Dembélé brille, Liverpool éliminé à Anfield
Anfield a grondé, a espéré, a poussé. Il a fini par se taire. Liverpool quitte la compétition en quarts de finale, battu une deuxième fois par le tenant du titre, porté par un Ousmane Dembélé clinique qui a transformé une soirée de révolte en constat d’impuissance.
Une veille de commémoration, une atmosphère lourde
La nuit avait une tonalité particulière. À la veille du 37e anniversaire de la tragédie de Hillsborough, le stade s’est figé dans un silence dense, un Kop en mosaïque, les deux équipes ceintes de brassards noirs. Puis le bruit est revenu, brutal, comme souvent ici.
Sur le terrain, Jürgen Klopp – ou plutôt Liverpool, car le texte ne le mentionne pas, mais l’équipe – avait choisi de bousculer son onze. Alexander Isak retrouvait une place de titulaire pour la première fois depuis sa blessure de décembre, entouré de quatre autres revenants dans le XI : Hugo Ekitike, Ryan Gravenberch, Milos Kerkez et Alexis Mac Allister.
En face, le tenant du titre ne se cachait pas. Et très vite, les deux gardiens entraient en scène. Khvicha Kvaratskhelia testait Giorgi Mamardashvili en frappant plein axe, Matvei Safonov captait sans trembler une tête d’Isak. Six minutes, déjà deux avertissements, mais aucun frisson durable.
Dembélé sonne la première alerte
Ousmane Dembélé, lui, n’a pas mis longtemps à imposer sa menace. Une première fois, il profite d’un ballon coupé par Mamardashvili sur une passe destinée à Warren Zaïre-Emery pour tenter un lob. Le gardien de Liverpool, battu sur sa sortie initiale, doit reculer en catastrophe et boxer le ballon sous sa barre.
Quelques instants plus tard, une touche jouée rapidement offre au Français une occasion nette à six mètres. Il s’ouvre le but… et envoie le ballon au-dessus. Premier soupir de soulagement pour Anfield, qui sait déjà que le danger vient de ce côté-là.
Le match bascule ensuite sur un coup du sort. Hugo Ekitike glisse, reste au sol, doit être évacué sur civière. Mohamed Salah entre plus tôt que prévu. Le No.11 change immédiatement le ton.
Son premier ballon est un centre tendu qui sème le chaos. Milos Kerkez se jette, pousse le ballon vers Safonov, qui repousse. Virgil van Dijk arrive lancé, prêt à conclure. Marquinhos jaillit, tacle désespéré, contre salvateur. Le Kop hurle, croit au but, ne voit qu’un mur brésilien.
Juste avant la pause, Ibrahima Konaté doit lui aussi s’employer pour garder Liverpool en vie dans le duel. Dembélé coupe un centre d’Achraf Hakimi, prêt à pousser le ballon au fond. Le défenseur central intervient au dernier moment. Anfield retient son souffle, mais le score reste vierge sur la soirée, pas sur la double confrontation.
Révolte au retour des vestiaires
Au retour des vestiaires, Liverpool change de visage. Joe Gomez et Cody Gakpo entrent, et tout de suite, l’intensité grimpe. Gakpo déclenche une frappe rasante de l’extérieur de la surface, Safonov se détend et détourne en corner. Sur le coup de pied de coin, Gomez s’élève, mais sa tête passe au-dessus.
Le stade y croit à nouveau. Les vagues rouges se succèdent. Ryan Gravenberch s’essaie de loin, frappe sèche, le ballon file de peu au-dessus. Le tenant du titre recule, subit, ne sort presque plus.
Le moment clé arrive à la 64e minute. Alexis Mac Allister pénètre dans la surface, Willian Pacho intervient, le milieu tombe. L’arbitre désigne le point de penalty. Explosion dans les tribunes. Puis le silence, le temps du visionnage. Le verdict tombe : décision annulée après intervention de la VAR. Le ballon repart, mais l’élan psychologique vient de prendre un coup.
Ngumoha tente, Dembélé achève
Liverpool ne renonce pas. Le temps file, alors un nouveau pari offensif est tenté avec l’entrée de Rio Ngumoha pour apporter du tranchant supplémentaire. Le jeune attaquant se met vite en évidence, trouve l’espace, frappe fort. Safonov repousse encore, solide, imperturbable.
Deux minutes plus tard, l’espoir se fissure pour de bon.
Sur une rare incursion du PSG dans ce second acte dominé par les Reds, Kvaratskhelia lève la tête et dépose un ballon vers Dembélé. Le Français contrôle la situation, se met sur son pied, enroule depuis l’entrée de la surface. Mamardashvili est battu. Froid, net, 1-0 sur la soirée, 3-0 sur l’ensemble de la double confrontation. Le souffle d’Anfield se coupe.
Le temps additionnel ne sera qu’un dernier coup de griffe. Bradley Barcola déborde et centre en retrait, Dembélé surgit, reprend en première intention. Deuxième but de la soirée, 4-0 sur l’ensemble des deux matches. L’attaquant signe une performance de tueur, le tenant du titre valide sa place en demi-finale.
Les 59 623 spectateurs présents assistent alors à une scène qu’ils connaissent trop bien : leur équipe quittant la scène européenne plus tôt qu’espéré, sous les applaudissements d’un public qui sait reconnaître l’effort, mais qui, cette fois, a vu la précision glaciale d’en face étouffer la furia rouge.
La saison européenne de Liverpool s’arrête là. Celle du champion en titre, elle, ne fait que monter en puissance. Qui parviendra à l’arrêter désormais ?




