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Christos Tzolis : Arsenal accueille son nouvel ailier prometteur

À Arsenal, on rêve déjà de Vinicius Jr. On fantasme, on se projette, on calcule. Mais samedi, en Catalogne, un autre ailier gauche a rappelé à tout le monde qu’il portait déjà le maillot du champion d’Angleterre : Christos Tzolis.

Face à Girona, pour sa première apparition avec Arsenal, le Grec n’a pas demandé de round d’observation. Ballon collé au pied, il a fixé son défenseur, a attaqué l’espace, a repiqué avec autorité avant de glisser une frappe dans le petit filet, légèrement déviée. Un geste simple, mais chargé de promesses. Un but qui a fait lever des sourcils dans le camp londonien : le nouveau numéro 17 ne vient pas pour faire de la figuration.

« C’est à moi de montrer »

Mikel Arteta l’a dit : les supporters d’Arsenal vont adorer regarder jouer Tzolis. L’Espagnol voit en lui un futur chouchou de l’Emirates, dans la lignée de Leandro Trossard, parti cet été à Besiktas. Mais pendant que le club explore toujours la possibilité d’ajouter une star mondiale côté gauche, comment vit-il ce grand écart, lui, fraîchement débarqué de Club Brugge pour 34 millions de livres ?

Interrogé au camp d’entraînement en Espagne, Tzolis ne se dérobe pas. Il ne réclame aucune garantie, ne parle pas de statut.

Il parle de travail.

Il explique qu’il ne se projette pas sur les plans du club à ce poste. Son obsession, c’est de s’adapter vite, de profiter du fait d’être là dès le début de la préparation, de jouer les amicaux, puis d’attaquer les matches officiels déjà intégré. Il sait que la fenêtre est là, maintenant. À lui de l’enfoncer.

Il le dit avec calme, mais sans la moindre hésitation : il est convaincu qu’il montrera ses qualités dans les prochains matches.

On comprend vite pourquoi Arsenal a insisté. Auteur de 51 contributions décisives en 52 rencontres la saison dernière avec Club Brugge, Tzolis arrive à Londres avec des chiffres d’ailier de très haut niveau. En face des caméras, il apparaît poli, direct, posé. Derrière le sourire, une détermination froide.

Le déclic s’est produit à Thessalonique, sa ville natale. C’est là qu’il apprend que le champion d’Angleterre veut le recruter. D’autres clubs tentent de se mêler à l’affaire, mais après quelques échanges avec Arteta, le choix est fait. Sans retour possible.

Être soi-même, version Arsenal

Arteta, lui, ne lui demande pas de se réinventer. C’est même tout l’inverse. Le message est clair : reproduire ce qu’il faisait à Bruges, avec la même intensité, la même personnalité.

Tzolis résume sa feuille de route : être lui-même, montrer sur le terrain sa passion, son envie de gagner, cette obsession de tout donner sur chaque duel. Il insiste sur un point : un joueur qui met 100 % dans chaque action finit toujours par embarquer les tribunes avec lui. Le public reconnaît l’effort total, même quand tout ne réussit pas.

Lui se définit avec trois mots : direct, créatif, gros volume de travail. À Arsenal, on valide. Mais un autre aspect de son profil a déjà frappé le staff.

« Leonidas » au test physique

Au centre d’entraînement, Tzolis a frappé fort dès les tests de reprise. L’un des grands défis physiques de l’été : un enchaînement de courses à haute intensité sur 1,4 km. Des allers-retours de 20, 40, 60 mètres, répétés cinq fois chacun. Un exercice qui ne pardonne pas.

Le nouveau venu termine premier.

Résultat : un surnom tombe, lancé par un préparateur physique. « Leonidas », comme le roi de Sparte incarné par Gerard Butler dans le film 300. Le clin d’œil amuse le vestiaire. Il lui va bien.

Tzolis temporise, rappelle que tout le groupe n’a pas encore passé ces tests. Mais les faits sont là : il est arrivé prêt. Il avait déjà commencé la préparation avec Bruges, il s’est entretenu tout l’été. Il voulait débarquer à Arsenal avec une condition irréprochable. Mission accomplie.

Le parallèle avec Leonidas fonctionne aussi pour une autre raison : il succède à un autre « Leo », Trossard, dont il prend symboliquement la place dans la rotation offensive. Un passage de témoin implicite, mais lourd de sens.

Entre Villa et Alexis

Derrière la puissance physique, il y a le joueur. Et dans la tête de Tzolis, les modèles sont clairs.

Il cite David Villa. Pas le géant de surface, mais l’attaquant de poche du Barça et de la sélection espagnole, capable de partir du côté gauche pour finir dans la zone de vérité. Il souligne les similitudes de gabarit, cette façon d’être un attaquant intérieur plus qu’un ailier de couloir. Villa n’était pas un « neuf » pur, mais un finisseur d’élite qui attaquait la zone depuis le demi-espace. C’est là que Tzolis se projette : pas collé à la ligne, mais toujours attiré par le but.

Il ne se compare pas en niveau, il parle de style. De rôle. D’instinct.

Autre référence : Alexis Sanchez. L’ombre du Chilien plane encore sur l’Emirates, surtout à gauche. Tzolis l’a beaucoup regardé. Il se reconnaît dans sa manière de jouer, dans cette agressivité permanente, cette volonté de provoquer, de frapper, de répéter les efforts.

Et le destin a ajouté un symbole : le Grec portera lui aussi le numéro 17, celui qu’Alexis avait endossé en 2014 à son arrivée à Arsenal. Tzolis assure que ce n’est pas pour cette raison qu’il l’a choisi. Les options en bas numéros étaient limitées, il ne voulait pas reprendre le 18 ou le 19 qu’il avait déjà porté. Le 17 s’est imposé. Mais il sait très bien ce que ce chiffre évoque dans le nord de Londres.

Il lâche alors une phrase qui en dit long sur ses ambitions : il espère connaître la même réussite.

Défendre un titre, sans le porter comme un poids

Au-delà de son cas personnel, Tzolis débarque dans un club qui vise un exploit historique. Aucun Arsenal champion n’a réussi à conserver son titre depuis les années 1930, à l’époque d’Herbert Chapman. La barre est haute, la pression massive. Mais de l’intérieur, le Grec voit autre chose : un groupe obsédé par le détail.

Ce qui le frappe le plus ? La rigueur du quotidien. La concentration dès l’échauffement en salle, l’intensité à l’entraînement, le sérieux mis dans chaque exercice de récupération. Rien n’est pris à la légère, même en plein été, même pour un simple match amical.

Il décrit des joueurs affamés sur chaque exercice, chaque jeu réduit. Pour lui, c’est le signe d’une équipe prête à se battre sur tous les tableaux. Pas seulement la Premier League. Toutes les compétitions. Il parle d’un vestiaire aligné, avec un état d’esprit clair : gagner des titres, pas seulement défendre celui déjà conquis.

Tzolis sait ce que signifie arriver chez un champion et voir le titre s’échapper l’année suivante. Il a vécu ce scénario avec Club Brugge. De cette expérience, il retient une chose : pour défendre un trophée, il ne faut pas s’obséder avec l’idée de le garder.

À ses yeux, la pression pèse surtout sur ceux qui doivent renverser le champion, pas sur celui qui vient de triompher.

Arsenal, lui, avance avec une nouvelle arme sur son aile gauche. Reste à savoir si ce « Leonidas » version moderne mènera ses propres batailles jusqu’au cœur du printemps anglais.