Championship 2023-2024 : Analyse des équipes et ambitions
La parenthèse estivale est refermée. Fini les shows de pré-saison, place à ce qui compte vraiment : un Championship qui s’annonce plus ouvert, plus sauvage que jamais.
Sur la ligne de départ, 24 clubs, 46 journées et une certitude : rien ne sera simple. Avec seulement quatre équipes sous parachute financier – West Ham, Wolves, Burnley et Southampton, ce dernier frappé d’un retrait de quatre points après le scandale de l’espionnage – l’ascenseur vers la Premier League n’a jamais semblé aussi accessible… ni aussi piégeux. Lincoln City revient à ce niveau pour la première fois depuis 1961, Cardiff ressurgit après un an d’exil, Bolton retrouve la division pour la première fois depuis 2019. Le décor est planté.
Birmingham City : l’heure de viser plus haut
Sous la houlette de Chris Davies, désormais bien installé pour une troisième saison, Birmingham aborde ce championnat avec une ambition assumée : le top 8, au minimum. L’an passé, les rêves de play-offs avaient semblé un peu précoces. Cette fois, ils paraissent alignés avec la réalité.
La force des Blues ? Une continuité assumée. Le groupe rajeuni de la deuxième partie de saison précédente est resté soudé, avec des joueurs comme Carlos Vicente, le milieu destructeur Jhon Solis ou l’attaquant August Priske, tous enrichis par leurs premiers mois à ce niveau. Derrière, la paire Christoph Klarer – Phil Neumann promet d’être l’une des plus solides du plateau.
Le problème saute aux yeux : les déplacements. Cinq victoires à l’extérieur seulement, et l’une des pires attaques loin de St Andrew’s, pourtant transformé en forteresse (44 points, quatrième meilleur bilan à domicile). Pour viser les play-offs, Davies devra repenser complètement ses plans hors de ses bases.
Le facteur X pourrait bien être August Priske. Le géant danois de 1,96 m, buteur lors de la dernière journée sur la pelouse de Portsmouth, le club où son père a brillé, a pris du muscle cet été et enchaîne les buts en préparation. Sur une saison complète, le voir dépasser les 15 réalisations ne serait pas une surprise. Jobi McAnuff, lui, les voit finir 11e.
Blackburn Rovers : sortir du couloir de la peur
Blackburn sort de deux saisons sur trois à flirter avec la relégation. L’objectif est limpide : ne pas revivre la même angoisse. Avec seulement quatre victoires à Ewood Park l’an dernier, la priorité est de transformer leur stade en vrai atout.
Tony Mowbray réclame encore de la qualité et de l’expérience. Le cœur du groupe a appris à survivre sous pression, mais le manque de vécu Championship dans des postes clés reste criant. L’inquiétude est aussi dans les buts : Balazs Toth et Aynsley Pears entrent dans leur dernière année de contrat, et Toth pourrait partir avant la fin du mercato.
Au milieu de ces incertitudes, un nom se détache : Tom Atcheson. Titulaire en défense centrale, numéro 6 sur le dos, 20 ans en septembre, déjà annoncé comme promis au très haut niveau. S’il confirme, les recruteurs de Premier League ne mettront pas longtemps à frapper. McAnuff les place 22e, en danger.
Bolton Wanderers : d’abord survivre, ensuite rêver
Bolton revient du purgatoire de League One, promu via les play-offs après une 5e place. Steven Schumacher connaît la division, il sait ce qu’elle exige. Le discours est clair : consolider le retour, sans renoncer à l’ambition.
Le budget sera l’un des plus modestes du championnat, d’où l’importance cruciale du recrutement. Huit renforts déjà, d’autres attendus. L’enjeu majeur est offensif : transformer les occasions en buts, ce qui leur a souvent échappé.
Ryan Hardie pourrait changer la donne. Il a connu sa meilleure période de buteur sous les ordres de Schumacher à Plymouth. S’il retrouve cette complicité, Bolton pourrait créer quelques surprises. McAnuff les voit 21e, juste au-dessus de la ligne de flottaison.
Bristol City : un nouveau cycle, de nouvelles promesses
Ashton Gate a changé de visage cet été. Un nouveau directeur sportif, James Ellis, un nouvel entraîneur, Michael Skubala, huit recrues et un investissement plus important qu’anticipé. L’optimisme renaît : les supporters osent enfin parler de promotion, même si tout le monde sait que l’alchimie demandera du temps.
Le cœur de l’équipe, au milieu et en défense centrale, paraît solide, à condition d’éviter le cauchemar de blessures qui a plombé la saison passée. L’arrivée de Lisav Eissat et du milieu Gibson Yah doit apporter de la profondeur. Mais si Jason Knight suit Max Bird vers la sortie avant la fin du mercato, il faudra encore reconstruire.
Devant, Lorent Tolaj et Dom Ballard, parmi les meilleurs joueurs de League One l’an dernier, intriguent. Bons buteurs, jamais testés en Championship. L’adaptation est la grande inconnue, tout comme le temps nécessaire pour s’approprier le style Skubala.
Deux hommes peuvent faire basculer la saison : Tolaj, déjà candidat au statut de chouchou du public, et Yu Hirakawa. Le Japonais, prêté à Hull City l’hiver dernier et artisan de leur montée, n’entrait pas dans les plans d’entraîneurs qui jouaient sans vrais ailiers. Skubala, lui, veut des largeurs. Hirakawa pourrait enfin devenir ce créateur qui a tant manqué face aux blocs bas. McAnuff les voit 14e.
Burnley : l’ombre de la Premier League plane toujours
Relégué de Premier League, Burnley a fait de cette division son terrain de chasse ces dernières années, avec deux montées à plus de 100 points. Mais cet été, le puzzle n’est pas complet. Le mercato reste ouvert, les contours de l’équipe encore flous.
Le nouvel entraîneur Nicky Hayen peut compter sur des joueurs revanchards. Aaron Ramsey, freiné par les blessures depuis son arrivée pour un gros montant, pourrait enfin se révéler. Mike Tresor, décevant sous les deux précédents coachs, espère retrouver son meilleur niveau sous ce nouveau management.
La crainte est ailleurs : perdre encore des cadres avant la fin du marché. Zian Flemming est surveillé par la Premier League, et le remplacer serait un casse-tête. Hayen a prévenu : ceux qui ne veulent pas rester partiront, mais seulement au bon prix.
Marcus Edwards, lui, pourrait illuminer la saison. Arrivé en cours de campagne lors de la dernière montée, il a peu joué en Premier League. Le Championship lui offre une scène idéale pour s’exprimer semaine après semaine. McAnuff les projette 5e.
Cardiff City : la jeunesse au pouvoir, le maintien en ligne de mire
Cardiff revient en Championship avec un style offensif qui a redonné vie au club sous Brian Barry-Murphy. Objectif numéro un : rester à flot. Si le départ est bon, viser la première moitié de tableau ne serait pas déraisonnable dans un championnat aussi dense.
La force des Bluebirds, c’est leur jeunesse. Beaucoup sont issus de l’académie, libérés par un entraîneur qui leur a permis de jouer sans frein. Le rythme, l’intensité, la liberté d’expression ont transformé l’ambiance autour du club.
Mais cette fougue a un revers. Seuls trois joueurs ont plus de 30 ans. L’an dernier, la naïveté a parfois coûté cher. Quelques renforts d’expérience ne feraient pas de mal, même si Barry-Murphy semble décidé à rester fidèle à sa philosophie.
Le regard se porte sur Yousef Salech. L’attaquant danois, puissant, avait déjà marqué huit fois en 20 matches de Championship il y a deux ans, malgré la relégation. Il sort d’une saison à 15 buts, interrompue par une grave blessure au cou. S’il revient à 100 %, il peut martyriser n’importe quelle défense. McAnuff, lui, est pessimiste : 23e.
Derby County : ambitions freinées, colonne vertébrale solide
Le rêve de gros investissement s’est évaporé avec l’échec du rachat. Les plans ont changé en quelques jours. Derby vise toujours la première moitié de tableau, mais sans renforts en nombre, la profondeur de l’effectif risque de manquer.
Pourtant, la base est intéressante. Jacob Widell Zetterstrom rassure dans le but. Lewis Travis, capitaine, aborde sa première saison complète au club après une préparation sans pépin. Devant, Carlton Morris peut redevenir ce point d’ancrage redoutable s’il retrouve sa forme d’avant blessure.
Les trous sont nombreux : couloirs, latéraux, milieu axial, attaque. Le recrutement doit encore frapper juste, et vite, dans un marché où les joueurs aguerris en Championship sont rares.
Bobby Clark attire déjà les regards. À 21 ans, il a le profil pour devenir un atout majeur, voire une future grosse vente. Plus loin dans la saison, le retour de Patrick Agyemang, attendu en janvier après la blessure qui lui a coûté la Coupe du monde, pourrait donner un second souffle à l’attaque. McAnuff les place 10e.
Lincoln City : retour dans le temps et mission survie
Lincoln n’avait plus vu le Championship depuis 1961. Soixante-cinq ans d’attente, et un objectif clair : se maintenir, quoi qu’il en coûte. Le club s’attend à avoir le plus petit budget de la division, comme en League One où il avait pourtant survolé le championnat.
La stabilité est leur arme principale. Le noyau qui a décroché le titre est resté en grande partie intact. Des joueurs comme Tendayi Darikwa ou Adam Reach connaissent déjà ce niveau. L’idée de confier l’équipe à un duo d’entraîneurs, Chris Cohen et Tom Shaw, a pu surprendre, mais dans le milieu, les deux sont très estimés. Le pari pourrait s’avérer brillant.
Le mercato a été discret, mais devrait s’animer avant la fin août. La marge d’erreur est mince.
Dans les buts, George Wickens symbolise la progression du club. Après une première saison compliquée, il a été l’un des hommes forts de la montée et a prolongé cet été. Sous la houlette de l’entraîneur des gardiens David Preece, il pourrait rapidement se retrouver dans la lumière, à l’image de Carl Rushworth, ancien prêté du club. McAnuff les voit bons derniers, 24e.
Middlesbrough : la revanche en ligne de mire
Finaliste malheureux des play-offs, Middlesbrough repart avec une idée fixe : monter. Dans un Championship élargi au niveau des barrages, les play-offs sont un minimum pour l’équipe de Kim Hellberg. Coventry a montré la voie : on peut grimper sans parachute financier.
Boro s’est bâti une réputation d’équipe solide, capable de verrouiller un match dès qu’elle ouvre le score. Le style Hellberg a séduit partout dans le pays, avec des séquences capables d’écraser l’adversaire.
Le talon d’Achille, ce sont les blocs bas. Quand l’adversaire refuse le jeu, Boro s’est souvent retrouvé sans solution. La fin de saison dernière, avec seulement deux victoires sur les dix derniers matches, leur a coûté la montée directe. L’arrivée de Will Lankshear et de Kyle Joseph doit offrir un plan B : forcer la porte au lieu de chercher la clé.
Lankshear est le gros pari offensif, un vrai numéro 9 pour porter l’attaque. Au milieu, l’international américain Seb Berhalter doit prolonger son excellente dynamique après un Mondial réussi. Derrière, Adilson Malanda, arrivé en cours de saison dernière, forme avec Alfie Jones une charnière qui peut porter Boro très haut. McAnuff les annonce 2e.
Millwall : casser à nouveau la hiérarchie
Millwall sort d’une saison historique, ponctuée par une place en play-offs pour la première fois depuis plus de vingt ans. Alex Neil a trouvé la clé d’un club qu’il comprend, qu’il sait manier. Il connaît aussi la route de la montée, ce qui n’est pas un détail dans les moments de vérité.
L’objectif est de rejouer les trouble-fêtes, même si la concurrence financière est féroce. L’an dernier, Millwall a fait tomber des favoris à la chaîne. Personne ne les prendra de haut cette fois.
La limite, c’est le budget, encore loin de celui des géants de la division malgré le soutien constant de la famille Berylson. Mais l’intention est là : rendre l’équipe aussi compétitive que possible.
Le maillon manquant depuis des années est un buteur de référence. Josh Coburn peut être cet homme-là. S’il reste en forme et reproduit ses meilleures séquences de la saison passée, il peut offrir à Millwall ce tranchant qui change une saison. McAnuff les place 6e, dans le wagon des barragistes.
Norwich City : la continuité comme arme
Philippe Clement a pris une équipe en perdition en novembre dernier, promise à League One, et l’a transformée. Sur la deuxième moitié de saison, seuls trois clubs ont pris plus de points. Avec une vraie préparation estivale, l’espoir est réel à Carrow Road.
La grande force de Norwich, c’est enfin la stabilité. Après deux étés marqués par des changements d’entraîneur et des vagues de recrues venues de marchés exotiques, le club a choisi l’apaisement. Le groupe connaît les idées de Clement, et l’inverse est vrai.
La grande inquiétude reste l’infirmerie. L’an passé, les blessures à répétition ont exaspéré le coach. Le club a donc renforcé son département de performance et de préparation physique. Mais la malchance n’a pas disparu : Ali Ahmed, ailier prometteur, a subi une rupture des ligaments croisés et manquera toute la saison. Kellen Fisher, Jovon Makama et Lucien Mahovo rateront aussi le début de championnat.
Makama avait pourtant tout pour exploser : 13 buts avant sa blessure en février, après son arrivée de Lincoln. Devant, l’attaquant australien Mo Toure a signé un début tonitruant : 10 buts en 12 matches après son arrivée l’hiver dernier, puis un nouveau but 40 secondes après son entrée en Carabao Cup contre MK Dons. Andre Brooks, recrue estivale, a lui aussi brillé en préparation. McAnuff les voit 7e, aux portes des play-offs.
Portsmouth : faire mieux avec des moyens limités
Portsmouth veut s’éloigner définitivement de la lutte pour le maintien. Le club a déjà doublé son budget transferts par rapport à l’été dernier, mais reste modeste à l’échelle du Championship. Toute progression par rapport à la 18e place de la saison passée serait un vrai succès.
Les ailes font saliver : Josh Murphy et Abu Kamara peuvent former un duo redoutable, si les blessures les laissent tranquilles. Terry Devlin a explosé l’an dernier, au point qu’on s’étonne qu’aucun club n’ait encore tenté sa chance. Adrian Segecic a signé 11 buts pour sa première saison, un total précieux.
Le danger, c’est la profondeur. L’an dernier, les blessures ont fait très mal à un effectif trop court. Les nouvelles recrues offrent des raisons d’espérer, mais peu ont une vraie expérience du Championship. À Fratton Park, l’effet surprise n’existe plus : les adversaires viennent préparés, souvent en bloc bas. Pompey a du mal à les faire craquer.
Murphy reste le joueur capable de tout changer. Quand il est en forme, il fait partie des meilleurs de la division. Sa saison passée a été gâchée par les pépins physiques, et il manquera sans doute le coup d’envoi de cette campagne. Mais si, ensuite, il retrouve son niveau d’il y a deux ans, Portsmouth aura un argument très solide contre la relégation. McAnuff les pronostique 20e.
Preston North End : le pari Alfie Devine
Preston a déjà battu son record de transfert avec Alfie Devine, acheté pour 6 millions de livres, et attend encore des renforts majeurs. Le scénario rêvé : répéter le départ canon de la saison passée, sans s’effondrer après Noël.
Le club a aussi investi lourdement dans sa pelouse à Deepdale : plus de 1,5 million pour corriger un terrain qui avait handicapé le style voulu par Paul Heckingbottom. La nouvelle surface doit permettre une identité de jeu plus fluide et, surtout, plus constante.
Les soucis se situent dans la profondeur. Plusieurs prêts décisifs sont repartis, des cadres expérimentés comme Robbie Brady ont quitté le navire. Lewis Dobbin, Harrison Armstrong et Daniel Jebbison laissent un vide, notamment en attaque.
Devine est la figure de proue de ce nouveau projet. Déjà brillant en prêt la saison dernière, il revient en tant que joueur majeur. Mais sans un entourage de qualité, son potentiel – et celui de l’équipe – pourrait rester bridé. McAnuff les situe au 19e rang.
QPR : corriger la défense pour regarder vers le haut
Julien Stephan attaque sa deuxième saison complète à la tête de QPR, avec un effectif plus proche de ses idées. Le mercato a été prometteur, la préparation encourageante. Les espoirs montent : un top 8 paraît ambitieux, mais une place dans la première moitié de tableau serait déjà un signe clair de progression.
L’expérience acquise par Stephan en Championship est précieuse. Il connaît désormais les spécificités de la division et a pu ajuster son groupe en conséquence.
Le chantier prioritaire est évident : la défense. QPR a encaissé 73 buts la saison passée, seul Sheffield Wednesday a fait pire. Tant que cette fuite ne sera pas colmatée, rêver plus haut restera théorique.
Devant, Rumarn Burrell intrigue. L’attaquant possède beaucoup des qualités nécessaires pour briller à ce niveau. S’il reste en bonne santé et reçoit les bons ballons, il peut devenir l’une des révélations offensives de la saison. McAnuff les projette 13e.
Southampton : la montée ou rien
Quatrième l’an dernier avant d’être exclu de la finale des play-offs, Southampton repart avec un handicap de quatre points, mais des intentions intactes : viser la montée directe. Le message du coach Tonda Eckert et de son groupe est limpide.
Les Saints ont conservé une large partie du noyau qui a enchaîné 21 matches de championnat sans défaite en fin de saison. Ils ont aussi sécurisé définitivement deux pièces maîtresses, Cyle Larin et Daniel Peretz, jusque-là prêtées.
La zone d’ombre, c’est le poste de buteur. Divin Mubama, prêté par Manchester City, arrive pour remplacer Ross Stewart. Le potentiel est énorme, mais il doit prouver qu’il peut tenir la distance sur une saison complète de Championship, après seulement cinq buts en 20 titularisations à Stoke avant sa blessure.
Pour faire la différence, Southampton compte sur Leo Scienza. L’ailier brésilien terrorise les latéraux semaine après semaine. Sauf offre folle d’un grand club avant la fin du mercato, il devrait encore hanter les nuits de nombreux défenseurs. McAnuff les voit 4e.
Stoke City : solide derrière, en manque de tranchant devant
Les dirigeants de Stoke ne se cachent pas : ils attendent une équipe capable de se battre pour les play-offs. La base défensive est là, construite autour de la solidité et des parades de Viktor Johansson, déterminantes lors du bon début de saison passé.
Le défi, c’est l’attaque. En dehors des inspirations de Sorba Thomas, Stoke manque de menaces régulières. Aucun buteur vraiment prolifique, peu de relais offensifs dans le reste de l’effectif. Pour viser le top 6, il faudra trouver des buts ailleurs.
Luke Graham, jeune défenseur central venu de Dundee, représente l’avenir. Gaucher, costaud, capable de sortir balle au pied, il aura besoin de temps pour s’acclimater, mais tout indique qu’il peut devenir un très bon joueur sur un ou deux ans. McAnuff les classe 15e.
Swansea City : l’ambition, mais encore des questions
Swansea veut enfin transformer ses deux 11e places consécutives en vraie course aux play-offs. Le mercato a été ambitieux pour la deuxième année de suite, mais le cas Zan Vipotnik, meilleur buteur du Championship la saison passée, plane sur le club.
Sous Vitor Matos, nommé en novembre, Swansea a adopté un pressing intense, particulièrement efficace à domicile. Avec son passé aux côtés de Jurgen Klopp, on imagine mal le coach renoncer à cette identité.
Les failles sont connues. Le bilan à l’extérieur a coûté cher. Et si Vipotnik part, la responsabilité offensive retombera sur Adam Idah, auteur d’une première saison compliquée, et sur Ross Stewart, fraîchement arrivé. Les ailes, point faible l’an dernier, ont été renforcées avec les arrivées de Joseph Opoku et Moussa Yeo, recrutés à prix fort.
Opoku, ailier ghanéen de 21 ans, impressionne déjà physiquement. Il semble taillé pour la division. Derrière, le jeune défenseur formé au club Filip Lissah revient d’un prêt réussi à Falkirk et paraît prêt à s’installer durablement dans le onze. McAnuff les voit 12e.
Watford : talent sur les côtés, trou dans l’axe
À Watford, les dirigeants espèrent revivre une lutte pour la montée comme la saison passée, jusqu’aux six dernières semaines. Les supporters, eux, sont plus prudents après une fin de saison catastrophique (huit matches sans victoire) et un mercato poussif. Le milieu de tableau semble le scénario le plus probable.
Le club conserve toutefois des individualités de haut niveau. Othmane Maamma est la tête d’affiche, un attaquant polyvalent, élégant, promis au très haut niveau. Kwadwo Baah doit retrouver sa meilleure forme, Rocco Vata a été freiné par les blessures, Edoardo Bove devrait monter en puissance après une préparation complète.
Le problème est central, au sens propre. Seulement deux défenseurs centraux de métier, là où la plupart des clubs en ont cinq. Le milieu axial est léger, l’avenir d’Imran Louza est incertain, et devant, les deux jeunes avant-centres ne semblent pas encore prêts pour dominer à ce niveau. Des renforts, probablement en prêt, sont attendus, mais ils devront s’intégrer vite sous les ordres d’un nouvel entraîneur.
Maamma reste le joueur capable de changer un match à lui seul, avec sa technique, sa vision, ses buts. S’il reste toute la saison, Watford aura toujours une arme majeure. À surveiller aussi : le jeune Amin Nabizada, candidat à une saison de révélation. McAnuff les voit 16e.
West Bromwich Albion : reconstruire sans perdre le pragmatisme
West Brom a flirté avec la relégation de façon incompréhensible la saison dernière, avant que James Morrison ne renverse la table avec une série de 10 matches sans défaite. Désormais confirmé sur le banc, il vise naturellement les nouvelles places élargies de play-offs, même si un top 10 serait déjà un signal fort de progression avec un effectif rajeuni.
Sa réussite s’est appuyée sur une défense de fer. En 4-4-2, schéma rare aujourd’hui, Morrison a remis les joueurs dans leurs zones de confort. Sept clean sheets sur les neuf derniers matches, mais sans renoncer à attaquer : les latéraux montaient souvent, et la présence dans la surface adverse augmentait.
Le talon d’Achille, c’est l’efficacité. Malgré plus de tirs sous Morrison, West Brom a fini parmi les cinq plus mauvaises attaques, deux des équipes derrière eux ayant été reléguées. Aune Heggebo a marqué neuf buts pour sa première saison en Angleterre, il devra faire mieux, mais il ne pourra pas tout porter seul. Les buts devront venir de partout.
Jimmy-Jay Morgan a frappé fort en préparation avec cinq buts, mais il découvre la division. Morrison préfère ne pas trop le charger. Au milieu, Felix Horn Myhre, arrivé de SK Brann, arrive avec une solide réputation européenne et un statut de joueur clé dans son ancien club. À 27 ans, il semble armé pour supporter les attentes et pourrait devenir le métronome de cette équipe. McAnuff les place 17e.
West Ham United : obligation de remonter
Relégué, West Ham n’a pas le droit à l’erreur. Le club, sa taille, son histoire, tout impose une remontée immédiate. L’automatique serait l’objectif logique ; une montée via les play-offs serait acceptée, mais pas célébrée de la même manière. Rater la marche serait vécu comme un échec total.
La meilleure nouvelle de l’été, c’est la présence de Nuno Espirito Santo sur le banc. Le Portugais a déjà remporté le Championship avec 99 points à la tête de Wolves. Il garde un noyau compétitif et surtout, un atout majeur : Jarrod Bowen. L’international anglais est un monstre de régularité, avec 131 contributions décisives en 228 matches depuis 2021-2022.
Les nuages viennent de l’extérieur du terrain. Le bras de fer autour de la propriété du club peut perturber le mercato et l’atmosphère générale. Les départs de joueurs de grande qualité comme Mateus Fernandes et Crysencio Summerville abaissent le niveau global, et il faudra combler ces pertes intelligemment.
Bowen reste sans doute le plus grand « game changer » de toute la division. À ce niveau, peu de défenses peuvent l’arrêter quand il est lancé. McAnuff n’hésite pas : il les voit champions.
Wolverhampton Wanderers : l’ascenseur ou la stagnation ?
Revenu en Championship après une saison de cauchemar en Premier League, Wolves veut repartir tout de suite à l’étage supérieur. Le nouveau président exécutif Nathan Shi parlait déjà en février d’un « objectif sur 18 mois » pour faire du club une formation installée en Premier League d’ici 2027-2028. Dans les tribunes de Molineux, la récente affiche de Carabao Cup a ravivé l’optimisme.
Sur le terrain, les arguments ne manquent pas. Raul Jimenez et Kieran Trippier ont un CV de Premier League. Adam Armstrong a déjà prouvé sa valeur en Championship. Certains cadres qui avaient gardé la tête haute la saison passée, et qu’on imaginait partir, semblent prêts à rester. Le retour de Jimenez et la décision d’Andre de poursuivre l’aventure témoignent d’un noyau soudé, précieux dans un marathon comme le Championship.
Les questions, pourtant, sont nombreuses. L’exode est-il annulé ou simplement retardé ? Si des joueurs devenus soudain indispensables quittent le club, le recrutement pourra-t-il corriger les erreurs de l’été dernier ? Derrière, Ladislav Krejci manque de préparation après le Mondial, et l’incertitude règne dans les buts : les deux gardiens internationaux resteront-ils, et sinon, qui pour les remplacer ?
Au milieu de ce flou, Mateus Mane incarne l’espoir. Il y a un an, seuls les suiveurs de Rochdale ou des équipes de jeunes de Wolves connaissaient vraiment son talent. Vitor Pereira l’avait repéré comme futur crack, Rob Edwards lui a donné du temps de jeu peut-être trop tôt, au point que sa saison a fini en s’essoufflant. Mais il a déjà montré assez pour devenir le chouchou des supporters. Sa préparation estivale a confirmé l’impression : frais, motivé, lucide sur l’importance de cette saison. Briller en Championship pourrait sceller son destin au plus haut niveau. McAnuff les place 3e.
Wrexham : viser plus haut, sans perdre l’efficacité
Wrexham a frôlé les play-offs la saison passée, terminant 7e. Cette fois, le club veut franchir le pas. Dans un système de barrages élargi, un top 8 serait considéré comme une réussite, mais les Dragons viseront naturellement le top 6.
Phil Parkinson dispose de joueurs capables de faire la différence individuellement : Josh Windass, Callum Doyle, et surtout Kieffer Moore, attaquant complet et redoutable dans la surface. L’an dernier, Wrexham a été l’équipe la plus clinique du championnat, dépassant son expected goals de plus de 12 buts. Si cette froide efficacité perdure, ils seront encore dangereux.
Derrière, en revanche, il y a du travail. Ils ont concédé beaucoup d’occasions et ont mis du temps à stabiliser leur défense à trois, perturbée par les blessures des pistons. L’espoir, presque l’exigence, est d’être plus solides cette fois.
L’arrivée de Danny Imray, premier renfort de l’été, doit sécuriser le couloir droit. Son volume de jeu impressionne : 76 matches en deux saisons de prêts successifs. S’il apporte la stabilité qui a manqué, Wrexham pourrait bien franchir un cap. McAnuff les projette 9e.
La route est longue, les certitudes rares. Mais une chose est déjà claire : dans ce Championship sans ogre financier écrasant tout, chaque série, chaque blessure, chaque pari de recrutement peut faire basculer une saison entière. Qui profitera de cette brèche historique pour s’arracher vers la Premier League ?




