Christos Tzolis : le nouveau Leonidas d'Arsenal
À Arsenal, ils l’appellent déjà « Leonidas ». Pas pour faire couleur locale. Pour ce que ça dit de lui.
Dans le film 300, le roi spartiate mène une poignée d’hommes contre une armée infiniment supérieure en nombre. Courage, obstination, force brute. À Londres Colney, les préparateurs physiques ont trouvé que ça collait bien à leur nouveau Grec : Christos Tzolis.
Arrivé pour 34 M£ en provenance de Club Brugge, l’ailier n’a pas mis longtemps à se faire remarquer. En moins d’une semaine, il a fait exploser les compteurs des tests de pré-saison, notamment lors d’un exercice de course par intervalles de plus d’un kilomètre, où il a terminé en tête du groupe. Le reste de ses résultats, il préfère les garder pour lui. Mais son sourire trahit le fond de sa pensée : « bons », lâche-t-il simplement.
De Norwich aux bas-fonds à la renaissance
Tzolis connaît déjà la Premier League. La dernière fois, il n’était qu’un adolescent. Trois titularisations avec Norwich lors de la saison 2021-2022, terminée à la dernière place. Une équipe en souffrance, un contexte étouffant, et un talent qui se fane faute d’air.
La suite n’a pas été plus simple. Seulement trois matches comme titulaire en Championship, un prêt raté à Twente, puis un nouveau départ, à Fortuna Düsseldorf. C’est là, en 2e division allemande, que la trajectoire s’est remise à monter.
« Dans le football, ce n’est pas toujours une ligne ascendante. Tu peux avoir des revers, des difficultés », explique-t-il. Il parle de Norwich sans amertume, mais avec lucidité. Cette période lui a servi de leçon. Düsseldorf, lui, a servi de tremplin. Il y est allé pour récupérer quelque chose de fondamental : la confiance.
Jouer chaque week-end, sentir qu’il peut marquer, créer, peser sur les matches. Même si le niveau n’est pas celui de la Premier League, ce rythme lui a redonné des certitudes. De là, il a pu grimper à l’échelon supérieur : Club Brugge. Deux saisons « incroyables », comme il les décrit, qui découlent directement de ce choix d’aller se reconstruire en Allemagne.
Aujourd’hui, il se sent « beaucoup plus prêt » pour l’Angleterre. Il insiste : il n’est plus le même joueur qu’à Norwich, « à 100 % ». Son corps a changé, son mental aussi. Il le répète presque comme un credo : maintenant, c’est le moment de montrer qu’il est capable de s’imposer en Premier League.
Les chiffres qui parlent pour lui
Les sensations sont une chose. Les chiffres, une autre. En Belgique, les deux racontent la même histoire.
En deux saisons avec Club Brugge, Tzolis a inscrit 33 buts. Lors de l’exercice 2025-2026, il a crevé l’écran : 17 buts, 23 passes décisives, soit 40 actions décisives. Personne n’a fait mieux dans le championnat. Personne ne s’en est même approché : il termine avec 16 contributions de plus que n’importe quel autre joueur de la ligue, en guidant Bruges vers un nouveau titre.
Là-bas, il évoluait dans une équipe dominante, constamment dans le camp adverse, exactement le genre d’environnement qui le met en valeur. Rien à voir avec sa première expérience anglaise.
Il se souvient de ses débuts en Premier League, déjà à l’Emirates, mais avec le maillot de Norwich. Un contexte bancal, une équipe « pas prête pour la Premier League », comme il le dit sans détour. Lui, attaquant porté sur l’offensive, se retrouvait à défendre bas, à guetter des transitions qui ne venaient pas. Trop peu de ballons, trop peu de minutes pour se développer. Une occasion manquée, mais pas définitive.
Le coup de fil d’Arteta et un choix sans hésitation
Cet été, Tzolis profitait de quelques jours chez lui, à Thessalonique, quand la nouvelle est tombée : Arsenal veut faire de lui le successeur de Leandro Trossard sur le côté gauche.
Deux longues discussions avec Mikel Arteta ont suffi. Le message de l’entraîneur est clair : il ne lui demande pas de se réinventer, seulement de reproduire ce qu’il faisait à Bruges. Même position, même agressivité vers le but, même liberté dans le dernier tiers.
Le marché s’agitait, d’autres clubs se renseignaient. Mais rien de concret, selon lui. Arsenal, si. L’offre, la vision, la place dans le projet. « C’est toujours difficile de dire non à Arsenal », glisse-t-il. Une fois les Gunners venus avec quelque chose de précis, sa décision a été immédiate : il ne voulait plus écouter personne d’autre.
Un « joueur de poche gauche » à la David Villa
Pour se définir, Tzolis convoque un modèle : David Villa. Un attaquant « de poche gauche », toujours obsédé par le but. Partir de ce côté, rentrer sur son pied droit, frapper vite, fort, précis.
Son premier but sous ses nouvelles couleurs, en match de préparation contre Girona (4-1), a ressemblé à un clin d’œil à cette référence. Décalé à gauche, il repique, enroule, trouve le petit filet opposé. Simple, efficace, presque programmé.
Mais chez lui, tout ne se résume pas à la technique. Il parle de « passion » et de « désir de gagner ». Il promet de donner « 100 % à chaque match, dans chaque duel ». Des mots que l’on entend souvent. Chez lui, ils s’alignent avec ce surnom glissé par le staff : Leonidas. Le roi spartiate n’aurait sans doute pas demandé autre chose.
Reste à voir maintenant si, au cœur de l’Emirates, ce Leonidas-là saura mener une autre armée rouge vers de nouveaux territoires.



