Diego Moreira et l'héritage du 22 de Kaká pour le Derby della Madonnina
Diego Moreira, l’héritier du 22 de Kaká, prêt à se jeter dans le feu du derby
À Milanello, certains numéros pèsent plus lourd que d’autres. Le 22 en fait partie. Il appartient désormais à Diego Moreira, 22 ans, nouvelle recrue belge de l’AC Milan, qui s’apprête à goûter pour la première fois au Derby della Madonnina avec, sur les épaules, l’ombre lumineuse de Kaká.
Le jeune ailier s’est confié à DAZN dans la série « Remember the Name » avant le choc face à l’Inter au San Siro, coup d’envoi à 20h45. Et derrière son sourire, on sent déjà le poids de l’héritage.
Au départ, il visait le 7. Un numéro de dribbleur, de couloir, presque logique pour son profil. Mais le 22 était libre. Et avec lui, tout un pan de l’histoire récente du club. « Je voulais le 7 quand je suis arrivé. Quand j’ai su qu’il était disponible, j’aurais pu changer, mais je suis heureux avec le 22 », explique-t-il. « C’est un honneur, et maintenant c’est à moi de montrer que je peux marcher dans ses pas, parce qu’il a laissé un héritage ici. »
Kaká, premier but, premier derby
Difficile de porter ce maillot sans penser à celui qui l’a rendu mythique. Kaká avait choisi le 22, il en avait fait une signature. Son premier but avec Milan ? Déjà contre l’Inter, en octobre 2003, lors d’un derby remporté 3-1. Une frappe, un sourire, et le San Siro qui découvre un futur Ballon d’Or.
Moreira connaît l’histoire. Et il ne la prend pas à la légère. « Je sais qu’il a marqué son premier but contre l’Inter. C’est l’un des plus grands matchs d’Europe, donc on est surmotivés », glisse-t-il. Le décor est planté : le derby comme scène d’initiation, le 22 comme flambeau.
Arrivé en août en provenance de Strasbourg pour environ 50 millions d’euros plus bonus, lié par un contrat de cinq ans, le Belge n’a pas encore eu la continuité espérée. Une fatigue aux ischio-jambiers l’a tenu à l’écart des deux derniers matchs de Serie A : la victoire 2-0 à Udine et la défaite 4-2 à domicile contre Bologna. Rúben Amorim a toutefois confirmé qu’il est apte pour le derby. Le timing ne pouvait pas être plus symbolique.
Prêt à « mourir » pour l’équipe
Le discours de Moreira ne laisse pas place au doute. Pas de prudence, pas de calcul. Juste une promesse brutale, presque viscérale : « Si je joue ce match, je mourrai pour mon équipe. J’ai hâte. »
La phrase claque comme un tacle dans un derby tendu. Elle dit tout de son état d’esprit : un joueur qui sait où il met les pieds, mais qui refuse d’entrer sur la pointe des crampons. Le San Siro, la Curva, les couleurs, le vacarme : c’est précisément ce qu’il est venu chercher.
Milan aborde ce Derby della Madonnina avec un retard déjà conséquent au classement : cinquième avec 18 points, à sept longueurs de l’Inter et de la Lazio, co-leaders. L’écart est réel, la pression aussi. Dans ce contexte, chaque détail compte, chaque symbole pèse. Même un numéro dans le dos.
Le 22 de Kaká avait ouvert son histoire milanaise par un but contre l’Inter. Diego Moreira, lui, entre ce soir dans le même théâtre, avec le même chiffre, la même arène, la même rivalité. Reste une seule question : écrira-t-il sa propre première ligne de légende dans le derby le plus électrique d’Italie ?




