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Cavan Sullivan, Zavier Gozo et la relève du USMNT : Ce que Mauricio Pochettino attend avant de lancer les jeunes talents

Le talent est présent. Alors que plusieurs adolescents se pressent pour intégrer le USMNT, l'entraîneur Mauricio Pochettino observe bien plus que leur technique avec le ballon.

Pour tous ces jeunes joueurs qui espèrent secrètement ou ouvertement une convocation dans l'équipe nationale américaine ce mois-ci, Pochettino a un message clair : il vous observe.

Cavan Sullivan, Zavier Gozo, Julian Hall, Adri Mehmeti, Mathis Albert, Diego Kochen… la liste des étoiles montantes attire l'attention du soccer américain. L'entraîneur argentin suit également ces talents et, globalement, il apprécie ce qu'il voit.

« Nous regardons tout, nous voyons tout. Nous sommes présents, grâce à notre réseau de scouts ou parfois personnellement », confie-t-il.

Il devra finalement décider qui mérite de franchir le cap. Jamais il n’a été aussi délicat de déterminer le bon moment. Accorder trop tôt sa chance à un jeune peut freiner sa progression, attendre trop longtemps risque de lui ôter des minutes précieuses et la confiance nécessaire à son épanouissement.

Comment convaincre Pochettino ?

La réponse n’est pas simple. Pochettino, qui a une expérience reconnue avec les jeunes, identifie quelques qualités communes chez ceux qui réussissent.

« Il faut être prudent. La confiance en soi est indispensable, mais elle doit rester mesurée. Le juste équilibre est primordial, notre rôle est aussi de protéger ces joueurs », explique-t-il.
« Utiliser sa confiance pour marquer, performer chaque jour, progresser constamment et devenir meilleur. »

Les prochaines rencontres amicales contre le Pérou, le Chili, le Mexique et le Canada offriront des opportunités aux jeunes pousses. Ces matchs seront les derniers de 2023 pour le USMNT.

Travailler avec cette nouvelle génération a encouragé Pochettino à poursuivre après la Coupe du Monde. La suite sera de savoir qui est prêt et comment l’intégrer.

« Nous sommes très heureux d’avoir autant de jeunes joueurs talentueux avec la capacité de performer et de jouer », affirme-t-il.

Focus sur les espoirs : Sullivan et Gozo

Cavan Sullivan est le visage de cette jeunesse prometteuse. À seulement 16 ans, il a inscrit trois buts lors de ses trois derniers matchs, et ce face à des adultes. Beaucoup pensent qu’il est prêt à franchir un palier.

Tim Howard fait partie de ses soutiens :

« Dans les quatre prochaines années, 115 joueurs vont évoluer en équipe nationale. Qui est meilleur que lui ? Personne ne mérite plus une chance. Je ne dis pas qu’il doit jouer tous les matchs, mais il doit être dans la discussion. »

Howard ajoute :

« Je ne dis pas qu’on doit lui offrir quoi que ce soit sans mérite. Nous ne sommes pas le Brésil, l’Argentine ou l’Espagne, nous ne produisons pas ces joueurs. »

Sullivan se sent prêt et rêve de contribuer à la sélection américaine :

« En pensant au match contre la Belgique, je crois que j’aurais pu faire la différence sur le côté droit. Il faut croire en soi, penser qu’on peut aider son équipe à gagner. Ce n’est pas encore mon équipe, mais j’espère recevoir une convocation. »

De son côté, Zavier Gozo était proche d’intégrer la Coupe du Monde, ayant figuré sur la liste préliminaire. Mais Pochettino a estimé qu’il n’était pas encore prêt. Depuis, Gozo a rejoint Crystal Palace et attend son heure avec impatience.

« Je pense mériter ma place. C’est le choix du coach. Peut-être qu’il pensait que je n’étais pas prêt, mais ça m’a donné encore plus envie de prouver que je dois être là pour la prochaine Coupe du Monde », confie-t-il.

Ce que cherche Pochettino chez les jeunes

Pochettino ne s’inquiète pas particulièrement de la charge physique des jeunes. Pour lui, à 17 ans, on est apte à jouer.

« Certains entraîneurs refusent de faire jouer des jeunes de 17 ans en équipe nationale pour les préserver. Si un joueur de 17 ans a besoin de repos, c’est un problème. »

Son attention porte surtout sur la maturité mentale. Il évalue la manière dont ces joueurs vivent leur quotidien, leur attitude au travail, leur respect envers les autres.

« Le respect est fondamental. Nous voulons des joueurs talentueux, confiants, mais pas arrogants. On ne peut se permettre d’être prétentieux que si on est Messi et qu’on a gagné huit Ballons d’Or. »

Chaque joueur est jugé individuellement, mais les besoins du groupe influencent aussi les choix. Certaines positions demandent plus de sang neuf que d’autres, comme celle de gardien, où la concurrence est rude.

« Nous donnerons des chances à certains nouveaux joueurs dans différentes positions. Il faut penser non seulement au présent, mais aussi à 2030 », précise-t-il.

Au-delà de la Coupe du Monde 2030, Pochettino pense aussi aux Jeux Olympiques, à la Gold Cup et peut-être à la Copa America. Une collaboration étroite avec Steve Cherundolo, responsable des U23, est prévue.

L’idée est d’accorder quelques sélections seniors pour préparer certains joueurs à l’épreuve olympique, tout en continuant à miser sur des vétérans clés.

Un équilibre entre expérience et jeunesse

Malgré la pression pour intégrer les jeunes, leur montée doit rester progressive et réfléchie.

Après l’échec de 2018, l’équipe a été reconstruite rapidement, laissant partir des vétérans. Cette méthode a fonctionné, mais certains doutent des leçons perdues sans ces joueurs expérimentés.

Cette discussion a repris avant la Gold Cup 2025, notamment quand Christian Pulisic et Yunus Musah ont choisi de se reposer, ce qui a suscité des critiques sur leur engagement.

Dans l’immédiat, le départ des anciens sera modéré. Les jeunes bénéficieront ainsi d’un encadrement solide.

« Ce sera la continuité des deux derniers cycles. On ne jette pas toute l’équipe d’un coup », déclare Chris Richards.

Richards, qui joue aussi à Crystal Palace avec Gozo, apprécie de voir ce que représente l’objectif d’une première sélection pour son jeune coéquipier.

Pochettino partage cet avis et considère des joueurs comme Richards comme essentiels pour transmettre les bonnes valeurs et guider les novices.

« On ne peut pas aligner uniquement des jeunes ; il faut un mélange d’expérience et de jeunesse pour gérer la pression et bien démarrer », explique-t-il.

Observer les détails pour faire le bon choix

L’entraîneur insiste sur l’importance d’observer non seulement les performances en match, mais aussi le comportement en dehors du terrain.

« Ce n’est pas juste les matchs, c’est ce qu’ils disent dans les médias, leur attitude envers adversaires et coéquipiers. Comment ils parlent aux entraîneurs, quand ils arrivent à l’entraînement, combien de temps ils restent après. Tout cela compte. »

Il sait que ses observations à un camp peuvent ne plus correspondre à la réalité quelques mois plus tard, rendant la prise de décision complexe.

Les prochaines convocations arrivent bientôt. Ces choix façonneront le cycle jusqu’en 2030. Les jeunes poussent, les vétérans tiennent encore bon. Pochettino doit trouver l’équilibre et reconnaître le bon moment pour lancer la nouvelle génération.

« Il faut créer un groupe de joueurs professionnels qui rivalisent comme on l’attend d’eux, avec le talent et la jeunesse que nous avons devant », conclut-il.