Colo Colo recrute Vozinha, gardien du Mondial
Colo Colo tient sa nouvelle histoire à raconter. Et elle commence avec un gardien de 40 ans, une Coupe du monde renversante et une chevelure bouclée devenue presque un logo.
Le président du club, Aníbal Mosa, l’a confirmé vendredi avant le match de championnat contre Deportes Limache : Vozinha, héros capverdien du dernier Mondial, a trouvé un accord pour rejoindre le géant de Santiago. Libre de tout contrat, le portier va désormais faire le voyage vers le Chili pour passer sa visite médicale, dernière étape avant sa présentation officielle à l’Estadio Monumental.
« Vozinha sera joueur de Colo Colo. Dans les prochains jours, il voyagera au Chili, passera les examens médicaux habituels puis sera présenté ici à l’Estadio Monumental », a déclaré Mosa devant les médias. Un ton sans ambiguïté, à la hauteur de l’impact qu’a eu le gardien lors de la Coupe du monde.
De Chaves à la gloire mondiale
Avant de devenir l’une des révélations du tournoi, Vozinha sortait d’une expérience discrète au Portugal, avec Chaves en deuxième division. Il avait quitté le club avant le Mondial, sans grand bruit. C’est sur la plus grande scène du football qu’il a fait exploser sa cote.
Avec le Cap-Vert, qui disputait la compétition pour la première fois de son histoire, le vétéran a tenu tête aux plus grands. Il a été élu dans l’équipe-type du tournoi choisie par les fans de la FIFA, récompense symbolique mais révélatrice : le monde entier a vu ce que les attaquants espagnols et argentins ont subi.
Face à l’Espagne, future championne du monde, il a fermé la boutique. Match nul, 0-0, un exploit pour un pays novice, rendu possible par une série d’arrêts décisifs et un sang-froid glaçant dans les moments chauds. Contre l’Argentine, future finaliste, il a encore prolongé le rêve : le Cap-Vert a poussé l’Albiceleste en prolongation en huitièmes de finale, porté par un gardien qui refusait de céder.
Ces deux performances ont suffi à changer son statut. De gardien anonyme de D2 portugaise, Vozinha est devenu un visage du Mondial, un symbole de la résistance des « petits » face aux monstres du football.
Un pari sportif… et un coup marketing
Aníbal Mosa ne s’en cache pas : si le recrutement de Vozinha récompense son niveau, il ouvre aussi d’autres portes pour Colo Colo. Le président a reconnu que les prestations du Cap-Verdien au Mondial prouvaient qu’il « méritait » cette opportunité, tout en soulignant l’attrait marketing du transfert pour le club chilien.
Le profil est idéal pour un club qui cherche à renforcer son aura continentale. Un gardien charismatique, une histoire forte, un Mondial en vitrine. Colo Colo a d’ailleurs commencé à jouer avec cette image avant même la signature officielle : sur les réseaux sociaux, le club a teasé l’arrivée du portier avec un visuel laissant deviner sa fameuse chevelure bouclée, devenue sa marque de fabrique.
Le message est clair : ce transfert dépasse le simple cadre sportif. Il raconte une ambition, celle d’un club historique qui veut rester visible, audible, reconnaissable, dans un paysage sud-américain de plus en plus concurrentiel.
L’Estadio Monumental attend son nouveau gardien
Il reste une formalité, mais elle est indispensable : la visite médicale au Chili. Une fois validée, Vozinha sera présenté à l’Estadio Monumental, théâtre de tant de nuits bouillantes pour Colo Colo. Le public pourra alors découvrir de près celui qui a fait douter l’Espagne et trembler l’Argentine.
À 40 ans, le Cap-Verdien n’arrive pas comme une promesse d’avenir, mais comme une assurance d’expérience. Un dernier grand défi, un dernier grand club, dans un pays où la pression est permanente et où chaque match pèse lourd.
La question est désormais simple : après avoir résisté aux champions du monde, jusqu’où pourra-t-il mener Colo Colo sur le continent ?



