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Clásico : Barcelona en route vers l'histoire

Le décor est planté. Hansi Flick et son Barcelona arrivent au Clásico avec un boulevard de 11 points d’avance sur leur vieux rival Madrid. Un nul suffirait pour garder la main sur le titre. Une victoire, en revanche, les propulserait encore un peu plus vers l’histoire – et leur offrirait l’occasion de fêter ça avec panache.

Car l’enjeu dépasse largement la simple Liga. Si Barcelona remporte ses quatre derniers matches de championnat, à commencer par cette affiche brûlante face au Madrid d’Álvaro Arbeloa en Catalogne, le club égalera le record absolu de points sur une saison de Liga: 100 unités.

Et ce n’est pas tout. En cas de succès contre Madrid puis contre Real Betis le week-end suivant, les Catalans deviendraient la première équipe à gagner tous ses matches à domicile sur une saison de Liga à 38 journées. Une forteresse parfaite, un message envoyé à tout le pays.

Madrid sous tension, vestiaire sous pression

En face, Madrid arrive cabossé, nerveux, à l’image de sa saison. Le club va boucler un exercice sans le moindre trophée pour seulement la cinquième fois depuis le début du siècle. La tension, longtemps contenue, a explosé cette semaine.

Après l’entraînement, une altercation entre Aurélien Tchouameni et Federico Valverde a dégénéré. Le milieu uruguayen a terminé à l’hôpital avec une blessure à la tête, forfait pour une quinzaine de jours. L’épisode a fait grand bruit dans un vestiaire déjà fragilisé.

Valverde a tenté d’éteindre l’incendie en expliquant qu’il s’était « accidentellement » cogné contre une table pendant la dispute, provoquant « une petite coupure au front ». L’argument n’a convaincu personne ou presque. Le malaise, lui, est resté.

Le club a tranché: 500 000 euros d’amende pour chacun des deux joueurs. Madrid assure que Tchouameni et Valverde se sont excusés l’un auprès de l’autre, auprès de leurs coéquipiers, du staff et des supporters.

Álvaro Arbeloa, lui, a salué la rapidité de la réaction interne et le comportement de ses joueurs après coup. Ils ont, selon lui, « reconnu leur erreur, exprimé leurs regrets, accepté les conséquences de leurs actes et demandé pardon ».

« Pour moi, ça suffit, a ajouté l’entraîneur madrilène. Je ne vais pas les brûler sur la place publique, parce qu’ils ne le méritent pas… au vu de ce qu’ils m’ont montré ces quatre derniers mois et ces dernières années. »

Preuve qu’il veut tourner la page: malgré la confrontation, Arbeloa a confirmé que Tchouameni figurerait dans le groupe pour le Clásico. Un signal fort, ou un pari risqué, à l’heure d’affronter un Barcelona en ordre de marche.

Flick, la cohésion en étendard

Hansi Flick observe tout cela à distance. L’Allemand ne s’est pas privé de commenter l’incident madrilène, tout en gardant un ton mesuré.

Pour lui, ce genre de clash « arrive dans d’autres clubs », même si ce n’est pas « normal ». « Ça se produit partout dans le monde, donc ce n’est pas seulement un problème à Real, a-t-il expliqué. Est-ce que ça m’a surpris ? Peut-être un peu. Mais au final, ça ne me concerne pas, ce n’est pas mon club, ce n’est pas mon équipe. Je n’ai pas à penser à ça. »

En revanche, Flick insiste sur ce qu’il estime être la force actuelle de Barcelona: une ligne claire, partagée par tous.

« Le plus important, et ce que j’apprécie énormément dans ce club, c’est que nous allons tous dans la même direction, a détaillé le technicien. Quand quelque chose se produit, nous parlons tous de la même manière. »

Un message limpide. Là où Madrid se débat avec ses tensions internes, Barcelona veut s’afficher soudé, concentré, tourné vers un seul objectif: le titre.

Un titre dans un Clásico, une rareté

Les chiffres donnent la mesure du moment. Barcelona peut devenir la première équipe à sceller une Liga lors d’un Clásico depuis… 1932. Cette année-là, Madrid avait décroché son premier titre de champion d’Espagne dans ce cadre.

Près d’un siècle plus tard, le scénario peut s’inverser.

« Nous voulons gagner le titre, le deuxième d’affilée, a rappelé Flick. C’est incroyable, ce n’est pas quelque chose de normal ici en Espagne. C’est ce que nous voulons faire, rien d’autre, rien de plus. »

L’enjeu est clair, l’ambition assumée. Gagner contre le rival historique, à domicile, pour filer vers un doublé en Liga et tutoyer les records. Difficile d’imaginer meilleure motivation pour un vestiaire.

Mbappé et Lamine Yamal, spectateurs de luxe

Sur la pelouse, pourtant, il manquera deux des grandes attractions attendues de la saison. Madrid devra se passer de Kylian Mbappé. Le Français revient d’une blessure aux ischio-jambiers et a repris l’entraînement avec le groupe vendredi, mais son nom ne figure pas sur la liste des joueurs convoqués publiée par le club sur les réseaux sociaux dimanche.

Côté Barcelona, Lamine Yamal ne sera pas là non plus. Le prodige de 18 ans souffre lui aussi d’une blessure aux ischio-jambiers. Il devrait rester éloigné des terrains jusqu’à la Coupe du monde. Un coup dur pour Flick, qui perd l’une de ses principales armes offensives, mais pas de quoi changer la trajectoire d’une équipe lancée à pleine vitesse.

Le Clásico arrive donc avec ses absents, ses tensions, ses promesses de records et son parfum de bascule. Barcelona peut y écrire une page d’histoire, Madrid tenter d’éviter une humiliation de plus dans une saison déjà longue.

Reste une question: qui assumera le poids de ce soir-là, quand le coup d’envoi résonnera et que la Liga se jouera, peut-être, en 90 minutes brûlantes?