Analyse de la composition du Barça pour la Liga
Hansi Flick n’a pas eu besoin de le dire clairement après la victoire 2-1 du Barça contre Al Ahly en Trophée Joan Gamper. Sa composition et ses changements parlaient déjà pour lui : son onze pour la reprise de la Liga contre Elche est en train de se dessiner.
La préparation a servi de laboratoire, mais aussi de filtre. Les états de forme ont imposé leurs lois, écartant provisoirement plusieurs cadres théoriques du « meilleur XI » et ouvrant la porte à ceux qui ont enchaîné les minutes et les prestations solides. Flick a pris des notes. Et il commence à trancher.
Une ossature claire de l’arrière jusqu’au milieu
La colonne vertébrale se dessine d’abord derrière. Joan Garcia semble solidement installé dans le but. Il a enchaîné les rencontres, rassuré, et rien ne laisse penser que Flick changera de gardien au moment d’entrer dans la saison.
Devant lui, une autre certitude se renforce : Eric Garcia s’est imposé comme l’option numéro un au poste de latéral droit. Aligné et ré-aligné à ce poste tout au long de la préparation, il a gagné des points à chaque sortie. Sauf surprise de dernière minute, il débutera côté droit contre Elche.
Dans l’axe, Gerard Martin a lui aussi gagné la confiance de son entraîneur. Sa présence régulière, sa constance, l’ont propulsé dans la hiérarchie. Andreas Christensen est attendu à ses côtés pour former la charnière centrale. Un duo qui n’aurait pas forcément été imaginé en début d’été, mais que Flick a consolidé match après match.
À gauche, un signe encourageant est venu du Trophée Joan Gamper : le retour d’Alejandro Balde. Sa participation contre Al Ahly n’était pas anodine. Elle ouvre clairement la porte à une titularisation au poste de latéral gauche dès la première journée de Liga, si rien ne se complique physiquement d’ici là.
Au milieu, le tableau est encore plus net. Marc Bernal a été utilisé sans relâche comme point d’ancrage axial. Il s’est imposé comme le pivot du trio, le repère autour duquel tout s’organise. À ses côtés, deux noms reviennent avec insistance : Xavi Espart et Fermin Lopez. Les deux ont multiplié les minutes, les responsabilités et les repères dans ce milieu à trois.
Tout indique que cette combinaison Bernal–Espart–Lopez est devenue l’une des options les plus fortes pour débuter contre Elche. Une configuration qui ne correspond peut-être pas au milieu « idéal » sur le papier une fois tout l’effectif à 100 %, mais qui récompense ceux qui ont été disponibles, fiables et présents tout l’été.
Le constat est clair : le onze qui affrontera Elche risque de peu ressembler à celui que les supporters imaginent pour les grands rendez-vous de la saison. Flick, lui, assume de bâtir d’abord sur la forme du moment plutôt que sur les statuts.
Devant, une énigme et un indice nommé Anthony Gordon
C’est en attaque que les questions restent les plus nombreuses. Le chantier n’est pas totalement refermé.
Un point ne fait toutefois aucun doute : Raphinha sera là. L’ailier a conservé sa place et son importance dans les plans de Flick. L’autre aile, elle, reste plus ouverte, partagée entre Karim Adeyemi et Lamine Yamal.
Adeyemi part avec un avantage : il a été utilisé régulièrement pendant toute la préparation, souvent dans un rôle clé. Il connaît déjà les exigences de Flick dans le jeu sans ballon comme dans les transitions. Mais Lamine Yamal, par son talent brut, refuse de sortir du cadre. Sa qualité l’impose naturellement dans chaque réflexion. Flick le sait, le vestiaire aussi.
Le vrai nœud se trouve au centre. Le poste de numéro 9 reste la grande interrogation.
Hamza Abdelkarim a été, tout au long des amicaux, l’option la plus fréquemment testée en pointe. Il a servi de référence, d’appui, de repère pour le jeu offensif. Puis est arrivé ce moment face à Al Ahly, en plein Trophée Joan Gamper. Quand l’Égyptien a quitté la pelouse, ce n’est pas un autre avant-centre de métier qui a pris sa place dans l’axe. C’est Anthony Gordon qui a glissé dans ce rôle.
Ce déplacement n’a rien d’anodin. Flick cherche depuis des semaines des solutions différentes au poste de numéro 9. En plaçant Gordon dans l’axe lors de ce match symbolique, il a envoyé un signal : l’Anglais n’est pas seulement un joueur de couloir dans son esprit, mais une vraie option centrale pour le match contre Elche.
Cela ne signifie pas que Hamza Abdelkarim a perdu sa place. Le Trophée Joan Gamper n’a pas effacé ses minutes ni son importance dans la préparation. Mais ce changement a montré une chose essentielle : Flick est prêt à utiliser Gordon comme point de fixation offensif si le scénario l’exige, voire à démarrer avec lui dans ce rôle.
À quelques jours du coup d’envoi de la Liga, la hiérarchie n’est pas figée, surtout devant. Le terrain, lui, a déjà commencé à parler. La question est désormais simple : Flick ira-t-il au bout de cette logique de pré-saison en offrant à ses hommes les plus disponibles un premier XI qui bouscule les habitudes, ou choisira-t-il de se rapprocher plus vite de l’équipe « type » que tout le monde projette pour les grands soirs ?




