans l’histoire de sa section féminine.

Les deux équipes arrivent lancées. Brighton reste sur une victoire contre Manchester City et un nul face à Arsenal, des résultats qui forcent le respect. Liverpool a retrouvé des couleurs depuis Noël. Le soleil éclaire la pelouse, les grands drapeaux rouges, jaunes et blancs ondulent au bord du terrain, et l’enjeu dépasse largement le simple match de coupe : c’est l’occasion de marquer une génération.

Plus tard, Chelsea accueillera les nouvelles championnes de WSL, Manchester City, pour l’autre demi-finale. Une affiche de poids lourds, avec Wembley en toile de fond.

Une journée qui peut tout faire basculer

Pendant que les écrans s’allument un peu partout, que les supporters organisent leur journée entre pubs, salons et tribunes, une question flotte au-dessus de ce dimanche.

Qui sortira de cette journée en ayant changé son destin ?

Un dimanche décisif : Arsenal, West Ham, Old Firm et Clásico