Declan Rice appelle Arsenal à être meilleurs avant le match contre City
Arsenal avance en tête du championnat, mais personne au club ne se berce d’illusions. Surtout pas Declan Rice. À trois jours d’un déplacement brûlant sur la pelouse de Manchester City, le milieu anglais a posé les mots que tout le monde avait en tête : si les Gunners veulent vraiment parler de titre, il va falloir hausser le niveau. Nettement.
Six points d’avance sur City, un match de plus au compteur, une place en demi-finale de Champions League – seul club anglais encore en lice – et pourtant, l’ambiance reste tendue autour de l’équipe. Le jeu interroge, les tribunes murmurent, et Rice ne cherche pas à maquiller la réalité.
Une série qui laisse des traces
Le milieu de 27 ans résume les dernières semaines en un mot : « montagnes russes ». Tout a basculé avec la défaite en finale de Carabao Cup contre City. Un coup derrière la tête, suivi d’une élimination en FA Cup à Southampton, puis d’un revers à domicile face à Bournemouth en Premier League. Trois gifles en peu de temps.
Entre ces accrocs, Arsenal a pourtant fait le travail en Europe : succès 1-0 sur la pelouse de Sporting en quart de finale aller de Champions League, puis qualification validée avec un 0-0 contrôlé à l’Emirates. Une solidité défensive assumée, mais une production offensive famélique.
Rice insiste sur ce paradoxe. Il salue la rigueur sans ballon face à Sporting, tout en reconnaissant sans détour les limites techniques de l’équipe sur cette série de cinq matchs. Les pertes de balle faciles, les passes courtes mal assurées, ce manque de sérénité qui colle au pied au moment de construire.
« On sait qu’on doit être meilleurs, il n’y a pas à tourner autour du pot », lâche-t-il. Bournemouth, Sporting… les exemples sont frais. Les erreurs récurrentes, elles, ne pardonneront pas au Etihad.
Le Etihad comme juge de paix
Le décor est planté : le Etihad Stadium, un dimanche, face à la machine de Pep Guardiola. Rice ne s’en cache pas : c’est « le test ultime ». Mais c’est aussi, à ses yeux, la raison d’être de ce métier. Le genre de rendez-vous qui forge les champions.
Il ne parle pas seulement de titre. Il parle de revanche.
Les joueurs d’Arsenal sont restés sur la pelouse de Wembley pour regarder City soulever la Carabao Cup. Une décision volontaire, un signe de respect assumé. Mais l’image a laissé une brûlure durable. « Les voir soulever le trophée, ça a fait mal », confie Rice. Cette douleur, il veut la transformer en carburant.
La mission est claire : six matchs encore en Premier League, un déplacement chez le rival direct, et la possibilité d’envoyer un signal brutal au reste du pays. « Aller là-bas et gagner serait une déclaration immense », glisse-t-il. Dans le vestiaire, les discussions ont déjà eu lieu. Le groupe sait ce que ce rendez-vous exige.
Un Arsenal sous surveillance
Trois buts seulement sur les cinq derniers matchs. Le constat est froid, et Rice sait que ce genre de chiffre attire la lumière, et les critiques. Il ne se cache pas derrière des excuses, mais il rappelle la réalité tactique à laquelle Arsenal se heurte semaine après semaine.
Les blocs bas, les défenses à cinq, les 5-4-1 et 5-3-2 tassés devant la surface. Sporting en a donné un nouvel exemple avec son 5-3-2 compact à l’Emirates. Peu d’espaces, peu de profondeur, beaucoup de duels face à des internationaux aguerris. Casser ces murs demande patience, précision et créativité. Arsenal n’en a montré qu’une partie.
Rice assume que les supporters attendent plus, surtout à domicile. Mais il insiste sur un point : dans ce contexte, se qualifier reste un vrai motif de satisfaction. Mercredi, l’essentiel était de passer, et Arsenal l’a fait.
La nuance n’efface pas l’urgence : pour espérer bousculer City, il faudra retrouver ce tranchant perdu dans les trente derniers mètres, sans perdre la solidité défensive enfin retrouvée.
Un leader diminué mais debout
Dans ce contexte électrique, Rice lui-même a failli manquer le rendez-vous européen. Cloué au lit lundi et mardi par une grosse fatigue et des symptômes d’infection, il reconnaît que, si le match avait eu lieu 24 heures plus tôt, il n’aurait pas joué.
La saison lui pèse. Il a déjà dû renoncer au rassemblement de mars avec l’Angleterre, son sélectionneur Thomas Tuchel expliquant qu’il ressentait « une gêne depuis un bon moment » et n’était qu’à « 70 % » de ses capacités. Après la trêve, Rice a encore manqué le déplacement de FA Cup à Southampton. Le corps tire la sonnette d’alarme, mais le calendrier, lui, ne ralentit pas.
Mercredi matin, il se sent un peu mieux. Pas à 100 %, loin de là. Suffisamment, toutefois, pour enfiler le maillot et se mettre au service du collectif. « Je voulais aider l’équipe, c’est ça, jouer pour ce club, quelles que soient les conditions », explique-t-il.
Cette disponibilité prend encore plus de poids au regard de l’infirmerie. Arsenal avance sans Jurriën Timber, Martin Ødegaard ni Bukayo Saka, trois pièces maîtresses, trois absences lourdes dans les grands rendez-vous. « On les veut de retour, on en a besoin », martèle Rice. Leur manque s’est déjà fait sentir cette saison, souvent au pire moment.
Le titre se jouera aussi dans les têtes
Rice ramène tout à la base : les « fondamentaux ». Ces passes de cinq ou dix mètres qui, en ce moment, fuient les pieds londoniens. Ce contrôle de plus pour se mettre à l’abri, cette capacité à se relâcher avec le ballon, à ne pas jouer comme si chaque touche valait une balle de match.
Le milieu sait que le Etihad ne pardonne rien. Mais il refuse de s’y rendre en victime. Pour lui, ce genre de match renvoie à ses souvenirs d’enfant, devant la télévision, à regarder ces affiches qui décident d’un titre. Il pose la question qui va accompagner Arsenal jusqu’au coup d’envoi : à quel point le groupe le veut-il, ce titre ?
Dimanche, il n’y aura plus de marge pour les « montagnes russes ». Ce sera City, le Etihad, la mémoire encore vive de Wembley, et une équipe d’Arsenal sommée de prouver qu’elle n’est pas seulement en tête du classement, mais prête à y rester.




