Canelo vs Mbilli : Duel pour la ceinture WBC à Riyad
Le Royaume Arena de Riyad se prépare à une nuit de boxe comme il en existe peu. Sous les projecteurs, un nom écrase l’affiche : Saul « Canelo » Alvarez. Face à lui, un champion encore en quête de reconnaissance mondiale, Christian Mbilli. Un duel pour la ceinture WBC des super-moyens, mais surtout pour le pouvoir dans une catégorie en plein tumulte.
Treize mois après sa chute face à Terence Crawford, Canelo revient. Pas pour un tour d’honneur. Pour récupérer ce qu’il considère comme sien.
Canelo, le roi déchu en mission reconquête
Alvarez affiche un palmarès qui parle pour lui : 63 victoires, 3 défaites, 2 nuls, dont 39 avant la limite. En mai 2025, il avait encore prouvé qu’il savait se réinventer, redevenant champion incontesté des super-moyens après une décision unanime contre William Scull. Maîtrise, expérience, gestion des temps forts : le Mexicain avait rappelé ce soir-là pourquoi il reste une référence absolue.
Puis est venu le choc Netflix de septembre 2025. Terence Crawford l’a dépossédé de ses titres dans un événement planétaire. Une défaite qui a fissuré son aura, sans l’anéantir. Canelo a disparu des radars pendant plus d’un an, le temps de panser, d’ajuster, de se reconstruire.
Le décor est posé : à Riyad, il ne revient pas comme une légende en tournée d’adieu, mais comme un ancien roi qui veut renverser la nouvelle hiérarchie.
Mbilli, le champion qui doit prouver qu’il en est un
En face, Christian Mbilli arrive avec une ceinture, mais sans encore le statut. Invaincu chez les professionnels (29 victoires, 1 nul, 24 avant la limite), le Franco-Camerounais a été promu champion WBC après la destitution de Crawford, écarté pour un différend autour des frais de sanction.
Mbilli n’a donc pas arraché la ceinture sur le ring. C’est là tout l’enjeu. Son nul partagé contre Lester Martinez sur la même carte de septembre 2025 a laissé un goût d’inachevé. Ce soir-là, il n’a pas perdu, mais il n’a pas non plus imposé sa loi comme un champion en devenir.
Sa première défense est tout sauf une mise en jambes. C’est un saut direct au sommet, face à l’un des boxeurs les plus complets de sa génération. La plus grande opportunité – et le plus grand risque – de sa carrière.
Une soirée calibrée pour le spectacle
La réunion démarre tôt, avec des enjeux à tous les étages. Les préliminaires ouvrent le bal à 10 h (heure de la côte Est), avant un basculement vers la grande scène à 13 h pour la carte principale, diffusée en pay-per-view sur DAZN. Les premières notes des musiques d’entrée du combat principal sont attendues autour de 16 h 30.
Sur le programme, la ceinture WBC des super-moyens n’est pas la seule mise en jeu :
- Titre WBA des super-moyens : Jaime Munguia affronte Nikita Zon dans un duel qui pourrait rebattre les cartes de la catégorie.
- Titre WBO des plumes : Rafael Espinoza défend sa couronne contre Ricardo Blandon.
- Chez les super-plumes : Reito Tsutsumi croise les gants avec Raymundo Rojas Garcia.
En lever de rideau, les préliminaires ont déjà donné le ton de la soirée :
- Chez les super-bantams, David Picasso affronte Carl Jammes Martin.
- En super-plumes, Sultan Almohammed s’est imposé aux points contre Erick Jahir Urvina Villegas, verdict unanime (60-54, 59-55, 59-55).
- En super-moyens, Bek Nurmaganbet a expédié Marcos Vazquez Rodriguez par KO au premier round.
- En moyens, Emiliano Rojo a forcé l’arbitre à arrêter le combat au quatrième round contre Flavius Biea.
- En super-moyens, Brayan Leon a dominé Hector Aguirre aux points (77-75, 78-74, 78-74).
Une série de résultats qui installe une dynamique offensive, idéale avant l’entrée des têtes d’affiche.
Un combat qui dépasse la ceinture
Pour Canelo, ce duel est une ligne de plus dans une carrière déjà monumentale, mais aussi un test : à 35 ans passés, peut-il encore dicter le tempo à ce niveau de violence et d’intensité ? Pour Mbilli, c’est tout l’inverse : une soirée qui peut transformer un nom d’initiés en figure centrale de la boxe mondiale.
La ceinture WBC n’est que le prétexte officiel. Derrière, il y a la question qui obsède toute une catégorie : qui, après le passage de Crawford et la chute de Canelo, prendra réellement le trône des super-moyens ?
Riyad aura sa réponse. La nuit ne pardonnera ni le doute, ni l’hésitation.



