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Derby d’Italia : Spalletti et la force d’Inter

À la veille du Derby d’Italia, Luciano Spalletti ne joue pas la carte de la diplomatie. Pour lui, malgré l’été agité de la Juventus, la hiérarchie reste claire : Inter est toujours l’équipe la plus forte de Serie A. Point final. À Perth, samedi, son groupe aura droit à un test grandeur nature pour mesurer le chemin qu’il lui reste à parcourir.

Un Derby d’Italia… à l’autre bout du monde

Juventus–Inter, habituellement plongé dans l’électricité de Turin ou de Milan, se délocalise en Australie, à Perth, pour un amical de prestige programmé à 12h00 BST, 21h00 heure locale. Match de préparation, certes. Mais Spalletti refuse d’y voir une simple exhibition.

« Ce sont le genre de matches qui te disent beaucoup sur la mentalité de l’équipe et sur le fait de savoir si l’on travaille dans la bonne direction », a-t-il expliqué face aux médias.

Le technicien italien sait ce que représente Inter, même en été. « Inter est une équipe très forte, comme Chelsea. Il faudra être une équipe à chaque instant, car si nous ne sommes pas compacts, Inter trouvera des avantages. »

Le message est clair : même à des milliers de kilomètres de l’Italie, l’exigence reste la même. Et l’adversaire aussi.

Kenan Yildiz, plus qu’un simple atout marketing

Au cœur des attentes bianconere, un nom revient avec insistance : Kenan Yildiz. Le jeune attaquant, déjà remarqué face à Chelsea à Hong Kong, aura un rôle plus important contre Inter.

Spalletti l’a confirmé : « Il jouera plus que lors du match contre Chelsea. » Derrière cette phrase, une gestion millimétrée des forces en présence. « Nous étions sans trois ou quatre joueurs à l’entraînement aujourd’hui pour gérer les charges de travail et la fatigue qui s’accumule. Ce n’est pas simple d’organiser ce genre d’événements. Ils demandent un effort supplémentaire et nous devrons en parler dans les prochains jours pour voir comment nous avons récupéré. »

Le sélectionneur de la Juventus – désormais architecte d’un effectif renouvelé – avance donc avec prudence. Yildiz aura du temps de jeu, mais son statut pour le début de la Serie A reste encore ouvert : « Je verrai après le match de demain s’il sera titulaire (en championnat), mais je pense le faire jouer une mi-temps, ou presque. »

Rien de définitif, mais un signal fort : le talent turc fait partie du plan.

Un mercato ciblé, pas de place pour les caprices

Le nom d’Alessandro Circati, défenseur central de Parma, circule depuis plusieurs jours autour de la Juventus. Interrogé sur ce dossier, Spalletti a calmé le jeu, sans détour.

« C’est un jeune prometteur qui a montré beaucoup de grandes qualités et il pourrait intéresser n’importe quel club. Mais pour l’instant, nous n’avons que deux pistes fortes en tête et elles ne le concernent pas. Nous ne pouvons pas créer de situations alternatives pour le moment car nous avons un effectif très large. »

Le message en filigrane : la Juventus ne s’éparpille pas. L’effectif est dense, les priorités sont définies, et les arrivées devront répondre à une logique stricte, pas à l’agitation du marché.

Sans “serial buteur”, mais avec une armée offensive

Le départ de Dusan Vlahovic a ouvert une question obsédante : qui marquera les 20 buts de référence sur une saison ? La Juventus a répondu par le collectif. Randal Kolo Muani, Jeff Ekhator et Kerim Alajbegovic sont arrivés pour redistribuer les responsabilités offensives.

Spalletti, lui, refuse de se laisser enfermer dans le cliché du buteur à 20 réalisations. « Je pense que nous avons recruté des joueurs qui, collectivement, seront capables de dépasser ces chiffres. Ce n’est pas important d’avoir quelqu’un qui marque 20 buts. » La saison qui arrive sera rythmée par un calendrier chargé, et le coach le rappelle : « Cette année, la saison sera caractérisée par le fait qu’elle se jouera les jeudis et les dimanches, il sera difficile d’aligner toujours les mêmes joueurs. »

La Europa League, qu’il décrit comme plus exigeante encore que la Champions League, impose une profondeur de banc et une flexibilité tactique. « Même sans avant-centre physique, nous avons Ekhator qui possède quelques-unes de ces caractéristiques, Kolo Muani commande la surface. C’est une situation un peu ouverte, mais avec les joueurs que nous avons, avec ce que nous avons fait sur le marché, nous pourrons compenser grâce au travail collectif de tous. »

Et Spalletti n’oublie pas Alajbegovic : « C’est quelqu’un qui peut marquer. Nous voulons aider les chiffres de Kolo Muani. Pour le moment, nous sommes assez tranquilles. » Pas de star unique, mais un réseau offensif à construire, où chacun devra prendre sa part.

Bastoni, le passé houleux… et le présent maîtrisé

Le Derby d’Italia transporte toujours son lot de rancœurs. La dernière confrontation entre les deux clubs avait laissé un goût amer, avec le fameux épisode de la simulation d’Alessandro Bastoni et la célébration qui avait suivi l’expulsion injuste de Pierre Kalulu.

Invité à revenir sur cet épisode, Spalletti n’a pas cherché la polémique. Ni revanche, ni discours dramatique. « Ce sera simple, nous continuerons à faire ce que nous avons fait après ce match. Nous n’avons pas créé de grand lendemain, nous n’avons pas parlé du comportement des joueurs sur le terrain. Nous voulons juste jouer un bon match contre la plus forte équipe de notre championnat et apprendre le plus de choses possible pour arriver à leur niveau. »

Tout est là : reconnaissance de la force d’Inter, ambition d’y parvenir, et utilisation de chaque confrontation comme un cours accéléré de haute compétition.

Samedi, à Perth, ce ne sera “qu’un amical”. Sur le papier. Sur le terrain, pour la Juventus de Spalletti, ce sera un révélateur : à quelle distance réelle se trouve-t-elle encore du sommet incarné par l’Inter ?

Derby d’Italia : Spalletti et la force d’Inter