Danny Murphy privilégie Luis Enrique pour remplacer Arne Slot à Liverpool
Danny Murphy place Luis Enrique devant Xabi Alonso pour succéder à Arne Slot à Liverpool
À Anfield, la tempête gronde autour d’Arne Slot, mais en coulisses, certains réfléchissent déjà au « si jamais ». Danny Murphy, ancien milieu de terrain de Liverpool, a tranché : si changement il doit y avoir, le nom à cocher n’est pas Xabi Alonso, mais Luis Enrique.
Pour l’instant, la direction des Reds ne montre aucun signe d’impatience. Slot, artisan d’un titre de Premier League remporté avec autorité la saison passée, reste officiellement solidement installé sur le banc. La défense de ce titre est chaotique, le jeu moins tranchant, mais Liverpool demeure en bonne position pour accrocher la Ligue des champions. Rien qui, en apparence, justifie une rupture brutale.
Mais le bruit ne s’arrête pas aux portes d’Anfield. Les rumeurs de changement de manager se multiplient, nourries par une période compliquée et par une partie du public déjà lassée. Et dans ce vacarme, un nom revient avec insistance depuis des mois : Xabi Alonso.
L’ancien maestro du milieu, limogé par le Real Madrid plus tôt cette année après un passage express et raté au Bernabéu, reste une idole à Liverpool. Son lien émotionnel avec le Kop est évident. Pour beaucoup, il incarne l’héritier naturel. Pas pour Murphy.
« Pour moi, il y a un candidat qui se détache – Luis Enrique », affirme-t-il.
L’ancien international anglais imagine déjà le scénario : un nouvel exploit européen avec le Paris Saint-Germain, puis l’envie d’un autre défi, ailleurs, dans un autre contexte, avec un autre public. Liverpool, donc.
Murphy ne tarit pas d’éloges : selon lui, Enrique est un entraîneur « phénoménal ». Quand il regarde jouer le PSG, il voit le type de football qu’il voudrait voir à Anfield : une équipe qui sait manier le ballon, mais qui attaque avec intention, rythme et personnalité. Un football de convictions, pas de compromis.
Pour autant, Murphy ne jette pas Slot aux oubliettes. Il le dit clairement : une partie de lui estime que le Néerlandais mérite la chance de se racheter après une première saison brillante. Il pointe du doigt les circonstances difficiles de cet exercice, multiples et pesantes, qui ont freiné la dynamique. Mais le constat est là : la patience du public s’effrite.
« J’ai très rarement vu les supporters de Liverpool, une majorité d’entre eux, se retourner aussi vite contre un manager pendant une mauvaise période », constate-t-il.
Une phrase lourde de sens, dans un club où la ferveur et la loyauté sont habituellement des constantes.
Dans cette réflexion, Xabi Alonso n’est pas écarté. Murphy le décrit comme un « nouveau manager exceptionnel », avec cette connexion affective évidente avec les fans, un atout énorme dans un environnement aussi émotionnel que Liverpool. Le débat sur le lien entre le coach et le public, ou sur son absence, a d’ailleurs pris de l’ampleur ces dernières semaines.
Mais c’est le style qui fait tiquer l’ancien milieu. Alonso, rappelle-t-il, est d’abord un entraîneur de possession. Arne Slot aussi, dans une certaine mesure. Or, Murphy lit autre chose dans l’ADN de Liverpool et dans les attentes de ses supporters : un football plus risqué, plus énergique, plus « all-in ». Le fameux jeu à haute intensité qui a redéfini le club sous Jürgen Klopp.
Dans ce prisme, Alonso apparaît comme une option séduisante, mais pas forcément alignée avec l’urgence du moment. « Mon instinct me dit que ce serait un risque », admet Murphy. Puis il nuance aussitôt : chaque manager représente un pari, surtout quand il faut rivaliser avec Manchester City et Arsenal, des machines déjà réglées au millimètre. Aucune garantie, jamais.
Il n’écarte pas pour autant l’idée de voir un jour Alonso sur le banc d’Anfield. Au contraire, il s’y attend presque. Un futur possible, mais pas nécessairement le présent idéal.
Aujourd’hui, dans l’esprit de Murphy, si Liverpool décidait de tourner la page Slot, un nom s’imposerait : Luis Enrique, avec son expérience au plus haut niveau, sa capacité à structurer une équipe tout en la laissant jouer, et ce sentiment qu’il pourrait pousser ce groupe un cran plus haut, plus vite.
Reste une question brûlante : le club osera-t-il un tel virage alors que la qualification en Ligue des champions reste à portée, ou choisira-t-il de s’accrocher à Slot une saison de plus, au risque de voir la fracture avec le Kop s’agrandir encore ?




