Chelsea et Mudryk : choix cruciaux après la suspension
Mykhailo Mudryk remet enfin les crampons. Et tout le monde l’a remarqué.
L’ailier de Chelsea, 25 ans, est de nouveau autorisé à jouer après la fin anticipée de sa suspension de quatre ans pour dopage, la Fédération anglaise et l’Agence mondiale antidopage ayant clos le dossier à la suite d’un appel. Le dossier disciplinaire est refermé, mais un autre s’ouvre aussitôt : celui de son avenir.
Retour sous les projecteurs
Mudryk a rejoint le groupe de Xabi Alonso à Hong Kong pour la tournée de pré-saison. À l’aéroport, l’Ukrainien a été accueilli par une nuée de supporters, preuve que son nom n’a jamais vraiment quitté l’actualité malgré des mois d’absence.
Alonso, qui a décrit son joueur comme un « special player », se réjouit de pouvoir enfin le voir à l’œuvre au quotidien. Mais l’enthousiasme du technicien ne signifie pas pour autant que tout est réglé. Aucun verdict n’est tombé sur son futur rôle à Chelsea. Rien n’est acté, tout reste ouvert.
Le club londonien lui laisse d’abord le temps de retrouver des sensations, de se réhabituer au vestiaire, au rythme des séances, au bruit du ballon. Après des mois à s’entraîner seul, loin de Cobham depuis décembre 2024, ce simple retour dans un collectif constitue déjà une étape majeure.
Un cas sportif… et de marché
Dans les coulisses, le téléphone de Chelsea sonne. Plusieurs clubs ont approché les Blues pour sonder la situation de Mudryk. Coventry, dirigé par l’ancien entraîneur de Chelsea Frank Lampard, fait partie des intéressés. Lampard connaît bien l’ailier, qu’il a dirigé à huit reprises lors de son deuxième passage sur le banc londonien.
Deux autres clubs de Premier League se seraient renseignés, tout comme trois formations européennes supplémentaires. Pour un joueur longtemps tenu à l’écart, la cote reste élevée. Son transfert à 62 millions de livres depuis le Shakhtar Donetsk en janvier 2023 n’a pas été oublié.
Chelsea, de son côté, ne ferme aucune porte. Rester dans le groupe, partir en prêt, être vendu : toutes les options lui ont été présentées. Sans ultimatum, sans précipitation affichée. Le club veut observer, jauger son état physique, son niveau, son adaptation après cette parenthèse forcée.
Mudryk, lui, n’a jamais cessé de clamer qu’il n’avait jamais pris sciemment de meldonium, la substance interdite depuis 2016 détectée lors d’un contrôle en octobre 2024. Ironie cruelle : une évolution des procédures de test de l’Agence mondiale antidopage fait que, si son échantillon de 2024 était analysé aujourd’hui, il ne serait même plus considéré comme une violation.
Hong Kong comme laboratoire
Le décor de ce retour n’a rien d’anodin. Hong Kong sert de laboratoire à Alonso, qui découvre son effectif et voit débarquer en même temps Mudryk et la nouvelle recrue Danny Welbeck, arrivés ensemble le week-end dernier.
Le staff veut éviter le choc frontal : pas de décision hâtive, pas de posture définitive. On teste, on observe, on discute. Le joueur doit d’abord retrouver des automatismes, se réinscrire dans une dynamique de groupe, montrer ce qu’il a encore dans les jambes et dans la tête.
Pour Chelsea, la question est claire : Mudryk peut-il redevenir l’ailier explosif pour lequel le club a investi si lourdement, ou vaut-il mieux capitaliser sur l’intérêt actuel du marché et tourner la page ? Pour l’Ukrainien, la tournée estivale ressemble à une nouvelle audition.
Le verdict ne tombera pas cette semaine. Mais il tombera, et il pourrait peser lourd sur la saison à venir des Blues… et sur la suite de la carrière d’un joueur qui, malgré la tourmente, n’a jamais cessé d’être considéré comme « spécial ».




