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Derek McInnes débute avec les Rangers : un match nul à Dundee United

Un an plus tôt, Russell Martin avait fustigé son équipe des Rangers après un nul inaugural à Motherwell. Même score, autre décor, mais atmosphère étrangement familière pour l’ouverture de l’ère Derek McInnes : un 1-1 poussif sur la pelouse de Dundee United, et une impression de chantier à ciel ouvert.

Cette fois, pas de coup de gueule. Pas de remise en cause publique. McInnes, passé par Aberdeen, Kilmarnock et Hearts, a choisi la voie de la patience. Il parle de temps, de mercato, de transition. De construction plus que de sanction.

« C’est un match », a-t-il rappelé au micro de Sky Sports après la rencontre. Une phrase simple, presque sèche, pour tenir à distance tout parallèle avec le passé récent d’Ibrox.

Un Rangers à deux visages

Les Rangers ont d’abord souffert. En première période, Dundee United a pris l’ascendant et a été récompensé par l’ouverture du score de Lachlan Rose. Une frappe, un but, et une défense de Glasgow encore en rodage, déjà punie.

Au retour des vestiaires, le visage a changé. Plus de rythme, plus d’intentions. Thelo Aasgaard a égalisé et, pendant un quart d’heure, on a cru voir se dessiner les premiers contours de la patte McInnes : pressing plus haut, ballon mieux utilisé, lignes un peu plus agressives.

Mais l’élan est vite retombé. Les Rangers n’ont jamais vraiment su capitaliser sur leur temps fort. Pire, ils ont frôlé la punition en fin de match, lorsque Jesse Randall a gâché une énorme occasion en adressant un ballon trop tendre directement sur Ivor Pandur, titularisé pour ses débuts.

McInnes n’a pas cherché d’excuse : « C’est décevant – on a laissé filer deux points, mais on n’a pas été assez bons pour en prendre trois. » Le constat est brut, sans détour. Il réclame plus de confiance dans le plan de jeu, plus de rigueur dans les bases, « faire mieux les choses simples ».

Un point… et beaucoup de questions

Pour autant, personne ne parle de crise. Pas encore. Steven Thompson, ancien attaquant des Rangers, a appelé au calme sur BBC Radio Scotland. Pour lui, ce nul reste « un point à l’extérieur sur un terrain difficile », un résultat que d’autres équipes peineront à obtenir.

Il refuse toute réaction excessive à ce stade de la saison. À ses yeux, McInnes doit d’abord avoir le temps de façonner son effectif, d’imprimer ses idées sur le terrain d’entraînement, de choisir réellement ses hommes. « Il aura beaucoup appris sur ses joueurs ce soir », a-t-il estimé.

Et il est vrai que cette soirée à Tannadice ressemblait à un laboratoire à ciel ouvert.

Une équipe en travaux

Ivor Pandur dans les buts, Ben Godfrey en charnière, Cammy Devlin et Lawrence Shankland alignés d’entrée : les quatre symboles du nouveau visage des Rangers ont découvert la compétition ensemble. Une ossature à peine esquissée, qui demande forcément des réglages.

Dan Neil et Ross McCrorie, eux, sont entrés en jeu, autre signe d’un été d’agitation et de renouvellement. McInnes a déjà prévenu : d’autres recrues arriveront dans les prochaines semaines. Le mouvement n’est pas terminé.

Tout n’a pourtant pas convaincu. Andy Halliday, autre ancien de la maison, a pointé des failles structurelles dans le dispositif du nouveau manager. Pour lui, le problème n’est pas le nombre de défenseurs, mais l’absence de bloc compact. Il a jugé les Rangers « à l’opposé » de ce principe fondamental.

Son verdict est cinglant : à l’exception de Thelo Aasgaard, il estime que les meilleurs joueurs sur la pelouse portaient le maillot de Dundee United. Les Rangers, selon lui, restent « un travail en cours » et ce démarrage ne correspond en rien à ce qu’ils espéraient.

Des soucis derrière, un manque criant sur les côtés

Les nuages ne se limitent pas au résultat. Ben Godfrey a quitté ses partenaires sur une alerte aux ischio-jambiers, ajoutant une inquiétude physique à une soirée déjà compliquée. À cela s’ajoute l’incertitude autour du visa d’Olwethu Makhanya, censé renforcer la défense avant le déplacement européen de jeudi sur le terrain de Jagiellonia Bialystok en qualifications de Ligue Europa.

Le secteur défensif réclame des renforts, mais McInnes a été clair : sa priorité se situe encore plus haut, sur les ailes. Djeidi Gassama a débuté côté gauche, avant d’être remplacé à la pause. La rencontre s’est terminée avec Mohamed Diomande et Aasgaard dans des rôles très intérieurs, presque privés de largeur.

Le manager l’a reconnu : lorsque le match s’est étiré en seconde période, les espaces existaient, mais il manquait des joueurs capables de les attaquer, de faire reculer les défenseurs adverses, de créer le déséquilibre en un contre un. « On veut encore un ailier capable d’aller provoquer, de faire la différence et de mettre les gens sur le reculoir », a-t-il confié.

Son constat est limpide : sans ce profil, les attaquants restent tributaires d’un service trop prévisible, trop rare. Et pour l’instant, ce manque se voit à chaque accélération avortée.

Une saison à construire, dans l’urgence

Un point à l’extérieur, un nul inaugural, un entraîneur qui appelle au calme tout en martelant qu’il faudra vite faire mieux. Les Rangers de Derek McInnes avancent déjà sur une ligne fine : celle qui sépare la patience nécessaire à une reconstruction et l’exigence implacable d’un club qui n’a pas le droit de traîner.

Le temps, McInnes le réclame. Le calendrier, lui, ne l’attendra pas.